berangere: (Default)
  Il y a quelques jours semaines, je rapportais la découverte d'une habitation sur le site de Yuri (ユリ遺跡, préfecture de Fukui, groupement de Mikatakaminaka, ville de Wakasa, Torihama). 
  Je précisai alors que Yuri faisait partie d'un groupement de sites dont le plus connu était l'amas coquillier de Torihama (鳥浜貝塚). Cet amas coquillier est occupé de 10.000 à 3.000 BCE. Il est surnommé "la capsule temporelle jōmon" car la nature humide du terrain a permis la conservation d'un mobilier en matériaux périssables (peignes en laque, paniers, tissus... en tout 1376 pièces de mobilier assez exceptionnelles pour avoir toutes été classées Importantes Propriétés Culturelles Nationales). L'habitat est soudain déserté vers 3.000 BCE et on ne retrouve pratiquement aucun mobilier pour les périodes suivant le Jōmon Ancien.

  Le site de Yuri, situé à peine à 500 mètres à l'ouest de celui de Torihama, prend la relève temporelle puisqu'il a livré des traces d'occupation à partir du Jōmon Moyen. Il semblerait que les habitants de Torihama aient déplacé leur habitat vers Yuri à la suite d'un glissement de terrain, dont on a retrouvé la trace, matérialisée par une couche de plusieurs dizaines de centimètres de pierres de tailles diverses et de débris de bois. Selon Kojima Hideaki, qui a fouillé le site de Yuri en août et septembre pour le Musée Municipal Jōmon de Wakasa-Mikata, la population aurait "profité" de ce désastre pour déménager vers un endroit plus proche du lac, avec une bonne exposition au soleil, plus agréable.



Profitons-en pour proposer une photo plus récente de l'habitation de Yuri, maintenant que la fouille est terminée, ou presque :



La source )

 



berangere: (yajiri)
  Comme j'annonce à présent mes articles sur Diaspora*, j'avais décidé d'utiliser des titres moins sibyllins. Résolution qui aura donc tenu une semaine...
   Ainsi, il n'y a pas que du Jōmon au Jōmon. Dans l'absolu, rien de plus vrai : en Europe, par exemple, on peut chercher pendant les 10.000 ans que dure la civilisation Jōmon, on n'en trouvera aucune trace. Par contre, au Japon, l'affirmation peut sembler plus insolite. Et bien non, il n'y a pas que la civilisation Jōmon qui se développe sur l'archipel de 10.000 à 300 BCE.

  Du 12 au 15 septembre, des archéologues ont prospecté le sol de l'île de Kunashiri, qui est la plus méridionale des Kuryles*. Au sud de l'île, sur la rive droite de la rivière Shiromanbetsu, sur un plateau de 5 à 6 mètres d'altitude, ils ont trouvé une pointe de flèche (石刃鏃, sekijinzoku) et un fragment de couteau (石刃, sekijin), en obsidienne.

  Le couteau présente une gorge pour fixer un manche avec une corde. La pointe de flèche est amputée de sa base et de sa pointe : il s'agit d'un éclat oblong avec des traces d'enlèvements sur une seule face, caractéristique des pointes de flèches de la culture Sekijinzoku (à laquelle, donc, elles donnent leur nom). Il s'agit d'une culture paléolithique de l'Eurasie continentale qui serait arrivée sur Hokkaidō vers 5.000 BCE depuis la Sibérie en passant par Sakhalin.

  Depuis 50 ans, des traces de cette culture sont retrouvées sur Hokkaidō, dans les régions de Abashiri, Tokachi et Nemuro, près des côtes. Les vestiges comportent également des fosses et de la vaisselle en céramique.

  Le site a été nommé 「Shiromanbetsugawa ugan daichi iseki」 (シロマンベツ川右岸台地遺跡), ce qui signifie "le site du terrain élevé de la rive droite de la rivière Shiromanbestu" (indexé sur ce journal sous le nom de "Shiromanbetsu").



Source )

 




* Le débat sur la nationalité de ces îles ne m'intéresse pas. Je le précise à l'intention des personnes qui m'invectivent régulièrement concernant la politique nucléaire japonaise sous prétexte que je tiens un journal sur l'archéologie de ce pays...
berangere: (anthropo fun)
  Oh ! Un article sur l'archéo jap qui a réussi à faire son chemin jusque sur les sites d'actu anglophones ! Il n'y a pas de raison que les sites francophones soient en reste, même si, pour ma part, je trouve cette découverte bien moins passionnante que, par exemple, celle du site de Odake... Voici donc une présentation de l'événement archéologique japonais interplanétaire de l'année :

   Le site de Mabuni Hantabaru (摩文仁ハンタ原遺跡, préfecture d'Okinawa, île d'Okinawa, ville de Itoman) est en lui-même un site funéraire intéressant du Jōmon Récent (2000 - 1000 BCE) avec une stratigraphie complexe : sépulture collective secondaire avec réductions de corps, tout ce que j'adore. Pour le moment, le NMI* est de 85 individus mais les restes osseux sont toujours en cours d'analyse.
   Il y a plusieurs phases d'utilisation du site. Dans les unités stratigraphiques supérieures, les individus sont enterrés avec des pierres autour de la tête, dans les unités stratigraphiques inférieures, la mode est aux réductions de corps. 80% du mobilier retrouvé (232 pièces en 2009, je n'ai pas trouvé de chiffres plus récent, mais les fouilles se sont poursuivies en 2010) est en os décoré de ciselures.


Non, je n'ai pas d'illustration plus grande...



  Mais ce qui émeut nos amis anglophones (et les journalistes japonais aussi, ne le nions pas !), ce n'est pas la grande quantité d'os retrouvée, ou la qualité du mobilier mais un ulna droit (os de l'avant bras) qui mesure 28 centimètres de long. De la longueur de cet os, on a déduit la taille de l'individu auquel il a appartenu, et il se trouve qu'il devait mesurer 169 centimètres. Taille tout à fait respectable quand on sait qu'à l'époque la taille moyenne des individus mâles est estimée à 158 centimètres. Et voilà donc ce pourquoi le site fait une apparition sur le net anglophone (le net japonais est en émoi également, hein).
  Il est vrai qu'il s'agit du plus grand ulna retrouvé pour les zones de Kyūshū et Okinawa pour cette période, et qu'il est accompagné d'un autre ulna, ayant appartenu à un individu ayant mesuré 164 centimètres. Même en dehors de Kyūshū et d'Okinawa, les os de cette taille restent rares.


"le corps du délit". à droite. à gauche c'est un radius.

  Donc, sur 85 individus, on a deux grands. Je pense que c'est un peu mince pour conclure à l'existence d'un groupe ethnique allogène sur Okinawa à l'époque (si, si, cette théorie circule). Pour information la taille moyenne des hommes français est de 177 centimètres. Comptez le nombre de français que vous connaissez mesurant plus de 187 centimètres et vous verrez que les individus dépassant la moyenne de 10 centimètres ne sont pas monnaie rare.
  Mais on ne peut pas empêcher les gens de s'enflammer. Certains sites parlent même d'une évolution locale depuis l'Homme de Minatogawa, qui correspond aux plus anciens spécimens humains découverts au Japon (à Okinawa), datés de 16.000 BCE. [La population dite jōmon serait arrivée plus tard, en provenance du nord].14.000 ans sans squelettes intermédiaires, c'est un peu léger pour développer une théorie solide. Surtout si on considère que les squelettes de l'homme de Minatogawa retrouvés appartenaient à des individus mesurant entre 150 et 155 centimètres, et donc plus petits que la moyenne des Jōmons... Si vous voulez faire de cet ulna de 28 centimètres le fer de lance d'une théorie concernant l'implication d'un autre groupe ethnique, choisissez-en au moins un avec une taille moyenne plus importante...
  D'autres sites parlent de relations pacifiques et harmonieuses avec d'autres groupes humains étrangers à une époque où les sociétés humaines ne connaissaient pas la discrimination. Je ne vois aucune objection à cela pour la partie "relations avec d'autres groupes humains" : seule une analyse plus poussée des ossements nous permettra de conclure quant aux éventuels liens de parenté entre les différents individus. Mais pourquoi pacifiques et harmonieuses ? Pourquoi pas, remarque. 

  Ce qui me rassure, c'est que les gens en charge du site sont beaucoup plus rationnels. Matsushita Takayuki, qui est directeur du Musée Anthropologique du site de Doigahama (préfecture de Yamaguchi sur Honshū, un autre site paradisiaque pour anthropologues funéraires, que je vous recommande), si il admet le caractère exceptionnel de la taille de ces os, dit qu'elle peut très bien s'expliquer par des variations individuelles. De même il peut s'agir de deux individus venus de l'extérieur, mais il va falloir trouver un nombre conséquent de squelettes présentant les mêmes caractéristiques avant de pouvoir conclure à la présence significative d'une population allogène complète.
  Les résultats des analyses des os du site de Mabuni Hantabaru (de tous les os et pas seulement deux ulnas) seront présentés le 3 septembre au Musée de Doigahama au cours d'un symposium.


NMI : Nombre Minimal d'Individus = On sait qu'ils étaient au moins 85, mais il est très possible qu'ils aient été plus, c'est juste qu'on ne peut pas le prouver.
berangere: (Default)
   Le site de Yuri (ユリ遺跡, préfecture de Fukui, groupement de Mikatakaminaka, ville de Wakasa, Torihama) fait partie d'un groupe de neufs sites jōmons installés sur les bords de la rivière Hasu avant que celle-ci ne se jette dans le lac Mikata. Le plus célèbre de ces sites est l'amas coquillier de Torihama, occupé du Proto-Jōmon au Jōmon Ancien, mais Yuri est également assez connu à cause de la découverte en 1990, 1991, 2006 et 2007 de neuf pirogues monoxyles. Neuf, c'est somme toute remarquable.

  Jusqu'à présent, le site n'avait livré aucune trace de vie quotidienne, et on pensait que les pirogues avaient été abandonnées et s'étaient échouées sur la rive. Une nouvelle zone du site est en cours de fouilles (depuis le 2 août et jusqu'à début septembre), à 20 mètres environ au nord de l'endroit où on a trouvé les pirogues en 2006 et 2007. La zone fouillée ne mesure que 80 m² mais on y a découvert un ensemble de trous de poteaux arrangés en cercle de 6 mètres de diamètre, qui semblent être les vestiges d'une habitation ronde de plain-pied. Vers le centre de l'habitation, une dépression aux parois de terre rougie par la chaleur indique la présence d'un foyer.
  Les pirogues monoxyles avaient été trouvées dans un couche de sable datée du Jōmon Récent, mais l'habitation relève elle d'une occupation du Jōmon Moyen au Jōmon Récent (2.500 - 1.500 BCE).
  Le site de Torihama, distant de 500 mètres à peine, a livré des habitations semi-enterrées, mais le site de Yuri est situé plus en aval et, le niveau de l'eau du lac Mikata étant plus élevé à l'époque, en creusant le sol de l'habitation on aurait probablement atteint le niveau piézométrique : le site était à lors à environ 20 mètres de la rive du lac. Le terrain est encore aujourd'hui marécageux, occupé par des rizières.

  Les fouilles ont également permis de dégager d'autres trous de poteaux, laissant supposer la présence de plusieurs habitations. On a aussi retrouvé un groupement d'une dizaine de pierres grosses "comme un visage humain" dont la fonction reste inconnue (l'article ne fait aucunement allusion à une fonction rituelle, c'est presque un miracle en soi). Il y avait assez peu de mobilier, et rien que de très typique de la civilisation Jōmon : poids de filet en pierre, pierres à moudre et pointes de flèches.
  Des fouilles menées l'année dernière un peu plus au nord (à une altitude plus élevée) n'avaient pas permis de détecter d'habitat.



La source... )
berangere: (jomon doki)
  Si le Jōmon est une civilisation qui s'étend sans conteste sur l'ensemble du Japon actuel, il faut reconnaître qu'il y a quand même des endroits où il se fait discret. Le site de Niwagafuchi (庭ヶ渕遺跡, quartier de Kagami, ville de Kōnan, préfecture de Kōchi) , fouillé depuis le mois de juillet, n'est par exemple que le quatrième habitat jōmon découvert dans cette préfecture. Et le premier daté de la deuxième moitié du Jōmon Final.
  Le site s'étend sur 400 m² et est fouillé dans le cadre d'opérations de sauvetage avant la construction d'une route par la municipalité. L'habitat est sis sur une terrasse de la rivière Sannagawa et est occupé de la fin du Jōmon Final au début du Yayoi Ancien (1.200 - 500 BCE). Deux mois de fouilles ont permis la collecte de plus de 8.000 pièces de mobilier céramique et lithique. Les structures comportent des pierres rougies par le feu et des concentrations de charbon de bois, laissant supposer la nature domestique du site.

   Et ce site semble bien plus intéressant que ne le laissait supposer l'entrefilet d'une ligne auquel il a d'abord eu droit dans le journal local :

  2011年08月26日18時18分
香南市教委は26日、同市の庭ケ渕遺跡で縄文晩期後半とみられる住居跡が見つかったと発表。縄文の住居跡は高知県内4例目で晩期後半は初。

   C'est un peu court, jeune homme ! Mais s'en apercevant probablement, le même journal a complété les informations le jour suivant, bientôt relayé par les quotidiens nationaux ET.... le site a même eu droit à un reportage dans le journal télévisé local, que vous pouvez visionner actuellement ici. Je n'ai aucune idée de la manière dont je pourrais sauvegarder la vidéo et l'inclure définitivement dans cet article.

   Pourquoi une telle couverture médiatique ? (d'accord, on est loin de "Makimuku en prime time sur la NHK pendant 2 heures", mais quand même). Déjà, comme précisé au-dessus, "premier site de la fin du Jōmon Final de la préfecture". Ensuite, le site couvre la transition du Jōmon au Yayoi, et il semblerait que je ne sois pas la seule à trouver l'articulation entre deux civilisations captivante. Mais surtout, le mobilier se révèle particulièrement intéressant. Jugez plutôt :
- deux tessons de vaisselle du type kōretsumon (孔列文土器), avec des petits trous alignés sous le bord. Ce type de vaisselle est caractéristique de la fin du Jōmon Final et il s'agit seulement de la troisième découverte de ce type dans la préfecture (la première pour la plaine de Kachō). Il semblerait que la céramique kōretsumon se soit développée dans l'est de l'île de Kyūshū (préfecture de Miyazaki) sous l'influence d'une céramique provenant de la péninsule coréenne. Elle est très bien représentée sur l'île de Kyūshū, mais très rare sur l'île de Shikoku.
- un tesson de vaisselle du type nagatake (長竹式土器), avec un décor de lignes incisées, caractéristique de la région du Hokuriku.
- un tesson de vaisselle du type kizamime tottaimon (刻み目突帯文土器), caractéristique de l'ouest du Japon.


À gauche le tesson nagatake, à droite les deux tessons kōretsumon

  Tout ça sur un site qui n'a même pas un fond de cabane ! Une telle abondance de provenances pour le mobilier en céramique oblige forcément à mentionner le très célèbre "réseau jōmon", nom donné à l'ensemble très étendu des relations commerciales entre les peuples sur l'archipel japonais pendant la civilisation Jōmon. Pour certains, c'est ce même réseau, très développé, qui a permis la diffusion rapide de la civilisation Yayoi sur l'archipel.
  En parlant du Yayoi, la céramique du Yayoi Ancien collectée sur le site est de type ongagawa, qui est probablement le type de céramique le plus répandu pour cette période.

Une vue du chantier et les differentes sources )

 

 


berangere: (toro)
  Le site de Nishi Ishiyama (西石山遺跡, ville de Yamamoto, préfecture de Miyagi) est fouillé depuis septembre dernier par la préfecture dans le cadre de travaux en rapport avec une autoroute (sur le tracé du tronçon en question de l'autoroute, plus de 30 sites ont été détectés en prospection).
   Il s'agit d'un habitat daté de la fin du Jōmon Moyen (env. 2.500 BCE) comportant cinq habitations semi-enterrées, quatre bâtiments à plancher surélevé et de nombreux silos.
   L'une des habitations (en fait, peut-être plusieurs, mais la non-déclinaison des noms en japonais ne permet pas de conclure sur ce point) est équipée d'un foyer double. Il s'agit de la première fois que l'on trouve ce type de foyers dans le ville de Yamamoto, alors qu'il est très répandu dans tout le sud du Tōhoku au Jomon Moyen. Les silos trouvés sur le site sont des "silos en forme d'erlenmeyer" (je ne me lasse pas de ce nom), eux aussi caractéristiques de la culture jōmon de cette période.
   Les habitats jōmons sont rares sur la côte Pacifique de la préfecture de Miyagi, surtout dans la partie méridionale, et cette découverte apporte des données précieuses sur l'occupation de la préfecture à cette période.

  À noter que le site comporte aussi dans ses US supérieures une habitation de la période Heian et, dans ses US inférieures, des tessons de céramique datée du Jōmon Initial au Jōmon Ancien (6000 - 4000 BCE) : il est probable qu'il y ait un habitat de cette période à proximité immédiate du site.





Un parfait spécimen de foyer double

un résumé de la conférence en .pdf

Et une source dans la presse : Le Yomiuri

山元町の西石山原遺跡から縄文時代の集落跡が見つかり、25日、報道陣に公開された。27日午前10時半から一般公開され、現地で説明会が行われる。

 遺跡は常磐道建設予定地で県が昨年7月から調査していた。

 見つかったのは、縄文時代中期終わり頃(約4500年前)の竪穴住居跡5棟や掘立柱建物跡4棟。ほかに、同時代早期から前期(約9000―6000年前)の土器の破片も出土した。また、平安時代の竪穴住居跡1棟も見つかった。

 県内の太平洋沿岸南部で縄文時代の集落跡が見つかるのは珍しく、すべてに複式炉がある竪穴住居跡は、同町内で初めてという。

(2011年8月26日  読売新聞)


berangere: (yajiri)
... le Yayoi n'existe toujours pas.

   Le Jōmon étant une civilisation bien sympathique, les habitants d'Hokkaidō n'ont pas cédé à l'effet de mode qui a conquis le reste de l'archipel et ont décidé de conserver leur mode de vie malgré la généralisation de la culture du riz chez leurs voisins. Le fait que le riz ne soit pas franchement adapté au climat d'Hokkaidō a peut-être joué un rôle dans ce choix, mais, une fois de plus, il ne nous sera pas possible d'accéder à la pensée qui sous-tend le geste, ou en l'occurrence, l'économie de subsistance.
   Quoi qu'il en soit au IIIè et IVè siècle de notre ère, à l'époque où le site de Takano 3 est occupé, ses habitants participent à une culture nommée Zoku-Jōmon 続縄文時代 en japonais et Épi-Jōmon ou Post-Jōmon dans la littérature en langue occidentale. Il s'agit indubitablement de Jōmon, ce site correspond donc bien à la période couverte par ce journal.

(Tout ça pour pouvoir parler de couteaux en obsidienne...)

  Le site de Takano 3 (高野3遺跡, Hokkaidō, district de Abashiri, ville de Bihoro, Takano), fouillé de mai à août cette année, s'étend sur 1000 m².  Dans une tombe, on a trouvé un mobilier funéraire assez exceptionnel comportant notamment une vaisselle en céramique intacte, deux couteaux en obsidienne et 22 pointes de flèches en obsidienne.



  La tombe est une fosse elliptique de 2 mètres de long par 1,2 mètre de large. Comme souvent, le squelette n'a pas été retrouvé.

  La vaisselle mesure 15 centimètres de haut et 14 centimètres de diamètre à l'ouverture. À quatre endroits sur le bord, elle présente des protubérances regroupées par deux ou trois. Le pot est décoré par l'application sur sa surface avant cuisson de cordes nouées qui donnent les motifs caractéristiques de la poterie jōmon (Jōmon signifiant "motifs de cordes").

  Les couteaux mesurent 13 centimètres et 8,5 centimètres de long. Les pointes de flèches sont triangulaires, avec une épaisseur de 1,5 millimètre seulement.

  Ce mobilier ne présente aucune trace d'utilisation : il a vraisemblablement été fabriqué uniquement dans le but de servir de mobilier funéraire.

  Bon. Je ne fais pas un article sur toutes les découvertes de tombes du Japon, alors pourquoi celle-ci ? Déjà, si la céramique jōmon est très bien caractérisée, représentée par des milliards de pots, ancrés dans une typologie précise, les découvertes de pots entiers, si elles ne sont pas incroyablement exceptionnelles, restent rares. Assez rares pour mériter des articles avec photos dans les journaux nationaux deux ou trois fois par an.
  Ensuite, il s'agit d'un mobilier particulier (et je ne parle pas de mon inclination déraisonnable pour l'obsidienne). Le mobilier funéraire jōmon est, la plupart du temps, un mobilier usagé. On enterre le mort avec des objets qu'il a utilisés de son vivant, ou bien que les personnes en deuil prélèvent sur leurs propres possession pour en faire cadeau au décédé. Les tombes comportant un mobilier neuf sont très rares au Jōmon, mais deviennent plus fréquentes dans les civilisations suivantes. Cela dénote d'un glissement dans la manière dont la population inhumante envisage le mobilier funéraire. Il s'agit au départ des possessions du mort et il est probablement naturel de les ensevelir avec lui. Inhumer du matériel neuf implique l'abandon de l'implication sentimentale, du lien qui unit le mort au mobilier présent dans sa tombe. Le mobilier revêt une signification symbolique, et l'on peut amorcer un glissement vers un mobilier funéraire à valeur rituelle, comportant des éléments non-fonctionnels comme on en trouve dans les tombes ultérieures.
  Les populations sont en général très attachées à leurs traditions funéraires. Une modification de celles-ci permet d'envisager une transition dans les mentalités bien plus certaine que celle impliquée par des changements dans les styles céramiques, par exemple.
(et je ne dis pas ça parce que l'anthropologie funéraire est une de mes spécialités !)

Source )

 



berangere: (magatama)
  Décidément, le site de Odake (小竹貝塚, préfecture de Toyama, ville de Toyama, quartier de Kureha nord) n'a pas fini de nous émerveiller. Après avoir remporté le berangère award du site archéologique de l'année 2010, voici qu'il refait parler de lui grâce à l'analyse de son mobilier.
   Petit récapitulatif : Odake est un amas coquillier en forme de fer à cheval sur la baie de Toyama, formé au Jōmon Ancien entre 4.000 et 3.000 BCE. Malgré la proximité de la Mer du Japon, il est composé essentiellement de coquillages d'eau douce provenant de la rivière toute proche. On y a retrouvé 78 squelettes humains (et une pléthore d'os d'animaux, dont des squelettes de chiens ayant fait l'objet de sépultures), du mobilier en bois et en matières dures animales ; mon enthousiasme au sujet de ce site est détaillé dans les autres articles le concernant.

  Les fouilles se sont terminées en octobre de l'année dernière, mais le long travail d'analyse du mobilier et des données ne fait que commencer (Sans parler des squelettes. Ai-je mentionné qu'il y avait des squelettes ?). Le Centre pour les propriétés culturelles enterrées du Comité d'Éducation de la ville de Toyama a annoncé la découverte d'une cinquantaine de fragments de bracelets en coquillages. Il s'agit d'objets brisés et / ou en cours de fabrication : c'est la première fois que ce type de découverte est faite dans la région. Cela implique la fabrication de ces bracelets sur place. Ils sont façonnés dans de grands bivalves (Glycymeris albolineata, Scapharca Satowi et Scapharca Subcrenata), probablement apportés sur la plage toute proche lors des typhons. Ce type de bracelets est courant pendant la période Jōmon, mais ils sont particulièrement caractéristiques des sites de la baie de Sendai et des côtes de la Mer Intérieure. Dans la préfecture de Toyama, il en existe un exemplaire seulement, retrouvé dans la grotte de Ōzakai (ville de Himishi), occupée à partir du Jōmon Moyen. Ils sont simplement fabriqués en évidant l'intérieur de la coquille d'un grand bivalve afin de pouvoir y passer le bras.

  Comme nous n'avons pas encore de photos de ceux de Odake, j'illustre mon propos avec du mobilier de l'amas coquillier de Katsurashima, préfecture de Miyagi,  Jōmon Moyen, grand vainqueur de ma recherche google images:



  Certains fragments brisés en cours de production retrouvés à Odake ont été percés pour pouvoir servir de pendentifs.

  Une exposition présentant les différents coquillages et poissons retrouvés dans l'amas coquillier, qui inclura également ces fragments de bracelets, se tiendra au Toyama-shi Kitadai Jōmonkan du 21 août au 12 février 2012. on aura peut-être des photos après le 21.

Source )

 センターによると、破片などは海にいるベンケイガイやサトウガイなどの二枚貝で約五十点。縄文人は、海岸に打ち上げられた貝を持ち帰って貝輪を製作し、失敗した部分は穴を開けて首飾りにしたとみられ、おしゃれに装飾していた様子がうかがえるという。

 展示は、出土した貝殻を使って貝輪を作る過程の説明や、当時食べていたとされるサザエやオオタニシなど約百点。二十一日には展示解説会を開く。

 同センターは、貝塚に隣接する川の改修工事に合わせて二〇〇八年から土壌を調査。破片などは一〇年十月の調査の出土品から見つかった。

 問い合わせは北代縄文館=電076(436)3664=へ。 

berangere: (Default)
  Le site de Hikimichō Yamazaki (匹見町山崎遺跡, préfecture de Shimane, ville de Masuda, quartier de Hikimi, Sumigawa) est situé sur une terrasse à la confluence des rivières Sumi et Noto. La zone de 4.000 m² est occupée depuis le Jōmon Initial vers 6.000 BCE, et jusqu'au Jōmon Récent. Plus de 50.000 pièces de mobilier céramique et lithique y ont été retrouvés.
   La découverte qui nous vaut la rédaction de cet article concerne deux habitations semi-enterrées datées du Jōmon Récent, entre 2000 et 1000 BCE. L'une des habitations est de plan carré de 5 mètres de côté environ et possède un foyer cerclé de pierres (ishikakoiro). La seconde habitation est ronde, d'un diamètre de 3 mètres environ et son foyer est installé dans une vaisselle en céramique que l'on a enterrée dans le sol de l'habitation après en avoir tronqué la partie supérieure (de la vaisselle, pas du sol de l'habitation). ce type de foyers (dokimaisetsuto) n'est pas inédit sur l'archipel, mais il s'agit de la première fois que l'on en trouve un dans la préfecture de Shimane. En fait, dans tout le San'in*, on ne connaît qu'un seul autre exemple, sur le site de Chizumakurada 智頭枕田遺跡 dans la préfecture de Tottori (la vaisselle sur ce site était complète).
   La vaisselle a un diamètre de 30 centimètres et comporte des traces qui indiquent qu'elle a été utilisée à la fois pour la cuisine et pour accueillir le foyer.
   Le site a par ailleurs livré une quantité de poids de filet importante en comparaison de ce que l'on trouve généralement sur les sites jōmons, ce qui laisse penser que les poissons des deux rivières constituaient la source principale de nourriture de la population installée à cet endroit.

Source )


* San'in = Shimane, Tottori et le nord de Yamaguchi.

berangere: (Default)
   Les dogūs !
   Figurines en terre cuite, symboles de la civilisation Jōmon s'il en est. Bien plus représentatives que les vases à décoration compliquée du Jōmon Moyen que l'on voit partout et qui (donc) ne sont produits qu'au Jōmon Moyen, on trouve des dogūs du Proto-Jōmon au Jōmon Final, dans toutes les préfectures d'Okinawa à Hokkaidō. Sauf Tokushima.
  Sauf Tokushima ! Et bien ce n'est plus le cas ! Le site de Niimi (新居見遺跡, quartier de Niimi, ville de Komatsushima, préfecture de Tokushima) a offert à la préfecture de Tokushima sa première dogū !


  Datée du Jōmon Final, seule la partie inférieure a été retrouvée : le tronc et les jambes. Elle mesure 7,6 cm de haut et 2,5 cm dans sa plus large épaisseur. Des lignes incisées départagent les jambes et le tronc et les jambes et les pieds. De l'ocre rouge a été retrouvé à l'emplacement du nombril. Une étude aux rayons X a démontré que la tête (disparue), les jambes et le tronc étaient modelés séparément puis assemblés.
  Il semblerait que le ventre et les fesses rebondies de la statuette dénotent le désir de représentation d'une femme enceinte. À en juger par la photo, je dirais qu'elle est dans son premier mois...
  Elle a été trouvée au mois de mars au cours de fouilles de sauvetage avant la construction d'un autoroute, qui ont débuté en septembre 2010. La zone fouillée couvre 5.300 m² et les unités stratigraphiques supérieures comportaient une occupation du Kofun Récent, avec un tumulus et un groupe de tombes plus modestes.




  La première dogū de Tokushima sera exposée du 21 au 24 juillet au cours d'une expo-flash intitulée "Fouilles Tokushima 2011" (même le titre est flash) au centre de coordination des propriétés culturelles enterrées de la ville de Itano.

Source )
berangere: (Default)
  C'est l'été ! Bon, d'accord, pour le moment, c'est tsuyu, mais dans quelques semaines on verra courir partout des enfants avec autour du cou leur cage à insectes grouillante de crissements qui donnent une envie irrémédiable de se gratter... Déjà, rien que d'écrire cet article ça me gratte de partout...

  Brefle, voici un article de circonstance sur la découverte d'un Nokogiri Kuwagata (Prosopocoilus inclinatus) entier sur un site du Jōmon Final (800 - 500 BCE).
  Le site de Akitsu (秋津遺跡, ville de Gose, préfecture de Nara) est surtout célèbre pour son occupation de la période des kofuns car on y a retrouvé des palissades en bois très bien conservées. Ce site a donc également une occupation jōmon, et les mêmes conditions qui ont permis la conservation des palissades kofuns ont fait qu'on a pu retrouver, au pied d'un chêne du Japon (Quercus acuta) au bord d'une rivière*, un coléoptère parfaitement conservé. Il s'agit de la première fois que l'on retrouve un insecte de ce type conservé dans son intégralité pour la civilisation Jōmon : les découvertes d'insectes plus petits sont plus fréquentes.

  L'insecte mesure 63,5 mm de long (dont 22,5 cm pour la mandibule : il s'agit d'un mâle) et ne présente pas de différence avec les insectes actuels.
  Il est exposé jusqu'au 12 juin au musée attaché au Kashikoken (橿原考古学研究所, Laboratoire de Recherches Archéologiques de Kashihara, qui doit être le laboratoire le plus actif du Japon OU le seul qui investit dans un service de presse, vu qu'il est cité dans 50% des articles de ce site, ou presque).



ça gratte ?
Une autre photo et une source )

* entendons-nous bien : le chêne et la rivière étaient là au Jōmon, pas actuellement.

berangere: (yajiri)
   Environ 20.000 pièces de mobilier lithique ont été retrouvées sur le site de Seya-higashi (勢野東遺跡, préfecture de Nara, ville de Sango), daté du Proto-Jōmon (13.000 BCE).
   Le site correspond à un atelier de fabrication de mobilier lithique : ce type de site est assez rare dans l'ouest du Japon. L'atelier produisait essentiellement des armatures de lance en pierre*. Le mobilier retrouvé est fragmentaire, comportant des pièces de 1 centimètre à plusieurs dizaines de centimètres de long : les pièces complètes et terminées sont très rares alors que les déchets de taille et les ratés de production abondent. Les plus grandes armatures font plus de 30 centimètres de long.

   Ce site fournit des données importantes qui permettent de retracer la chaîne opératoire complète de fabrication des armatures de lance.

   Il semble que la matière première utilisée soit de la sanukite (un type d'andésite) provenant de la montagne Nijō, située à 9 km au sud du site.

  Le matériel est exposé au Centre Culturel Municipal, à côté de la mairie de Sango, jusqu'au 9 juin.








Une autre photo et la source )

berangere: (itazuke)
  Suite au séisme du 11 mars, plusieurs articles sont parus concernant des catastrophes similaires ayant eu lieu dans le passé. J'avais moi-même effectué quelques recherches alors, sans juger bon de leur consacrer un article.

   La semaine dernière, le journal Kahoku, journal local basé sur le Tōhoku, publiait un article sur la colline de Sato (Satohama 里浜, île de Miyato, ville de Higashi Matsushima, préfecture de Miyagi) sur laquelle la concentration d'amas coquilliers datés du Jōmon est beaucoup plus élevée que sur les collines alentours sur la même île. Le site connu sous le nom de Satohama kaizuka est en fait une agglomération d'amas coquilliers sur la colline de Sato, occupée du Jōmon Ancien au Jōmon Final. Il est classé Site Historique National. L'endroit est tout de même particulièrement riche en sites archéologiques, avec 59 amas coquilliers découverts sur les îles de la baie de Matsushima.

   L'île de Miyato, située en regard de la baie de Ishinomaki, a évidemment beaucoup souffert pendant le raz-de-marée du 11 mars. 90% des habitations situées sur les collines de Muro, Ō et Tsuki, sur la même île, ont été détruites. Cependant, seules 4 habitations sur les 117 installées sur la colline de Sato ont été submergées. Cette colline est située sur le côté de l'île opposé à la baie de Ishinomaki (du côté de la baie de Matsushima, donc) et lors des raz-de-marée, la vague frappe d'abord toutes les îles de l'archipel d'Urato et arrive atténuée sur cette colline.

  Cet emplacement particulier lui a peut-être valu sa popularité auprès des populations jōmons. C'est du moins l'opinion de Okamura Michio, grand spécialiste de la civilisation Jōmon dans le Tōhoku, qui précise que de nombreux indices laissent penser que les groupes humains alentours se sont petit à petit déplacés en majorité vers cette colline, qui devait souffrir le moins lors des raz-de-marée.

La source )


  Car les raz-de-marée sont fréquents au Japon. De même que les tremblements de terre, glissements de terrain et autres éruptions volcaniques. Celui du 11 mars était particulièrement violent, mais ce n'est pas la première fois qu'un désastre de cette ampleur se produit à cet endroit.

  En 2007, Matsumoto Hideaki présentait pour la première fois le résultat de ses recherches sur le site de Kutsukata (沓形遺跡, Arai, quartier de Wakabayashi, ville de Sendai, préfecture de Miyagi). L'analyse des dépôts recouvrant des rizières yayois de 2000 ans permettait de conclure qu'ils étaient consécutifs à un raz-de-marée. Le site se situait alors à 2 km de la côte car le niveau de la mer était plus élevé (le site est actuellement à 4 km à l'intérieur des terres), mais le raz-de-marée était déjà considérable.
  Les données enregistrées lors du raz-de-marée du 11 mars ont permis à Matsumoto Hideaki de pousser son étude plus loin, et il en a présenté les résultats à la Convention Scientifique de Printemps de l'Association Géographique du Tōhoku. La comparaison des types de dépôts (boues, sables, types de sables...) et des distances à la côte lors des deux catastrophes a permis de conclure qu'elles étaient d'ampleur similaire.

  La région a également connu un raz-de-marée considérable en 869 (le grand tsunami de l'ère Jōgan). Il semble que le raz-de-marée du 11 mars surpasse celui de 869.
  On pourrait remarquer qu'une telle catastrophe se produit environ tous les 1000 ans, mais Matsumoto Hideaki précise qu'il nous est impossible de conclure sur la cyclicité de ces catastrophes avec aussi peu d'éléments. Il est important de noter que la région connaît d'important raz-de-marée espacés de quelques siècles (comme par exemple en 1611, pendant l'ère Keichō) et que leur ampleur n'est pas toujours bien documentée.

La source )

  En juin 2008, une campagne de recherche géologique dans la ville de Minami Sanriku avait permis de retrouver les traces de deux raz-de-marées très important, l'un daté du Yayoi il y a 2000 ans (probablement le même qu'à Sendai) et l'autre daté du Jōmon il y a 3000 ans. Encore une distance de 1000 ans entre les deux événements (ne vous méprenez pas sur le ton de cette phrase, je suis parfaitement d'accord avec Matsumoto Hideaki sur le fait qu'on ne peut pas conclure sur la cyclicité des raz-de-marée).

berangere: (jomon doki)
  Le site de Kashihara (橿原遺跡, préfecture de Nara, ville de Kashihara, quartier de Unebi, Jōmon Final) a été fouillé entre 1938 et 1941. Un rapport de fouilles a été publié en 1961. 1225 pièces de mobilier, incluant de la vaisselle et d'autre objets en céramique et du mobilier lithique ont été classées Importantes Propriétés Culturelles en 2002.

   620 pièces de vaisselle en céramique ont été réexaminées depuis 2003. L'important travail de typologie céramique réalisé depuis les 70 dernières années a permis de conclure que 24% des vaisselles présentaient des traits caractéristiques des régions extérieures au Kinki, du Tōhoku à Kyūshū. En fait, plus de 20% des vaisselles sont similaires à celles que l'on trouve dans les régions du Tōhoku et du Hokuriku.
  Une telle abondance de vaisselles aux caractéristiques exogènes est très rare dans la région du Kinki, où même les sites ne présentant que 10% de vaisselles extérieures restent exceptionnels.
  L'argile utilisée pour la fabrication de ces vaisselles est locale, ce qui laisse supposer leur fabrication sur place par des populations immigrantes. Le site de Kashihara semble être un centre important du bassin de Nara au Jōmon Final, connaissant un afflux abondant de personnes extérieures à la région.

  Les os des animaux et des poissons retrouvés en fouilles ont également été l'objet d'une nouvelle étude. Le mobilier comporte plus de 6.000 pièces osseuses (os, fragments d'os et dents) dont 4.448 ont pu être attribuées à un genre et une espèce précise.
16 espèces de mammifères ont été identifiées, dont une très grande majorité de sangliers (Sus scrofa, 2517 pièces) et de cerfs (Cervus nippon, 1731 pièces). On note également un nombre conséquent de macaques (Macaca fuscata, 27 pièces), de lièvres (Lepus brachyurus, 25 pièces) et d'écureuils volants (Petaurista leucogenys, 17 pièces).
  12 espèces de poissons ont également pu être identifiées : des poissons d'eau douce comme la carpe (Cyprinus carpio) et le poisson-chat (Silurus asotus) mais également 10 espèces de poissons marins : dorade (Pagrus major), pagre tête noire (Acanthopagrus schelegelii), bar (Lateolabrax japonicus), fugu (tetraodontidae)...
  La présence de ces poissons marin confirme l'hypothèse que le village de Kashihara était un centre commercial important ayant des liens avec les établissements en bord de mer. On remarque que l'importation de poissons marins vers les sites à l'intérieur des terres de poursuit dans le bassin de Nara pour les périodes suivantes et ils se trouvent en quantité importante sur les sites du Yayoi et jusqu'à la période de Asuka (592 - 710 CE).

Source )
berangere: (dogu)
  La dogū de Aidanikumahara (相谷熊原遺跡、préfecture de Shiga, ville de Higashiōmi), dont nous parlions déjà il y a plusieurs mois car nous sommes à la pointe de l'actualité archéologique, a été choisie pour participer à l'exposition nationale itinérante 「Les fouilles de l'archipel japonais 2011」 qui se tiendra dans divers endroits de l'archipel entre le mois de juin 2011 et le mois février 2012.
   Elle est actuellement exposée (jusqu'au 8 mai) dans la ville de Omihachiman au musée archéologique de Azuchijō, avec une trentaine de vaisselles en céramique jōmons.
  L'exposition itinérante présentera les pièces de mobilier les plus remarquables retrouvées en fouilles l'année dernière : 550 pièces provenant de 22 sites sur tout l'archipel (le nombre de site fouillés l'année dernière a dépassé les 10.000)

Source : le Mainichi )

berangere: (Default)
  Le masque en argile trouvé sur le site de Yano (矢野遺跡, préfecture de Tokushima, ville de Tokushima, quartier de Kokufu, Yano) a été classé "propriété culturelle préfectorale".

   Il s'agit d'un masque en argile daté du Jōmon Récent (2000 BCE), qui fait partie des plus vieux masques en argile du Japon, trouvé lors de fouilles sur le site de Yano en 1996. On a retrouvé environ 120 masques en argile jōmons, et celui-ci est pour le moment le plus occidental de l'archipel.
  Le masque est plaque d'argile légèrement ovale (hauteur 15 cm, largeur 17 cm) dans laquelle sont figurés les sourcils et l'arrête du nez, des trous matérialisant les yeux et la bouche.

















berangere: (yajiri)
  La ville de Suzuka (préfecture de Mie) a classé "propriétés culturelles municipales" un couteau en pierre jōmon et une vaisselle yayoi.

  Le couteau en pierre a été trouvé sur le site de Hirata (平田遺跡, quartier de Hirata ville de Suzuka) en 2004, lors de fouilles avant l'aménagement d'une zone résidentielle. Il a été trouvé dans le fossé d'une tombe avec tumulus quadrangulaire entouré d'un fossé (方形周溝墓) daté du Yayoi Récent, mais il s'agit d'une pièce de mobilier caractéristique de la première moitié Jōmon Final.
  Le couteau est en schiste, il mesure 392 mm de long, 25,3 mm dans sa plus grande largeur et 22,3 mm dans sa plus grande épaisseur. Il est pratiquement intact et est décoré de trois bandes transversales gravées de croix à une de ses extrémités.


Il est franchement magnifique, je veux le même.

  On pense que ce type de couteaux, comme les épées en pierre ou les bâtons en pierre, n'étaient pas fonctionnels et avaient une utilisation rituelle.
  On a trouvé des couteaux comparables dans 12 sites dans la préfecture de Mie, mais celui-ci est exceptionnel par sa qualité de conservation. Il est stylistiquement particulièrement proche des couteaux retrouvés sur les sites de :
- Shichiminamiura (志知南浦遺跡), ville de Kuwana,
- Morizoe(森添遺跡), ville de Watarai, groupement de Watarai,
- Sone (曽根遺跡), ville de Owase.

  Le couteau en pierre de Hirata est le seul qui soit à la fois entier et décoré.


  La vaisselle a été trouvée sur le site de Yaegaki jinja (八重垣神社遺跡, quartier de Tomiya, ville de Suzuka) en 2008, lors de fouilles avant la construction d'un nouveau bâtiment pour un collège. Elle a été trouvée dans un fossé daté du tout début du Yayoi Ancien. Son diamètre maximal (qui est son diamètre à l'ouverture) est de 134 mm et elle mesure 157 mm de haut. Il s'agit d'un petit tsubo, que l'on a pu remonter dans sa quasi-intégralité. L'ouverture présente un bord ondulé avec quatre pics.

Il y aura une image ici quand Dreamwidth aura décidé qu'il est d'accord pour m'afficher la boite de dialogue

  Il s'agit d'une vaisselle de type Ongagawa. Il y a un décor de lignes incisées à la spatule sur la panse, appelé chinsenmon et essentiellement retrouvé sur les vaisselles du Yayoi Ancien au Yayoi Moyen, caractéristique du Tokai et du Hokuriku, avec une origine de diffusion basée sur le Hokuriku.
  Dans la préfecture de Mie, on trouve des vaisselles comparables sur les sites de :
- Suka (須賀遺跡), ville de Suzuka,
- Nagai (永井遺跡), ville de Yokkaichi.
  Ces sites n'ont livré que des tessons et la vaisselle retrouvée à Yaegaki jinja est la plus complète retrouvée à ce jour dans la préfecture.
  Cette vaisselle a été utilisée dans un cadre domestique pour cuire des aliments.


Source )
Et une plaquette éditée par la ville de Suzuka.

berangere: (Default)
   On a découvert les 「vestiges d'une dépression en forme de fossé」 datés du Jōmon Final (1000 BCE) sur le site de Futenma Shimohara II (普天間下原第二遺跡, préfecture d'Okinawa, ville de Ginowan, Camp américain de Sukeran).
  Il s'agit de la première découverte d'une structure de ce type dans la préfecture, et probablement dans tout l'archipel Amami.
  Le site a livré des traces de vestiges d'un habitat à proximité, et il est possible que cette structure correspondent à une division volontaire de l'espace de l'habitat : il s'agit d'une découverte importante dans le cadre de la compréhension de l'organisation des habitats de cette époque sur Okinawa.

  Une grande quantité de céramique a été découverte à l'intérieur du fossé. La céramique ne présente pas de traces d'utilisation domestique (restes alimentaires) et il est possible qu'elle ait été placée dans la fossé dans le cadre d'une activité rituelle.
  Il s'agit de céramique de type Uzahama (du nom d'un autre site sur Okinawa), et elle est présente dans les trois couches de comblement du fossé. Cette découverte va permettre d'affiner la typologie de la céramique Uzahama en proposant une évolution chronologique. Dans la plupart des sites sur Okinawa, les différents niveaux d'occupation ne sont pas clairement identifiables, à cause des recoupements importants des différentes unités stratigraphiques, dérangées par les occupations successives du même endroit pendant plusieurs millénaires. Retrouver une structure contenant du matériel attribué à une seule époque est très rare.

  Les fouilles ont lieu depuis septembre 2010 et se poursuivront jusqu'au mois prochain. Le Comité d'Éducation Municipal a proposé la préservation du site au Département de Protection d'Okinawa : le site devait devenir un parking pour un hôpital de la marine américaine. S'il est classé, il sera recouvert et le parking sera construit de manière à ne pas endommager les vestiges non encore fouillés.

Source )
berangere: (toro)
  La quatrième campagne de fouilles de Makinokoyama (牧野小山遺跡, préfecture de Gifu, ville de Minokamo) a eu lieu du 22 novembre 2010 au 21 janvier 2011, sur une aire de 490m². Un rapport de fouilles sommaire est disponible ici.
  Cette campagne a concerné des unités stratigraphiques de l'Antiquité à la civilisation Jōmon.
  Cinq habitations semi-enterrées du Jōmon Moyen (3000 - 2000 BCE) ont été fouillées, datées par le mobilier qu'elles contenaient. Une habitation de l'Antiquité a également été retrouvée.



La suite )

berangere: (rizière)
   C'est l'article "biiiii" du mois...
   En analysant par tomodensitométrie une céramique du site de Sanbonmatsu (三本松遺跡, ville de Nishinoomote, île de Tanegashima, préfecture de Kagoshima), on retrouvé les traces de 7 charançons (コクゾウムシ), espèce parasite des poacées.
   Le site est daté de 10.300 BCE, au Jōmon Initial : ces charançons sont 6.000 ans plus vieux que tous ceux découverts jusqu'alors, ce qui en fait 「les plus vieux charançons du monde」 (yeah ?).
  Obata Hiroki, de l'Université de Kumamoto, nous explique que comme il n'y avait pas d'agriculture du riz à cette époque, les charançons parasitaient probablement les récoltes de glands et de châtaignes.

  La découverte est publiée sur PLoS ONE aujourd'hui.

  Source )







  Et un article "biiii" ne serait pas un article "biiii" sans une photo couleur :



Bon appétit !
 





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