berangere: (rizière)
  Les fouilles se poursuivent sur le site de Ba-ga Mori Kita Shamen (バーガ森北斜面遺跡, Koretomo, ville de Ino, préfecture de Kōchi), qui a reçu le prix du site avec le nom le plus bizarre de l'année dernière.
   En février dernier, perpétuellement à la pointe de l'actualité, je vous présentais le site de Ba-ga Mori Kita Shamen, l'un des plus grands établissements de hauteur de toute l'île de Shikoku.
   Le site est fouillé depuis 1957 par intermittence. Il s'étend sur 135.000 m² à flanc de montagne entre 30 et 85 mètres d'altitude. Il est occupé au Yayoi Moyen et au Yayoi Récent. Il comporte une vingtaine d'habitations, des foyers d'alerte extérieurs, une palissade et un abondant mobilier céramique, lithique et métallique (notamment martial), le tout laissant penser que le site avait à la fois une vocation stratégique défensive et un aspect domestique : il ne s'agissait pas d'un simple refuge pour les populations habitant la plaine.



   Une nouvelle campagne de fouilles a débuté en août 2011 sur une zone de 2.400 m² entre 30 et 35 mètres d'altitude.
   Elle a permis de dégager les vestiges d'un grenier de 1,8 mètre de long sur 1,2 mètre de large, dans lequel on a retrouvé une grande quantité de riz carbonisé et un tsubo (jarre à col resserré) qui contenait des glands : la présence de ces denrées permet de confirmer la fonction de stockage du bâtiment.
   Le riz est de type Oryza sativa var. japonica et on en a retrouvé environ 500 grammes (il s'agit d'une quantité importante par rapport aux découvertes habituelles).



À environ 5 mètres au nord-est de ce grenier, on a également retrouvé les vestiges d'une habitation semi-enterrée. Avec 8 mètres de diamètre, elle se trouve être la plus grande habitation découverte sur le site de Ba-ga Mori Kita Shamen à ce jour. Un foyer de 1,5 mètre de diamètre occupe son centre.
Ce bâtiment de grandes dimensions, avec des fondations imposantes et des traces d'au moins une réfection, pourrait avoir été utilisé pendant plus de cinquante ans, ajoutant du crédit à la théorie qui veut que Ba-ga Mori Kita Shamen ait été non pas un refuge temporaire mais un habitat permanent pour les populations qui cultivaient le riz dans la plaine en contrebas.



English translation and source )
berangere: (jomon doki)
  Si le Jōmon est une civilisation qui s'étend sans conteste sur l'ensemble du Japon actuel, il faut reconnaître qu'il y a quand même des endroits où il se fait discret. Le site de Niwagafuchi (庭ヶ渕遺跡, quartier de Kagami, ville de Kōnan, préfecture de Kōchi) , fouillé depuis le mois de juillet, n'est par exemple que le quatrième habitat jōmon découvert dans cette préfecture. Et le premier daté de la deuxième moitié du Jōmon Final.
  Le site s'étend sur 400 m² et est fouillé dans le cadre d'opérations de sauvetage avant la construction d'une route par la municipalité. L'habitat est sis sur une terrasse de la rivière Sannagawa et est occupé de la fin du Jōmon Final au début du Yayoi Ancien (1.200 - 500 BCE). Deux mois de fouilles ont permis la collecte de plus de 8.000 pièces de mobilier céramique et lithique. Les structures comportent des pierres rougies par le feu et des concentrations de charbon de bois, laissant supposer la nature domestique du site.

   Et ce site semble bien plus intéressant que ne le laissait supposer l'entrefilet d'une ligne auquel il a d'abord eu droit dans le journal local :

  2011年08月26日18時18分
香南市教委は26日、同市の庭ケ渕遺跡で縄文晩期後半とみられる住居跡が見つかったと発表。縄文の住居跡は高知県内4例目で晩期後半は初。

   C'est un peu court, jeune homme ! Mais s'en apercevant probablement, le même journal a complété les informations le jour suivant, bientôt relayé par les quotidiens nationaux ET.... le site a même eu droit à un reportage dans le journal télévisé local, que vous pouvez visionner actuellement ici. Je n'ai aucune idée de la manière dont je pourrais sauvegarder la vidéo et l'inclure définitivement dans cet article.

   Pourquoi une telle couverture médiatique ? (d'accord, on est loin de "Makimuku en prime time sur la NHK pendant 2 heures", mais quand même). Déjà, comme précisé au-dessus, "premier site de la fin du Jōmon Final de la préfecture". Ensuite, le site couvre la transition du Jōmon au Yayoi, et il semblerait que je ne sois pas la seule à trouver l'articulation entre deux civilisations captivante. Mais surtout, le mobilier se révèle particulièrement intéressant. Jugez plutôt :
- deux tessons de vaisselle du type kōretsumon (孔列文土器), avec des petits trous alignés sous le bord. Ce type de vaisselle est caractéristique de la fin du Jōmon Final et il s'agit seulement de la troisième découverte de ce type dans la préfecture (la première pour la plaine de Kachō). Il semblerait que la céramique kōretsumon se soit développée dans l'est de l'île de Kyūshū (préfecture de Miyazaki) sous l'influence d'une céramique provenant de la péninsule coréenne. Elle est très bien représentée sur l'île de Kyūshū, mais très rare sur l'île de Shikoku.
- un tesson de vaisselle du type nagatake (長竹式土器), avec un décor de lignes incisées, caractéristique de la région du Hokuriku.
- un tesson de vaisselle du type kizamime tottaimon (刻み目突帯文土器), caractéristique de l'ouest du Japon.


À gauche le tesson nagatake, à droite les deux tessons kōretsumon

  Tout ça sur un site qui n'a même pas un fond de cabane ! Une telle abondance de provenances pour le mobilier en céramique oblige forcément à mentionner le très célèbre "réseau jōmon", nom donné à l'ensemble très étendu des relations commerciales entre les peuples sur l'archipel japonais pendant la civilisation Jōmon. Pour certains, c'est ce même réseau, très développé, qui a permis la diffusion rapide de la civilisation Yayoi sur l'archipel.
  En parlant du Yayoi, la céramique du Yayoi Ancien collectée sur le site est de type ongagawa, qui est probablement le type de céramique le plus répandu pour cette période.

Une vue du chantier et les differentes sources )

 

 


berangere: (kame)
  Le site de Higashino Doi (préfecture de Kōchi, ville de Konan, quartier de Noichi) est fouillé dans le cadre des travaux de construction d'une autoroute. La zone fouillée s'étend sur 14.000 m².
  Le site avait déjà fait parler de lui en octobre 2010 avec la découverte d'une vaisselle en céramique de type Shōnai (produite dans la plaine de Ōsaka) parfaitement conservée. Il s'agissait de la première fois que l'on trouvait une vaisselle de ce type non brisée dans la préfecture. À cette époque, les articles parlaient de 60 habitations retrouvées (les fouilles ont commencé en mai 2010) : un village conséquent et commerçant avec des régions situées jusque dans la plaine de Ōsaka.
  Actuellement, le site comporte 80 habitations datées de la fin du Yayoi et du début du Kofun (IIIè siècle) et de la fin du Kofun (VIè siècle).
  Le site est en fait occupé depuis le Yayoi Ancien et jusqu'à la période Muromachi. On y a trouvé des vaisselles et des poids de filets en céramique du Yayoi Ancien (IVè siècle avant) et des tuiles, les traces de 10 bâtiments sur piliers et une pierre à encre de la période Nara (VIIIè siècle après), qui laissent supposer la présence d'un temple à proximité.

  La dernière découverte importante concerne donc la mise au jour de 5 tombes en jarres de la fin du Yayoi (début du IIIè siècle).
  Il s'agit de tombes de type tsubo-kan : le corps est déposé dans une jarre de type tsubo (fermée par l'apposition d'un bol retourné sur son ouverture). Ce type de structures est plus rare que les tombes en jarres kame-kan où la vaisselle utilisée est une jarre kame.



Une tombe en place.

  Les jarres étaient enterrées dans un espace à l'est de la zone où se concentrent les habitations, mais à proximité de celles-ci.
  Malgré l'absence de corps, en raison de la taille réduite des jarres et du fait que les espaces funéraires réservés aux enfants sont souvent situés à proximité des habitations, on pense qu'il s'agit de 5 tombes d'immatures d'environ 1 an.
  La jarre la plus grande mesure 70 cm de haut et 60 cm de large.
 
  L'une des jarres est décorée d'un motif en dents de scie (kyoshimon) qui est très souvent utilisé dans la décoration des dotakus (cloches rituelles en bronze). Il s'agit de la première découverte d'un tsubo comportant ce type de décor dans la préfecture. La jarre fait 45 cm de haut et 40 cm de diamètre maximal. Le décor est situé sur la partie supérieure de la panse.




  Comme ce motif est fréquemment retrouvé sur les dotakus, on lui attribue un sens magique fort, et l'utilisation d'une jarre décorée de ce motif pourrait indiquer l'attachement particulier de la population inhumante aux immatures enterrés (Shimomura Yutaka, responsable des fouilles).

Petite publication distribuée pendant la réunion d'information au public tenue sur le site en octobre dernier. (pdf) (en japonais)

Les sources )



 

 



berangere: (toro)
  D'accord, d'accord... "l'un des plus grands"...

  Le site de Ba-ga Mori Kita Shamen (le premier mot est en katakanas, aucune idée de ce à quoi il peut correspondre : Barga ? Varga ? Rien ?) (préfecture de Kōchi, ville de Ino, Koretomo) a été découvert en 1957 et est fouillé depuis par intermittence (campagne en 1974, en 1976, en 1997 et en 1999).
  Un chantier a été ouvert en mai dernier avant la construction d'une bretelle d'autoroute.



  Il s'agit d'un 「établissement de hauteur」 situé sur la pente d'une colline qui domine la rivière Uji, daté de la fin du Yayoi Moyen, occupé de la première moitié du Ier siècle (CE) jusqu'au IIè siècle.
  Au début du Yayoi, les groupes humains s'installent généralement dans les plaines, à proximité des terres facilement mises en œuvre pour la riziculture irriguée sur laquelle est basée leur économie. Rapidement, les établissements se déplacent vers des sites de hauteur, peu favorables à l'agriculture, sur lesquels ils sont souvent fortifiés (enceintes avec fossés et palissades).
  La plupart comporte des vestiges à forte connotation militaire : foyers d'alerte, pointes de flèches... Ils semblent être une réponse aux troubles et révoltes qui sont décrites dans les chroniques chinoises des Wei au IIè siècle.
  À partir du Yayoi Moyen, ce type de site est courant dans le Kinai et sur la côte de la Mer intérieure.

  On connaît un autre établissement de hauteur parfaitement contemporain sur la montagne située juste à l'est du site : le village de Asakura (ville de Kōchi) et on peut probablement parler d'un réseau de sites, chacun installé sur une colline ou une montagne.
  Ces établissements de hauteur sont considérés comme des lieux de refuge des populations en cas de dangers, des installations à but militaire et non domestique. Des découvertes récentes remettent en cause cette théorie.



Deux sources )
 


berangere: (itazuke)
  Le centre pour les propriétés culturelles de la ville de Kōnan (préfecture de Kōchi) a annoncé la semaine dernière la découverte de céramique de la fin du Yayoi Ancien (env. 400 BCE) à Nishino (quartier de Noichi).
  Nishino recense déjà plusieurs sites, découverts lors de fouilles précédant la construction d'un ensemble d'habitations, datés du Yayoi Ancien à la fin de la période Heian (XIIè siècle CE) et d'autres sites du Yayoi Ancien sont connus dans un rayon de moins d'un kilomètre.



  À 2,5 kilomètres au sud-ouest, dans la ville de Nankoku, on a fouillé le plus grand village yayoi retrouvé sur l'île de Shikoku, qui appartient au groupement de sites de Tamura. Il est situé sur l'autre rive de la rivière Monobe par rapport au groupement de sites de Nishino, mais il est possible qu'il soit la source d'une dispersion de l'habitat dans tout le bassin.

  L'abondance de sites contemporains permettra sans doute dans l'avenir d'étudier les relations entre les habitats yayois dans le bassin.

Yomiuri )

 


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