berangere: (Default)
  Il y a quelques jours semaines, je rapportais la découverte d'une habitation sur le site de Yuri (ユリ遺跡, préfecture de Fukui, groupement de Mikatakaminaka, ville de Wakasa, Torihama). 
  Je précisai alors que Yuri faisait partie d'un groupement de sites dont le plus connu était l'amas coquillier de Torihama (鳥浜貝塚). Cet amas coquillier est occupé de 10.000 à 3.000 BCE. Il est surnommé "la capsule temporelle jōmon" car la nature humide du terrain a permis la conservation d'un mobilier en matériaux périssables (peignes en laque, paniers, tissus... en tout 1376 pièces de mobilier assez exceptionnelles pour avoir toutes été classées Importantes Propriétés Culturelles Nationales). L'habitat est soudain déserté vers 3.000 BCE et on ne retrouve pratiquement aucun mobilier pour les périodes suivant le Jōmon Ancien.

  Le site de Yuri, situé à peine à 500 mètres à l'ouest de celui de Torihama, prend la relève temporelle puisqu'il a livré des traces d'occupation à partir du Jōmon Moyen. Il semblerait que les habitants de Torihama aient déplacé leur habitat vers Yuri à la suite d'un glissement de terrain, dont on a retrouvé la trace, matérialisée par une couche de plusieurs dizaines de centimètres de pierres de tailles diverses et de débris de bois. Selon Kojima Hideaki, qui a fouillé le site de Yuri en août et septembre pour le Musée Municipal Jōmon de Wakasa-Mikata, la population aurait "profité" de ce désastre pour déménager vers un endroit plus proche du lac, avec une bonne exposition au soleil, plus agréable.



Profitons-en pour proposer une photo plus récente de l'habitation de Yuri, maintenant que la fouille est terminée, ou presque :



La source )

 



berangere: (kame)
Arao Minami refait parler de lui. Car ce blog sait repérer les sites prometteurs parmi les dizaines d'articles publiés chaque jour. Ou alors, c'est le hasard.

Arao Minami (荒尾南遺跡, préfecture de Gifu, ville de Ōgaki, quartiers de Arao et Hinoki), donc, est un site sur lequel circulent des informations contradictoires. Voici la source pour les informations de cet article. C'est le Le Centre Préfectoral pour la Protection des Propriétés Culturelles de Gifu, ils fouillent le site, je suppose donc que les informations ne sont pas passées par le filtre déformant d'un journaliste avant.
Arao Minami est un site fouillé depuis 2006 qui s'étend probablement sur environ 180.000 m² (les limites de l'occupation sont encore à déterminer exactement). Il est occupé du Yayoi au Kofun et comporte notamment un habitat du Yayoi Récent (qui perdure jusqu'au Kofun Ancien). 310 habitations semi-enterrées de cette période ont déjà été retrouvées. Il existe également une occupation funéraire avec 190 tombes retrouvées datées du Yayoi Moyen au tout début de la période Kofun. Il s'agit de tombes quadrangulaires entourées d'un fossé, assez caractéristiques de la civilisation Yayoi.
Comme signalé dans mon article précédent, le site a également livré plusieurs cercueils en bois datés du Yayoi Ancien, mais la découverte ne semble pas assez importante pour qu'on en fasse mention dans le résumé officiel des découvertes sur le site de la préfecture.





Alors, quoi de neuf Arao Minami ?  )
berangere: (Default)
  Une habitations semi-enterrée à base octogonale datée du Yayoi Récent (IIè siècle CE) a été trouvée sur le site de Matsuda (松遺跡, ville de Kyōto, district de Otokuni, quartier de Ōyamazaki, Enmyōji, Ichōden, Matsuda).
  Ce type de bâtiments est très commun dans l'ouest de la préfecture de Hyōgo, dans la région de Harima. En règle générale, les bâtiments polygonaux sont fréquents du Yayoi Récent au Kofun Initial, particulièrement dans le San'in et le Setouchi. La présence de ce bâtiment aussi loin vers l'est indique peut-être la migration d'un personnage important depuis la région de Harima.

  Chaque côté de l'octogone mesure 1,8 m de long, et le bâtiment occupe une surface totale de 56 m². Il comporte sept trous de poteaux de 16 à 18 cm de diamètre (ce qui n'est somme toute pas très large pour soutenir la toiture d'un bâtiment aussi grand). Sur quatre côté, le long des murs, de la terre a été accumulée pour former des banquettes, généralement interprétées comme des lits (voir notamment cet article pour un autre exemple dans la préfecture de Hyōgo).
  On a retrouvé sur le sol de la vaisselle usuelle : takatsukis (plats sur piédestal), kames (jarres)... Au centre de l'habitation, une fosse comportant beaucoup de charbon mais dont les parois ne sont pas brûlées est interprétée comme un dessiccateur.

  Il s'agit de la première fois que l'on retrouve des vestiges de la civilisation Yayoi sur le site de Matsuda, qui comporte des occupations du Jōmon au Moyen-Âge. Cette campagne de fouilles a également mis au jour des bâtiments de la période Nara-Heian.




Source )
berangere: (Default)
... bien que j'aie du mal à comprendre comment on peut confondre les deux. Si on exclut les pratiques cannibales.

   Ōfuru II (大古Ⅱ遺跡, préfecture de Wakayama, district de Nishimuro, ville de Shirahama, Ōfuru) est un des sites fouillés dans le cadre de l'extension vers le sud de l'autoroute du Kinki, comme Tachino. Quatre zones de fouilles ont été ouvertes, sous les quatre futures piles d'un futur pont, sur une surface de 1100 m².
  On y a découvert une canalisation moderne de 4 x 20 mètres, un bâtiment antique sur pilotis, et quantité de vestiges du Yayoi Moyen (1000 BCE) : des trous de poteaux, des tessons, du mobilier lithique dont de nombreuses pointes de flèches, et ce qui nous intéresse dans le cadre de cet article : 20 à 30 fosses (qui doivent être comme le menhir qu'on ne peut pas compter, sinon, je ne vois pas pourquoi on n'en connaît pas le nombre exact...), accompagnées d'un mobilier identifié comme des ustensiles de cuisine. Le mobilier était à l'intérieur des fosses et disséminé autour.


des ptits trous des ptits trous, encore des ptits trous...

  Les fosses sont elliptiques et mesurent de 1 à 2,50 m de long pour 0,5 à 1 m de profondeur. Les "ustensiles de cuisine" comportent de grandes pierres plates probablement utilisées comme plan de travail, des marteaux pour écraser et broyer la nourriture et des plats en pierre pour récolter la farine obtenue. De très nombreux fragments d'os ont été retrouvés, probablement les restes des animaux consommés.


grande pierre plate et marteau/meule.

  Cela ressemble donc terriblement à une cuisine, probablement une cuisine commune pour un groupe humain étendu, avec de nombreuses fosses-dépotoirs...

  Mais il semble que l'équipe en charge du site ne se satisfasse pas de cette explication, et considère qu'il existe une possibilité pour qu'il s'agisse d'un cimetière, compte tenu du grand nombre de fosses... Un examen approfondi des os et des tessons sera nécessaire pour déterminer avec précision la nature du site.
...
  Les os doivent être vraiment dans un sale état pour qu'il ne soit pas possible de déterminer immédiatement si il s'agit d'os humains ou animaux... Mais il ne faut exclure aucune possibilité : nous sommes peut-être en présence d'un nouveau type de pratiques funéraires inédit, consistant à broyer les morts pour les réduire en poudre avant de les enterrer avec les instruments ayant servi à la cérémonie.
  J'ironise, mais je vais avoir l'air ridicule si ils prouvent que c'est un cimetière...

Une carte et la source )
berangere: (Default)
   Le site de Yuri (ユリ遺跡, préfecture de Fukui, groupement de Mikatakaminaka, ville de Wakasa, Torihama) fait partie d'un groupe de neufs sites jōmons installés sur les bords de la rivière Hasu avant que celle-ci ne se jette dans le lac Mikata. Le plus célèbre de ces sites est l'amas coquillier de Torihama, occupé du Proto-Jōmon au Jōmon Ancien, mais Yuri est également assez connu à cause de la découverte en 1990, 1991, 2006 et 2007 de neuf pirogues monoxyles. Neuf, c'est somme toute remarquable.

  Jusqu'à présent, le site n'avait livré aucune trace de vie quotidienne, et on pensait que les pirogues avaient été abandonnées et s'étaient échouées sur la rive. Une nouvelle zone du site est en cours de fouilles (depuis le 2 août et jusqu'à début septembre), à 20 mètres environ au nord de l'endroit où on a trouvé les pirogues en 2006 et 2007. La zone fouillée ne mesure que 80 m² mais on y a découvert un ensemble de trous de poteaux arrangés en cercle de 6 mètres de diamètre, qui semblent être les vestiges d'une habitation ronde de plain-pied. Vers le centre de l'habitation, une dépression aux parois de terre rougie par la chaleur indique la présence d'un foyer.
  Les pirogues monoxyles avaient été trouvées dans un couche de sable datée du Jōmon Récent, mais l'habitation relève elle d'une occupation du Jōmon Moyen au Jōmon Récent (2.500 - 1.500 BCE).
  Le site de Torihama, distant de 500 mètres à peine, a livré des habitations semi-enterrées, mais le site de Yuri est situé plus en aval et, le niveau de l'eau du lac Mikata étant plus élevé à l'époque, en creusant le sol de l'habitation on aurait probablement atteint le niveau piézométrique : le site était à lors à environ 20 mètres de la rive du lac. Le terrain est encore aujourd'hui marécageux, occupé par des rizières.

  Les fouilles ont également permis de dégager d'autres trous de poteaux, laissant supposer la présence de plusieurs habitations. On a aussi retrouvé un groupement d'une dizaine de pierres grosses "comme un visage humain" dont la fonction reste inconnue (l'article ne fait aucunement allusion à une fonction rituelle, c'est presque un miracle en soi). Il y avait assez peu de mobilier, et rien que de très typique de la civilisation Jōmon : poids de filet en pierre, pierres à moudre et pointes de flèches.
  Des fouilles menées l'année dernière un peu plus au nord (à une altitude plus élevée) n'avaient pas permis de détecter d'habitat.



La source... )
berangere: (jomon doki)
  Si le Jōmon est une civilisation qui s'étend sans conteste sur l'ensemble du Japon actuel, il faut reconnaître qu'il y a quand même des endroits où il se fait discret. Le site de Niwagafuchi (庭ヶ渕遺跡, quartier de Kagami, ville de Kōnan, préfecture de Kōchi) , fouillé depuis le mois de juillet, n'est par exemple que le quatrième habitat jōmon découvert dans cette préfecture. Et le premier daté de la deuxième moitié du Jōmon Final.
  Le site s'étend sur 400 m² et est fouillé dans le cadre d'opérations de sauvetage avant la construction d'une route par la municipalité. L'habitat est sis sur une terrasse de la rivière Sannagawa et est occupé de la fin du Jōmon Final au début du Yayoi Ancien (1.200 - 500 BCE). Deux mois de fouilles ont permis la collecte de plus de 8.000 pièces de mobilier céramique et lithique. Les structures comportent des pierres rougies par le feu et des concentrations de charbon de bois, laissant supposer la nature domestique du site.

   Et ce site semble bien plus intéressant que ne le laissait supposer l'entrefilet d'une ligne auquel il a d'abord eu droit dans le journal local :

  2011年08月26日18時18分
香南市教委は26日、同市の庭ケ渕遺跡で縄文晩期後半とみられる住居跡が見つかったと発表。縄文の住居跡は高知県内4例目で晩期後半は初。

   C'est un peu court, jeune homme ! Mais s'en apercevant probablement, le même journal a complété les informations le jour suivant, bientôt relayé par les quotidiens nationaux ET.... le site a même eu droit à un reportage dans le journal télévisé local, que vous pouvez visionner actuellement ici. Je n'ai aucune idée de la manière dont je pourrais sauvegarder la vidéo et l'inclure définitivement dans cet article.

   Pourquoi une telle couverture médiatique ? (d'accord, on est loin de "Makimuku en prime time sur la NHK pendant 2 heures", mais quand même). Déjà, comme précisé au-dessus, "premier site de la fin du Jōmon Final de la préfecture". Ensuite, le site couvre la transition du Jōmon au Yayoi, et il semblerait que je ne sois pas la seule à trouver l'articulation entre deux civilisations captivante. Mais surtout, le mobilier se révèle particulièrement intéressant. Jugez plutôt :
- deux tessons de vaisselle du type kōretsumon (孔列文土器), avec des petits trous alignés sous le bord. Ce type de vaisselle est caractéristique de la fin du Jōmon Final et il s'agit seulement de la troisième découverte de ce type dans la préfecture (la première pour la plaine de Kachō). Il semblerait que la céramique kōretsumon se soit développée dans l'est de l'île de Kyūshū (préfecture de Miyazaki) sous l'influence d'une céramique provenant de la péninsule coréenne. Elle est très bien représentée sur l'île de Kyūshū, mais très rare sur l'île de Shikoku.
- un tesson de vaisselle du type nagatake (長竹式土器), avec un décor de lignes incisées, caractéristique de la région du Hokuriku.
- un tesson de vaisselle du type kizamime tottaimon (刻み目突帯文土器), caractéristique de l'ouest du Japon.


À gauche le tesson nagatake, à droite les deux tessons kōretsumon

  Tout ça sur un site qui n'a même pas un fond de cabane ! Une telle abondance de provenances pour le mobilier en céramique oblige forcément à mentionner le très célèbre "réseau jōmon", nom donné à l'ensemble très étendu des relations commerciales entre les peuples sur l'archipel japonais pendant la civilisation Jōmon. Pour certains, c'est ce même réseau, très développé, qui a permis la diffusion rapide de la civilisation Yayoi sur l'archipel.
  En parlant du Yayoi, la céramique du Yayoi Ancien collectée sur le site est de type ongagawa, qui est probablement le type de céramique le plus répandu pour cette période.

Une vue du chantier et les differentes sources )

 

 


berangere: (toro)
  Le site de Nishi Ishiyama (西石山遺跡, ville de Yamamoto, préfecture de Miyagi) est fouillé depuis septembre dernier par la préfecture dans le cadre de travaux en rapport avec une autoroute (sur le tracé du tronçon en question de l'autoroute, plus de 30 sites ont été détectés en prospection).
   Il s'agit d'un habitat daté de la fin du Jōmon Moyen (env. 2.500 BCE) comportant cinq habitations semi-enterrées, quatre bâtiments à plancher surélevé et de nombreux silos.
   L'une des habitations (en fait, peut-être plusieurs, mais la non-déclinaison des noms en japonais ne permet pas de conclure sur ce point) est équipée d'un foyer double. Il s'agit de la première fois que l'on trouve ce type de foyers dans le ville de Yamamoto, alors qu'il est très répandu dans tout le sud du Tōhoku au Jomon Moyen. Les silos trouvés sur le site sont des "silos en forme d'erlenmeyer" (je ne me lasse pas de ce nom), eux aussi caractéristiques de la culture jōmon de cette période.
   Les habitats jōmons sont rares sur la côte Pacifique de la préfecture de Miyagi, surtout dans la partie méridionale, et cette découverte apporte des données précieuses sur l'occupation de la préfecture à cette période.

  À noter que le site comporte aussi dans ses US supérieures une habitation de la période Heian et, dans ses US inférieures, des tessons de céramique datée du Jōmon Initial au Jōmon Ancien (6000 - 4000 BCE) : il est probable qu'il y ait un habitat de cette période à proximité immédiate du site.





Un parfait spécimen de foyer double

un résumé de la conférence en .pdf

Et une source dans la presse : Le Yomiuri

山元町の西石山原遺跡から縄文時代の集落跡が見つかり、25日、報道陣に公開された。27日午前10時半から一般公開され、現地で説明会が行われる。

 遺跡は常磐道建設予定地で県が昨年7月から調査していた。

 見つかったのは、縄文時代中期終わり頃(約4500年前)の竪穴住居跡5棟や掘立柱建物跡4棟。ほかに、同時代早期から前期(約9000―6000年前)の土器の破片も出土した。また、平安時代の竪穴住居跡1棟も見つかった。

 県内の太平洋沿岸南部で縄文時代の集落跡が見つかるのは珍しく、すべてに複式炉がある竪穴住居跡は、同町内で初めてという。

(2011年8月26日  読売新聞)


berangere: (rizière)
  J'adore les découvertes de matières périssables...

   Le site de Kamabuta (釜蓋遺跡, ville de Jōetsu, préfecture de Niigata), à ne pas confondre avec le groupe de kofuns de Kamabuta situé dans la préfecture de Nagasaki, est un site d'habitat occupé à la toute fin de la civilisation Yayoi et au tout début de la civilisation des kofuns, vers 200 CE. Il a été fouillé dans le cadre de la construction d'une gare de Shinkansen et classé site historique national avec quelques autres sites voisins qui forment l'ensemble de sites de Hida (斐太遺跡群). En 2007 la ville de Jōetsu a décidé de lui consacrer un parc historique municipal.
   Il s'agit d'un habitat entouré d'un fossé : le premier habitat à enceinte en plaine découvert dans la préfecture de Niigata, si on excepte l'île de Sado. C'est également l'un des habitats à enceinte du Yayoi les plus septentrionaux. (L'article japonais dit "le plus septentrional", mais les lecteurs de ce blog savent que ce titre revient pour le moment à Yamamoto.) (On pourrait arguer que l'un étant un habitat de hauteur et l'autre un habitat en plaine, ils ne jouent pas dans la même catégorie.)
   Le site est bordé à l'est par une rivière et pouvait donc tenir un emplacement stratégique sur une voie fluviale.





   Si ce site est l'objet d'un article aujourd'hui, c'est parce qu'une nouvelle campagne de fouilles a permis la mise au jour dans le sud-ouest du site d'un bâtiment semi-enterré quadrangulaire de de 9,9 x 9,7 mètres de côtés, entouré de deux fossés. Il s'agit, pour tout dire, du plus grand bâtiment semi-enterré découvert à ce jour dans la préfecture pour cette période. Le bâtiment a brûlé, ce qui a permis la conservation de la structure de charpente, surmontée de blocs d'argile. La théorie dominante en matière de couverture des bâtiments protohistoriques japonais implique du chaume, de la paille, voire des branchages. L'idée qu'ils étaient recouverts de terre a commencé à se diffuser depuis quelques années seulement, et cette découverte lui apporte un argument de poids.

   Le bâtiment incendié comportait également environ un million de grains de riz carbonisés, ce qui en fait indubitablement un grenier à riz. C'est intéressant car ce n'est pas un bâtiment à plancher surélevé, bâtiments emblématiques du Yayoi qui sont généralement interprétés comme des greniers à riz. D'autant plus intéressant que des bâtiments semi-enterrés qui servent de grenier, on en connaît au Jōmon (par exemple, à Ichinosaka).
  Certains articles prétendent qu'il s'agit du plus ancien grenier à riz du Japon, ce qui peut sembler douteux, vu qu'il s'agit de la toute fin du Yayoi et que la pratique de la riziculture entre quand même dans la définition de la civilisation... On a bien entendu des traces de riz, de rizières sur ce nombreux sites. Mais, si, comme je l'ai dit plus haut, les bâtiments à plancher surélevés sont interprétés comme des greniers à riz, en a-t-on en fait la moindre preuve directe ? Quelqu'un peut-il me donner le nom d'un site sur lequel des grains de riz ont été retrouvés en contexte de stockage ? (à part "Kamabuta", forcément.) Si j'ai passé des années à recenser les différentes occurrences de grains de riz et autres céréales sur les sites du Jōmon, j'avoue m'être quelque peu désintéressée de la question sur les sites yayois...
   De toutes les façons, que ce bâtiment soit ou ne soit pas le "plus ancien grenier à riz de l'archipel", la découverte n'en reste pas pour le moins majeure, ne serait-ce que pour le toit et le nombre de grains de riz retrouvé. 

  Pour compléter le tableau, ajoutons que cette campagne de fouilles a également permis la découverte dans le nord-est du site d'un petit bâtiment à plancher surélevé (du moins des trous de poteaux qui en restaient), d'un bloc de jade pas encore façonné et d'une perle tubulaire en cours de fabrication. Si les bâtiments à plancher surélevé sont bien des greniers (soyons honnêtes, tout concorde à laisser penser qu'ils en sont), il semblerait donc que deux les types de structures de stockage pouvaient cohabiter sur un même site. J'aime quand les civilisations se révèlent bien moins homogènes qu'on aurait pu le supposer au premier abord.

La source )
berangere: (Default)
  Le site de Hikimichō Yamazaki (匹見町山崎遺跡, préfecture de Shimane, ville de Masuda, quartier de Hikimi, Sumigawa) est situé sur une terrasse à la confluence des rivières Sumi et Noto. La zone de 4.000 m² est occupée depuis le Jōmon Initial vers 6.000 BCE, et jusqu'au Jōmon Récent. Plus de 50.000 pièces de mobilier céramique et lithique y ont été retrouvés.
   La découverte qui nous vaut la rédaction de cet article concerne deux habitations semi-enterrées datées du Jōmon Récent, entre 2000 et 1000 BCE. L'une des habitations est de plan carré de 5 mètres de côté environ et possède un foyer cerclé de pierres (ishikakoiro). La seconde habitation est ronde, d'un diamètre de 3 mètres environ et son foyer est installé dans une vaisselle en céramique que l'on a enterrée dans le sol de l'habitation après en avoir tronqué la partie supérieure (de la vaisselle, pas du sol de l'habitation). ce type de foyers (dokimaisetsuto) n'est pas inédit sur l'archipel, mais il s'agit de la première fois que l'on en trouve un dans la préfecture de Shimane. En fait, dans tout le San'in*, on ne connaît qu'un seul autre exemple, sur le site de Chizumakurada 智頭枕田遺跡 dans la préfecture de Tottori (la vaisselle sur ce site était complète).
   La vaisselle a un diamètre de 30 centimètres et comporte des traces qui indiquent qu'elle a été utilisée à la fois pour la cuisine et pour accueillir le foyer.
   Le site a par ailleurs livré une quantité de poids de filet importante en comparaison de ce que l'on trouve généralement sur les sites jōmons, ce qui laisse penser que les poissons des deux rivières constituaient la source principale de nourriture de la population installée à cet endroit.

Source )


* San'in = Shimane, Tottori et le nord de Yamaguchi.

berangere: (Default)
  En fait, le plus grand cimetière Yayoi Ancien - Moyen de la préfecture de Tottori est Nagasetakahama dans la ville de Yurihama, avec 96 tombes, mais avec 73 tombes, celui-ci arrive juste derrière et méritait bien un titre sensationnaliste, non ?
  Un jour où le besoin de procrastiner se fera sentir, je créerai le tag "le plus...", sous lequel je regrouperai tous les articles parlant du "plus ancien quelque chose" ou du "plus grand quelque chose"...

  Brefle ! Le site de Sakaiyaishi (境矢石遺跡, ville de Nanbu, préfecture de Tottori) est fouillé dans le cadre des travaux d'entretien d'un échangeur autoroutier. Les fouilles s'étendent sur 6800 m², répartis en 5 secteurs distincts. L'année dernière, on avait déjà fouillé 40 tombes datées du Yayoi Ancien et du Yayoi Moyen. Cette année, dans une zone de 600 m² située à une centaine de mètres de la précédente, on a trouvé 33 tombes avec des traces de cercueil en bois.

  Les fosses mesurent toutes environ 1 mètre de profondeur et leurs dimensions vont de 0,8 à 2,9 mètres de long pour 0,5 à 1,7 mètres de large. Les petites dimensions concernent six tombes qui pourraient avoir été des tombes d'immatures. Le mobilier funéraire ne comporte que des tessons et offre peu de renseignements quant aux statuts sociaux des inhumés.
  Les tombes portent les marques en négatif des planches des cercueils. Certaines comportent un coffrage en pierres destiné à maintenir les planches sur l'extérieur du cercueil. Une seule tombe présente des pierres sur les quatre côtés.
  Les 40 tombes fouillées l'an dernier présentent peu de différences structurelles par rapport à celles de cette année, et sont datées de la même période : il est possible que nous ayons à faire au même espace funéraire (d'où l'emphase du titre : si tel est le cas, il est très probable que le nombre de 96 tombes soit largement dépassé).


   Une tombe avec le coffrage de pierre sur trois côtés.

  Dans le même site, sur la colline surplombant la zone fouillée, on a retrouvé un habitat daté du Yayoi Récent au Kofun Moyen, avec 5 habitations semi-enterrées, dont une relativement imposante, de 6 mètres de côté, comportant de très nombreux trous de poteaux. L'étude de cette structure a révélé que l'habitation avait été reconstruite / réaménagée au moins 4 fois. L'habitat comportait également trois silos de 1,5 mètre de profondeur, et on y a trouvé notamment un magatama (perle en forme de griffe) en jade.
  La précédente campagne de fouilles avait permis de dégager 30 habitations semi-enterrées et 12 bâtiments à plancher surélevé.

Sources )


berangere: (yoshinogari)
   Le site de Amarube (余部遺跡, quartier de Amarube, ville de Kameoka, Kyōto) fait l'objet de fouilles de sauvetage depuis 1965. Il comporte des occupations de la civilisation Yayoi jusqu'à la période de Kamakura. Cette année, une portion de 800m² située au centre du site a pu être fouillée au cours d'une dixième campagne, grâce aux plans d'agrandissement d'une usine.
  Les fouilles ont mis au jour trois habitations du Yayoi Récent (200 CE), une habitation de la civilisation des Kofuns (Vè siècle CE) et un fossé de la période de Kamakura (XIIIè siècle CE). Cela porte à 31 le nombre d'habitations découvertes sur le site depuis 1965.

  Les habitations sont carrées ou rectangulaires avec des côtés de 3,5 à 6 mètres de long. Elles comportent des trous de poteaux, des silos et de nombreux tessons de céramique.
  Sous le sol d'occupation d'une des habitations yayois, dans un silo enterré, on a retrouvé 28 poids de filets en céramique (le silos comportait également des restes de nourriture), qui indiquent la pratique de la pêche au filet par les habitants du village. Le fait que les poids de filets aient été retrouvés dans un silos scellé sous le sol de l'habitation incite le Comité d'Éducation de la ville de Kameoka à penser que leur dépôt à cet endroit pourrait être rituel. Notez que le Kyōto Shinbun passe totalement outre a notion de rituel, qui n'est relayée que par le Yomiuri.
  Les poids de filets mesurent de 4 à 7 centimètres de diamètre pour une épaisseur de 2 à 3 centimètres. les poids de filets en céramique de la civilisation Yayoi sont relativement rares dans la région de Kyōto.



L'habitation au centre est celle dans laquelle ont été trouvés les poids de filets.
Le fossé au premier plan date de l'époque Kamakura.


Les sources )


Deux sources et pas une seule photo des poids de filets...


 



berangere: (yajiri)
   La nouvelle est vieille d'un mois, mais j'ai oublié d'écrire l'article...
   Des fouilles sont menées à Kawaraguchibōjū (河原口坊中遺跡, ville de Ebina, préfecture de Kanagawa) depuis 2006 dans le cadre de la maintenance d'une autoroute. Le site est situé sur une légère élévation de 20 à 21 mètres au dessus de la rivière Sagami, sur la rive est, et présente des occupation du Yayoi Moyen à la période contemporaine.
  Les occupations yayois correspondent à un village daté du Yayoi Moyen au Yayoi Récent.

  La dernière campagne a eu lieu d'août 2010 à fin avril 2011 et a concerné l'ancien lit d'une rivière qui coulait au milieu du village au Yayoi Moyen. En raison de la nature du site, de nombreux éléments de mobilier en matières périssables ont été conservés.
  Le mobilier en bois comporte des houes, des pelles, des binettes, des soques, des mortiers et des pilons, des bols sur piédestal, des bols simples, des assiettes, des bords de filets de pêche, des rames et des éléments architecturaux comme des échelles ou des poteaux.
  J'adorerais avoir une photo des bords de filets de pêche, mais en attendant, voici des photos du reste.






mobilier en bois )


  Tout ceci est formidable en soi, mais l'objet principal de cet article est un élément du mobilier lithique, connu sous le nom de "hache en pierre annulaire" : une masse en pierre elliptique avec un trou circulaire la traversant de part en part ("hache" est ici un terme générique : ces objets ne sont en aucun cas tranchants). Jusqu'à présent, on supposait qu'il s'agissait de marteaux mais il existait également une autre théorie selon laquelle ces objets étaient des poids de filets de pêche. Des très gros poids de filets de pêche...
(Une recherche Google Images avec 環状石斧 donne une assez bonne idée de la forme générale de l'objet)

  Au cours des fouilles de cette année, l'une de ces "haches" a été retrouvée emmanchée, ce qui réduit les doutes quant à sa fonction. La hache (qui est donc un marteau) a un diamètre de 9 centimètres et une largeur maximale de 3 centimètres.


marteau en place


marteau en conférence de presse

Encore un peu de mobilier )

berangere: (métal)
  Depuis la découverte de mobilier en bronze daté du Yayoi sur le site de Yamamoto (山元遺跡, préfecture de Niigata, ville de Murakami, Shimosukebuchi), celui-ci est considéré comme la limite septentrionale de la sphère culturelle du Yayoi de l'Ouest du Japon (et Niigata, c'est très à l'est pour une culture occidentale). Il s'agit d'un établissement de hauteur entouré d'un fossé circulaire, fouillé depuis 2009. la campagne de fouilles cette année a débuté en avril.

  La semaine dernière, son statut d'ultime frontière a été renforcé par la découverte d'une lame en fer datée du Yayoi Récent, à l'intérieur d'une vaisselle en céramique enterrée dans une zone à caractère funéraire. Il est probable que la vaisselle ait été une jarre funéraire pour un enfant périnatal. Il s'agit de la première découverte d'un objet en fer sur ce site.
  La lame mesure 8,5 cm de long, 2,4 cm de large et 2 mm d'épaisseur. Ishikawa Hideshi, de l'Université Meiji, précise que des traces à une extrémité semblent indiquer la présence d'un manche, qui complète la dague. Il fait également remarquer que l'association de mobilier à caractère fonctionnel (une dague) avec une sépulture d'enfant périnatal est très rare pour cette période.
(En règle générale, on considère que la hiérarchisation des sociétés est accompagnée d'un glissement dans les pratiques funéraires qui est particulièrement visible dans les tombes d'enfants : ils ne sont plus enterrés avec du mobilier qui représente ce qu'ils sont / font, mais ce qu'ils auraient pu / dû devenir, en fonction du statut de leur famille dans la société).

  La campagne de fouilles de cette année a permis de déterminer la présence de huit autres sépultures, et d'une autre vaisselle en céramique enterrée. Le cimetière s'étend sur 50 mètres de l'est à l'ouest.


La lame en question

Une autre photo et la source )




berangere: (itazuke)
  Suite au séisme du 11 mars, plusieurs articles sont parus concernant des catastrophes similaires ayant eu lieu dans le passé. J'avais moi-même effectué quelques recherches alors, sans juger bon de leur consacrer un article.

   La semaine dernière, le journal Kahoku, journal local basé sur le Tōhoku, publiait un article sur la colline de Sato (Satohama 里浜, île de Miyato, ville de Higashi Matsushima, préfecture de Miyagi) sur laquelle la concentration d'amas coquilliers datés du Jōmon est beaucoup plus élevée que sur les collines alentours sur la même île. Le site connu sous le nom de Satohama kaizuka est en fait une agglomération d'amas coquilliers sur la colline de Sato, occupée du Jōmon Ancien au Jōmon Final. Il est classé Site Historique National. L'endroit est tout de même particulièrement riche en sites archéologiques, avec 59 amas coquilliers découverts sur les îles de la baie de Matsushima.

   L'île de Miyato, située en regard de la baie de Ishinomaki, a évidemment beaucoup souffert pendant le raz-de-marée du 11 mars. 90% des habitations situées sur les collines de Muro, Ō et Tsuki, sur la même île, ont été détruites. Cependant, seules 4 habitations sur les 117 installées sur la colline de Sato ont été submergées. Cette colline est située sur le côté de l'île opposé à la baie de Ishinomaki (du côté de la baie de Matsushima, donc) et lors des raz-de-marée, la vague frappe d'abord toutes les îles de l'archipel d'Urato et arrive atténuée sur cette colline.

  Cet emplacement particulier lui a peut-être valu sa popularité auprès des populations jōmons. C'est du moins l'opinion de Okamura Michio, grand spécialiste de la civilisation Jōmon dans le Tōhoku, qui précise que de nombreux indices laissent penser que les groupes humains alentours se sont petit à petit déplacés en majorité vers cette colline, qui devait souffrir le moins lors des raz-de-marée.

La source )


  Car les raz-de-marée sont fréquents au Japon. De même que les tremblements de terre, glissements de terrain et autres éruptions volcaniques. Celui du 11 mars était particulièrement violent, mais ce n'est pas la première fois qu'un désastre de cette ampleur se produit à cet endroit.

  En 2007, Matsumoto Hideaki présentait pour la première fois le résultat de ses recherches sur le site de Kutsukata (沓形遺跡, Arai, quartier de Wakabayashi, ville de Sendai, préfecture de Miyagi). L'analyse des dépôts recouvrant des rizières yayois de 2000 ans permettait de conclure qu'ils étaient consécutifs à un raz-de-marée. Le site se situait alors à 2 km de la côte car le niveau de la mer était plus élevé (le site est actuellement à 4 km à l'intérieur des terres), mais le raz-de-marée était déjà considérable.
  Les données enregistrées lors du raz-de-marée du 11 mars ont permis à Matsumoto Hideaki de pousser son étude plus loin, et il en a présenté les résultats à la Convention Scientifique de Printemps de l'Association Géographique du Tōhoku. La comparaison des types de dépôts (boues, sables, types de sables...) et des distances à la côte lors des deux catastrophes a permis de conclure qu'elles étaient d'ampleur similaire.

  La région a également connu un raz-de-marée considérable en 869 (le grand tsunami de l'ère Jōgan). Il semble que le raz-de-marée du 11 mars surpasse celui de 869.
  On pourrait remarquer qu'une telle catastrophe se produit environ tous les 1000 ans, mais Matsumoto Hideaki précise qu'il nous est impossible de conclure sur la cyclicité de ces catastrophes avec aussi peu d'éléments. Il est important de noter que la région connaît d'important raz-de-marée espacés de quelques siècles (comme par exemple en 1611, pendant l'ère Keichō) et que leur ampleur n'est pas toujours bien documentée.

La source )

  En juin 2008, une campagne de recherche géologique dans la ville de Minami Sanriku avait permis de retrouver les traces de deux raz-de-marées très important, l'un daté du Yayoi il y a 2000 ans (probablement le même qu'à Sendai) et l'autre daté du Jōmon il y a 3000 ans. Encore une distance de 1000 ans entre les deux événements (ne vous méprenez pas sur le ton de cette phrase, je suis parfaitement d'accord avec Matsumoto Hideaki sur le fait qu'on ne peut pas conclure sur la cyclicité des raz-de-marée).

berangere: (toro)
  Makimuku ! お久しぶり ! À n'en pas douter l'un des sites les plus populaires de ce journal !

  Petit résumé des épisodes précédents : Makimuku (纒向遺跡, préfecture de Nara, ville de Sakurai), site Yayoi Récent du IIIè siècle CE fait parler de lui depuis quelques temps car il *pourrait* être la capitale du légendaire royaume du Yamatai, et le lieu de résidence de la non moins légendaire reine Himiko*. C'est en tous cas un candidat très sérieux, même la NHK est d'accord pour le dire !
  On y a déjà retrouvé un grand bâtiment sur pilotis de la première moitié du IIIè siècle auquel on fait logiquement référence sous le terme de "la résidence de Himiko" et diverses structures à vocation probablement rituelle avec le mobilier bizarre associé.

  À 5 mètres à l'est de la résidence de Himiko, on vient de retrouver 5 trous de poteaux qui s'alignent selon une direction Nord-Sud. Il s'agirait de la façade ouest d'un bâtiment daté de la deuxième moitié du IIIè siècle. Notez que si l'article commence par citer le Yamatai et Himiko, il embraye en indiquant qu'il est possible qu'il s'agisse d'un bâtiment en lien avec les prémices de l'administration de l'état du Yamato, beaucoup moins légendaire même si ses origines sont assez floues.
  Il n'y a que 5 trous de poteaux, mais comme ils sont d'une taille comparable à ceux du grand bâtiment à proximité, il est possible qu'ils correspondent à un bâtiment de taille équivalente. Le reste du bâtiment étant enfoui sous la voie ferrée de la ligne Sakurai de la JR, il ne sera pas possible de vérifier son étendue.



Source )


* légendaire est à prendre ici au sens strict du mot**.

** d'accord, j'exagère peut-être un peu, il y a probablement un fond de vérité dans l'existence de l'entité politique et de la dirigeante.

berangere: (jomon doki)
  Le site de Kashihara (橿原遺跡, préfecture de Nara, ville de Kashihara, quartier de Unebi, Jōmon Final) a été fouillé entre 1938 et 1941. Un rapport de fouilles a été publié en 1961. 1225 pièces de mobilier, incluant de la vaisselle et d'autre objets en céramique et du mobilier lithique ont été classées Importantes Propriétés Culturelles en 2002.

   620 pièces de vaisselle en céramique ont été réexaminées depuis 2003. L'important travail de typologie céramique réalisé depuis les 70 dernières années a permis de conclure que 24% des vaisselles présentaient des traits caractéristiques des régions extérieures au Kinki, du Tōhoku à Kyūshū. En fait, plus de 20% des vaisselles sont similaires à celles que l'on trouve dans les régions du Tōhoku et du Hokuriku.
  Une telle abondance de vaisselles aux caractéristiques exogènes est très rare dans la région du Kinki, où même les sites ne présentant que 10% de vaisselles extérieures restent exceptionnels.
  L'argile utilisée pour la fabrication de ces vaisselles est locale, ce qui laisse supposer leur fabrication sur place par des populations immigrantes. Le site de Kashihara semble être un centre important du bassin de Nara au Jōmon Final, connaissant un afflux abondant de personnes extérieures à la région.

  Les os des animaux et des poissons retrouvés en fouilles ont également été l'objet d'une nouvelle étude. Le mobilier comporte plus de 6.000 pièces osseuses (os, fragments d'os et dents) dont 4.448 ont pu être attribuées à un genre et une espèce précise.
16 espèces de mammifères ont été identifiées, dont une très grande majorité de sangliers (Sus scrofa, 2517 pièces) et de cerfs (Cervus nippon, 1731 pièces). On note également un nombre conséquent de macaques (Macaca fuscata, 27 pièces), de lièvres (Lepus brachyurus, 25 pièces) et d'écureuils volants (Petaurista leucogenys, 17 pièces).
  12 espèces de poissons ont également pu être identifiées : des poissons d'eau douce comme la carpe (Cyprinus carpio) et le poisson-chat (Silurus asotus) mais également 10 espèces de poissons marins : dorade (Pagrus major), pagre tête noire (Acanthopagrus schelegelii), bar (Lateolabrax japonicus), fugu (tetraodontidae)...
  La présence de ces poissons marin confirme l'hypothèse que le village de Kashihara était un centre commercial important ayant des liens avec les établissements en bord de mer. On remarque que l'importation de poissons marins vers les sites à l'intérieur des terres de poursuit dans le bassin de Nara pour les périodes suivantes et ils se trouvent en quantité importante sur les sites du Yayoi et jusqu'à la période de Asuka (592 - 710 CE).

Source )
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article précédent

  Nous avions rapporté il y a quelques mois la découverte exceptionnelle des vestiges de ce qui était probablement un atelier de travail du bois à grande échelle du Yayoi Ancien (300 BCE) sur le site de Tachino (立野遺跡, préfecture de Wakayama, ville de Susami).
  Les fouilles ont eu lieu d'août 2010 à mars 2011, dans le cadre de l'extension de l'autoroute du Kinki. La zone fouillée s'étend sur 8500 m² et le site en lui même est situé dans la portion ouest de cette zone. En plus des troncs d'arbres immergés dans le lit de la rivière, de nombreuses pièces de mobilier en bois, produits finis ou en cours de fabrication, ont été sortis de terre.
  Kawasaki Masahi, responsable des fouilles, indique qu'il s'agit "sans doute possible d'un site correspondant à l'installation d'un groupe humain venu dans le but d'exploiter les abondantes ressources forestières alentours".

  Le fait qu'il s'agit d'un atelier de production de biens destinés au commerce est corroboré par de nombreux indices en plus du nombre très important de pièces retrouvées. Par exemple, de très nombreux arcs ont été sortis de terre (pour la plupart fragmentaires), mais les pointes de flèches qui devraient leur être associées étaient comparativement peu abondantes : s'il s'était agit d'un habitat dont l'économie était centrée sur la chasse, les pointes de flèches auraient été trouvées en quantité importante également. Il semble donc que les arcs n'aient pas été utilisés sur place, mais destinés à être exportés vers l'extérieur du site.



La suite, des photos et la source )
berangere: (Default)
   On a découvert les 「vestiges d'une dépression en forme de fossé」 datés du Jōmon Final (1000 BCE) sur le site de Futenma Shimohara II (普天間下原第二遺跡, préfecture d'Okinawa, ville de Ginowan, Camp américain de Sukeran).
  Il s'agit de la première découverte d'une structure de ce type dans la préfecture, et probablement dans tout l'archipel Amami.
  Le site a livré des traces de vestiges d'un habitat à proximité, et il est possible que cette structure correspondent à une division volontaire de l'espace de l'habitat : il s'agit d'une découverte importante dans le cadre de la compréhension de l'organisation des habitats de cette époque sur Okinawa.

  Une grande quantité de céramique a été découverte à l'intérieur du fossé. La céramique ne présente pas de traces d'utilisation domestique (restes alimentaires) et il est possible qu'elle ait été placée dans la fossé dans le cadre d'une activité rituelle.
  Il s'agit de céramique de type Uzahama (du nom d'un autre site sur Okinawa), et elle est présente dans les trois couches de comblement du fossé. Cette découverte va permettre d'affiner la typologie de la céramique Uzahama en proposant une évolution chronologique. Dans la plupart des sites sur Okinawa, les différents niveaux d'occupation ne sont pas clairement identifiables, à cause des recoupements importants des différentes unités stratigraphiques, dérangées par les occupations successives du même endroit pendant plusieurs millénaires. Retrouver une structure contenant du matériel attribué à une seule époque est très rare.

  Les fouilles ont lieu depuis septembre 2010 et se poursuivront jusqu'au mois prochain. Le Comité d'Éducation Municipal a proposé la préservation du site au Département de Protection d'Okinawa : le site devait devenir un parking pour un hôpital de la marine américaine. S'il est classé, il sera recouvert et le parking sera construit de manière à ne pas endommager les vestiges non encore fouillés.

Source )
berangere: (toro)
  Des fouilles ont lieu sur le site de Nishiishii (西石井遺跡, ville de Matsuyama, préfecture de Ehime) depuis janvier et jusqu'au 15 avril. Il s'agit de la cinquième campagne de fouilles sur ce site, cette fois-ci dans le cadre de la construction d'immeubles, sur 725 m².

  Nishiishii est un site complexe présentant des occupations du Yayoi Récent (100 CE) au Moyen-Âge (1500 CE).

  Cette campagne a permis de fouiller 10 habitations du Yayoi Récent très bien conservées, ainsi qu'un puits, avec dans sa partie supérieure de très nombreuses vaisselles en céramique. Il est possible que ces vaisselles aient été jetées dans le puits dans le cadre d'un rituel successif à son abandon.

Source )

 


Oui, j'ai dit "En bref".
berangere: (toro)
  La quatrième campagne de fouilles de Makinokoyama (牧野小山遺跡, préfecture de Gifu, ville de Minokamo) a eu lieu du 22 novembre 2010 au 21 janvier 2011, sur une aire de 490m². Un rapport de fouilles sommaire est disponible ici.
  Cette campagne a concerné des unités stratigraphiques de l'Antiquité à la civilisation Jōmon.
  Cinq habitations semi-enterrées du Jōmon Moyen (3000 - 2000 BCE) ont été fouillées, datées par le mobilier qu'elles contenaient. Une habitation de l'Antiquité a également été retrouvée.



La suite )

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