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bérangère ([personal profile] berangere) wrote2015-07-06 01:52 pm

A la recherche de l'armada perdue - Epaves de l'invasion mongole de 1281

Carte du Japon - Emplacement de l'le de Takashima  Le Professeur Ikeda Yoshifumi de l'Université des Ryūkyūs est un pionnier de l'archéologie sous-marine au Japon et le pilier des recherches menées avec le Comité d'Éducation de la ville de Matsu'ura au large de la préfecture de Nagasaki pour identifier les traces de la flotte de l'invasion mongole coulée par un typhon en 1281. Il est à l'origine de la découverte d'un premier bateau mongol (en fait chinois, mais qui faisait partie de la flotte mongole qui de toutes manières était principalement composée de navires coréens. C'est pas comme si y'avait la mer en Mongolie, aussi) en 2011 et avait annoncé en septembre dernier l'identification d'une deuxième épave (avec conférence au Musée Prefectoral d'Okinawa qui faisait à ce moment là une expo sur l'archéologie sous-marine, le hasard fait bien les choses).

 

La deuxième épave repose par 15 m de fond à proximité du Site Archéologique Sous-marin de Takashima Kōzaki, environ 1.7 km à l'est de la première, à 200 m de la côte sud de Takashima. Elle a été fouillée le mois dernier et le mobilier confirme qu'il s'agit probablement d'un vaisseau de la flotte mongole. Comme le premier, il s'agit d'un bateau qui possède les caractéristiques des navires chinois, dans un meilleur état de conservation. Il a été fouillé sur 12 m de long et 3 m de large, le grand axe est orienté nord-sud avec la proue, qui s'étrécit, au sud. Ses mesures d'origine sont estimées à environ 20 m de long pour 6 à 7 m de large : il était probablement plus petit que le premier, dont la longueur avait été estimée à plus de 25 m. La coque est divisée en huit (8) par neuf (9) varangues d'environ 9 cm d'épaisseur.

Schma du bateau mongol

  Plusieurs pierres probablement servant de ballast sont empilées dans les divisions proches de la proue. Environ vingt (20) pièces de céramique chinoise datée du XII au XIIIè siècle (bols en porcelaine blanche, jarres en céramique à glaçure marron) ont été récoltées dans l'épave et alentours, confirmant une fenêtre chronologique en accord avec la seconde invasion mongole de 1281. Le mobilier comprend également des tuiles et des outils en fer (les "outils en fer" sont probablement des armes, il y avait des pointes de flèches et des couteaux dans le bateau précédent, pour les tuiles, je ne vois pas, c'est donc évidemment rituel). Des éclats de grenades en céramique utilisées par les troupes mongoles ont également été retrouvés à l'arrière du bateau.

Photo de la proue du bateau  
Photo de la proue du bateau - Photograph of the prow

Photo de la proue du bateau
Photo de la proue du bateau - Photograph of the prow

L'intrieur du bateau vu depuis la proue
L'intérieur du bateau vu depuis la proue - Interior of the boat as seen from the prow

Le très bon état de conservation va permettre d'approfondir nos connaissances sur l'architecture navale chinoise des XII et XIIIè siècles. La découverte de deux (2) vaisseaux en si peu de temps laisse des espoirs quant à de futures découvertes qui permettront de reconstituer une image de la flotte mongole. On espère notamment découvrir des vaisseaux coréens, pour lesquels les sources historiques sont moindres que pour les vaisseaux chinois. Le "on" n'est pas impersonnel, j'espère moi aussi. J'espère aussi une autre conférence au musée (on sait jamais, s'ils parlent français, et lisent des blogs d'archéologie mis à jour une fois tous les deux ans).

 

 

 

Professor Ikeda Yoshifumi of the University of the Ryukyus is one of the pioneers of submarine archaeology in Japan and the main actor with Matsu'ura City Board of Education of the researches set to find the remains of the Mongol invasion armada that was sunk by a typhoon in 1281. He is the one who found a first Mongol ship (in fact a Chinese ship, but belonging to the Mongol armada. Most of the ships were Korean. Mongol people are not known for their navigation skills that were hard to develop in the many seas encircling Mongolia) in 2011 and he announced the discovery of a second one last September (and held a conference in Okinawa Prefectural Museum, where there was at the same moment an exhibition on submarine archaeology, talk about coincidences).

The second wreck lies by 15 m of depth by the Takashima Kōzaki Submarine Site, about 1.7 km eastward of the first one, 200 m away from the southern coast of Takashima. The excavation took place last month and confirmed it was probably a ship of the Mongol armada. Like the first one, he holds the characteristics of a Chinese boat, but the state of conservation is better. The survey included a 12 by 3 m area at the prow of the boat. The ship axis is oriented north-south, with the prow on the south. It was probably originally 20 m long for 6 to 7 m wide, which is smaller than the previous one, estimated to have been more than 25 m long. The hull is divided in eight spaces by nine bulkheads about 9 cm thick. Several stones, probably ballast, are piled in the divisions close to the prow. About twenty (20) pieces of 12th to 13th century Chinese ceramic (white porcelain bowls, brown-glazed jars) were retrieved from the shipwreck and the surroundings, confirming a chronological window corresponding to the second Mongol invasion of 1281. Artefacts also include roof tiles and iron implements (the "iron implements" are probably weapons, arrowheads and knives were found in the first ship, I can't explain the tiles, so that they are evidently ritual). Sherds of ceramic hand grenades used by the Mongol troops were found at the rear of the boat.

The really good state of conversation will deepen our knowledge of Chinese naval architecture for the 12th and 13th centuries. The discoveries of two (2) ships in such a short time gives hope for future discoveries that will permit to give us an idea of the Mongol armada. We especially hope for Korean ships, for which the historical documents are scarcer. And I say "we" because I hope as well. I also hope for another conference at the Museum. You never know, if they speak English and read French archaeological blogs updated once every two year.