berangere: (Default)
Carte du Japon avec Okinawa et le site de Awayonagawabaru  Le site de Awayonagawabaru (安和与那川原遺跡), Préfecture d'Okinawa, Ville de Nago, Aza Awa) a été découvert en 2007 à l'occasion d'une reconnaissance menée avant la mise en place de mesures pour limiter les dépôts alluviaux de la rivière Yona-gawa. Il est situé en face de l'amas coquillier d'Awa (安和貝塚), sur l'autre rive, mais les deux sites appartiennent à des époques différentes. Le site s'étend sur 1840 m² et est fouillé depuis juin 2014. En janvier de cette année, une zone d'environ 500 m² avait été fouillée, dans laquelle trente-cinq (35) fours polynésiens avaient été trouvés. Il s'agit du plus grand nombre de fours polynésiens trouvés dans un seul site sur l'île d'Okinawa (comme il est précisé "l'île", je suppose l'existence d'un site avec un plus grand nombre de fours polynésiens dans la "préfecture", mais je ne l'ai pas encore trouvé). Ces structures sont circulaires, composées de groupement de pierres brûlées, de cendres et de charbon et sont donc interprétées comme des fours polynésiens (principe du four polynésien : on creuse un trou, on le pave de pierre, on dépose la nourriture –emmaillotée dans des feuilles–, on recouvre de feuilles, branches, combustibles, on met le feu et on attend).

   Le mobilier inclut de la céramique des types Iha, Ogidō et Katoku I, tous correspondant au Kaizuka Ancien (2000-1000 BC)*. Le site a également livré des pierres à moudre, des coquillages, des os de poissons et de dugong, mais aucune habitation pour le moment. À l'époque, le niveau de la mer étant plus élevé, le site se situait probablement à l'embouchure de la rivière Yona-gawa, fournissant un accès à la fois aux ressources marines et fluviales. L'absence d'habitation laisse penser qu'il était utilisé comme base de pêche par les habitants d'un habitat à proximité, et que les repas étaient préparés sur place dans les fours polynésiens.

   Les fouilles se poursuivront jusqu'en février prochain et la publication du rapport de fouilles est prévue pour 2016. Je l'attends.

* Kaizuka Ancien : période parallèle au Jōmon Récent.

Photos )


English )
berangere: (itazuke)
Carte g�n�rale de l'archipel d'Okinawa montrant l'emplacement du site de Funakoshibaru 

  Écrire des articles et ne pas les publier pendant deux semaines ne va pas aider l'archéologie d'Okinawa à sortir de l'ombre…

 

  L'archéologie d'Okinawa existe, mais c'est une archéologie furtive, en fait. Prenez le site de Funakoshibaru par exemple. Selon des personnes plutôt bien informées (le Centre Archéologique Préfectoral d'Okinawa), il s'agit d'un site important de la préhistoire d'Okinawa. Pour une raison obscure, les pages web qui lui sont dédiées se comptent sur les doigts… d'un doigt. Il est bien mentionné deux ou trois fois en passant sur d'autres sites, mais essentiellement en tant que destination touristique…

De l'archéologie furtive, donc. Heureusement que le Centre Archéologique Préfectoral d'Okinawa fait des conférences.

 

Le site de Funakoshibaru (船越原遺跡, Village de Tokashiki, Île de Tokashiki, Archipel de Kerama, Préfecture d'Okinawa) a été découvert en 1975 à l'emplacement d'une carrière de sable. L'île de Tokashiki compte d'autres sites importants pour la préhistoire d'Okinawa, comme Aharen'ura qui est le site éponyme de la céramique Aharen'ura, datée du début de la Période Kaizuka Récent1. Le Centre Archéologique Préfectoral d'Okinawa mène actuellement un projet quinquennal de prospection archéologique sur les îles Kerama dans le but de recenser tous les sites de la préfecture. En 2012, dans le cadre de ce projet, ils ont conduit une étude sur la distribution des tombes antiques (Période Moderne et début de la Contemporaine) dans le village de Zamami (Île de Zamami), qui a été expédiée en environ trois (3) minutes au début de la présentation et une autre pour déterminer les limites du site de Funakoshibaru.

 

 

 

 

 

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berangere: (rizière)

En raison de son incroyable popularité, notre série "La préhistoire d'Okinawa n'est pas un mythe" devient hebdomadaire ! Quoi qu'en pensent les sceptiques, les preuves de son existence s'accumulent et des gens font même des conférences sur sites pour répandre la bonne nouvelle.

 
carte de localisation du site  Le site de Kiyūna agaribaru nu bataki (喜友名東原ヌバタキ, Kiyūna, ville de Ginowan, préfecture d'Okinawa) a fait l'objet d'une cinquième campagne de fouilles par le Comité d'Éducation de la ville de Ginowan cet été, de juin à début septembre, avant la construction d'un immeuble d'habitations. Il s'agit d'un site d'habitat daté des alentours de 500 BCE, à la toute fin de la Période des Amas Coquilliers Moyen (ce qui correspond en gros au Jōmon Final, mais comme la préhistoire d'Okinawa existe avec plusieurs centaines de kilomètres d'eau entre elle et la civilisation Jōmon, elle a le droit d'avoir sa propre terminologie). Les précédentes campagnes ont permis d'identifier vingt-et-une (21) habitations, des foyers extérieurs et des silos / fosses. Le mobilier comporte des vaisselles locales (de type Kayauchibanta et Uzahama), des vaisselles importées de Kyūshū du Yayoi Initial (datées de 2670 BP), des outils lithiques, des coquillages percés et des écofacts (des graines).

Le site est donc particulièrement intéressant parce que 1- il s'agit d'un site archéologique, tous les sites archéologiques sont intéressants ; 2- il permet d'obtenir des indices sur les relations entre Okinawa et le Japon ; 3- ces informations concernent une période de transition entre deux (2) civilisations sur l'archipel japonais, et les transitions sont toujours des périodes amusantes.

 

Cette année, la campagne de fouilles a permis de mettre au jour six (6) habitations, une dizaine de foyers-fosses et des zones de passage (des chemins entre les habitations).

Comme la plupart du temps pour la civilisation Jōmon et la civilisation des Amas Coquilliers, les habitations sont semi-enterrées, creusées dans le sol géologique. Le site est situé dans un endroit ou le sol géologique n'est pas particulièrement épais et dans plusieurs habitations, le creusement atteint la roche mère. Dans cette partie d'Okinawa, la roche mère est du calcaire des Ryūkyū, qui présente une surface très irrégulière. Dans les habitations où cet horizon a été atteint, la roche a été aplanie, probablement par percussions répétées avec d'autres blocs de roche, ce qui a dû représenter un travail conséquent. Après cette préparation, une couche de terre a été déposée sur la surface aplanie. Ce type de sol d'habitation avec dépôt volontaire d'une couche de terre est une hariyuka.

 

 

 

 

 

 

berangere: (Default)


carte gnrale  Ce prétendu site d'actualités est en passe de devenir semestriel… Pour pallier ce dysfonctionnement flagrant, et dans le cadre de notre nouvelle série "L'archéologie d'Okinawa existe, parlez-en à vos amis (ce n'est pas sale)", j'aimerais attirer votre attention sur l'amas coquillier de Nagarabaru daisan.

   Nagarabaru daisan (ナガラ原第三, littéralement "Nagarabaru III") est un amas coquillier situé sur la côte sud de l'île d'Ie (Kawahira, Village de Ie, Préfecture d'Okinawa), environ à deux kilomètres du port d'Ie, dans une zone qui va prochainement être réaménagée pour contrer la pollution maritime due à l'érosion des terres agricoles.

Une récente campagne de fouilles par le Comité d'Éducation d'Ie, débutée en juillet et qui a duré jusqu'à la fin du mois dernier, a permis de dégager quatorze (14) foyers du Jōmon Récent qui ont été utilisés successivement sur une période d'environ mille (1000) ans (2000 – 1000 BCE), associés à une structure en creux avec pavement de pierres qui est interprétée comme une habitation semi-enterrée.

La zone de fouilles mesure 13 par 36 mètres et les vestiges jōmons ont été mis au jour à une profondeur variant entre 2 et 3 mètres en dessous du sol actuel.

Les foyers, situés autour de l'habitation et dans la zone orientale, présentent des aménagements de pierres pour maintenir les pots à cuire. Le village d'Ie compte d'autres sites qui ont livré des habitations semi-enterrées, mais il s'agit de la première fois que l'on trouve un site présentant autant de vestiges d'une activité domestique dans la préfecture pour cette période. Nagarabaru daisan était probablement un habitat permanent, ce qui  argue en faveur de la sédentarité des populations (la question de la sédentarité des populations jōmons sur Okinawa n'est pas encore parfaitement tranchée).

photo gnrale du site  Les vestiges jōmons ont été trouvés en association avec de la céramique Ogidō, ce qui a permis de les attribuer au Jōmon Récent. Le mobilier jōmon comporte également des éléments de parure en coquillage, du mobilier en matières dures animales (os de mammifères marins) et des épines d'oursin gravées, dont la fonction reste pour le moins obscure. Comparé aux autres sites de la même période, le mobilier lithique est limité, ce qui contraste avec l'abondant mobilier en coquillage. Il peut s'agir d'une adaptation de la culture matérielle au fait que l'habitat était situé en bord de mer, ou bien à l'absence de matières premières dans un environnement insulaire.

  

Le site comprend également un petit amas coquillier du Yayoi Récent et les restes de trois (3) individus (deux adultes et un immature) datés du Paléolithique (antérieur à 8000 – 7000 BCE, aucun mobilier n'a été trouvé en association pour confirmer cette datation).

L'amas coquillier yayoi a livré de la céramique yayoi et des concentrations d'imogai (Conidae) caractéristiques de cette période où ces coquillages étaient l'objet d'un commerce intense avec les lointaines îles de l'archipel japonais.

Le mobilier jomon






























 Mobilier jōmon. Les tessons sont de type Ogidō, la pièce de mobilier en bas à droite est en
os de mammifère marin et est décrit comme un kanzashi (pic à cheveux).
Jōmon artefacts. The sherds are from Ogidō pottery, the artefact in the down right corner is made
in sea mammal bones and is described as a kanzashi (hair ornament).
 

 

 

 

berangere: (anthropo fun)
Carte et photos seront uploadées plus tard.

   Il est grand temps de commencer à parler un peu d'Okinawa. Malgré une activité archéologique assez importante, surtout compte tenu de la taille de l'île, la presse n'est pas terriblement prodigue en actualités. Mais ça ne peut pas faire de mal de parler de découvertes qui datent un peu, après tout, ceci est un site sur l'archéologie, nous sommes quelque part spécialisés dans les choses qui datent un peu. J'ai choisi un site avec des os jōmons*, parce que, c'est évident, tout le monde a envie de lire un article sur des os jōmons.

   Le site de Bugeidō (武芸洞遺跡, Teruda utaki baru, Maekawa-aza, Tamagusuku-ōaza**, ville de Nanjō et donc, préfecture d'Okinawa) est situé dans une grotte mesurant 25 m (Est-Ouest) par 30 m (Nord-Sud) et 4 m de haut au maximum. La grotte a deux accès, un à l'est et un à l'ouest et est située à proximité de plusieurs autres sites dont le plus célèbre est la fissure de Minatogawa dans laquelle on a retrouvé les restes d'hommes fossiles logiquement nommés "Hommes de Minatogawa" (ce sujet ne sera probablement jamais traîté sur ce site, compte tenu de l'âge des vestiges).
   Le site de Bugeidō a été l'objet de plusieurs campagnes de fouilles (toujours sur des secteurs très limités de quelques mètres carrés) entre 2007 et 2009.
   Il est (relativement) célèbre car il a été le premier site du Sud d'Okinawa dans lequel on a trouvé une unité stratigraphique contenant des tessons de vaisselle tsumegatamon, datée du Jōmon Ancien vers 4.000 BCE. Il comporte également les vestiges d'un foyer associé à de la vaisselle omonawazentei du Jōmon Moyen (2500-2000 BCE) et une sépulture avec coffrage en pierre associée à des tessons de vaisselle uzahama et nakabaru du Jōmon Final (500 BCE).

   Une centaine de tessons tsumegatamon ont été trouvés en relation avec plus de trois cents (300) fragments d'os d'animaux brûlés et divers éléments de mobilier lithique dont une hache avec le tranchant poli.

   Dans une autre zone de la grotte, les fouilles ont révélé la présence d'une sépulture avec coffrage en pierre. La sépulture tire partie du relief naturel de la grotte, qu'elle complète avec des blocs de calcaires afin de créer un coffrage complet de 240 x 115 cm. Elle était fermée grossièrement par des pierres de couverture plates et recouverte de terre.
   Le corps était déposé dans le coffrage en décubitus ventral***, la tête vers le Nord-Est, légèrement tournée vers la droite. Le squelette est parfaitement conservé malgré une notable dispersion des os des mains et des pieds. Il s'agit d'un homme d'une quarantaine d'années.
  Le mobilier funéraire (car il y en a) comporte un tridacnide (Tridacnidae) posé sur le corps à hauteur de la poitrine, un cellana mazatlandica percé d'un trou juste en dessous des cervicales et un autre près du pied gauche. Enfin, douze (12) perles qui constituaient probablement un bracelet ont été retrouvées autour de l'ulna et du radius gauche. Il s'agissait alors de la première découverte d'un bracelet de perles en place.
   Il semblerait que la sépulture ait été fermée une première fois, puis rouverte pour déposer des éléments du mobilier funéraire, ce qui expliquerait la dislocation des os des pieds et des mains, aux articulations particulièrement labiles
  À noter qu'en plus du squelette complet, la sépulture contenait aussi les restes épars et fragmentaires de deux autres. Il semble donc que le même coffrage ait été utilisé successivement pour plusieurs inhumations.

   Il existe d'autres exemples de sépultures dans des coffrages de pierres sur Okinawa : sur le site de Momenbaru (Toguchi, village de Yomitan), dans l'amas coquiller de Nakakawabaru (Tokeshi, village de Yomitan), sur le site de Ōkubobaru (Tokeshi, village de Yomitan), sur le site de Azamabaru (Mashiki, ville de Ginowan) ou sur le site de Kanikubaru (Ujidomari, ville de Ginowan). Il s'agit essentiellement de sites de bord de mer. La sépulture avec coffrage de pierres découverte à Bugeidō est la première à l'être en contexte troglodyte.

Source: 山崎真治 藤田祐樹 西秋良宏 2009 平成19・20年度南城武芸洞遺跡発掘調査の概要, 沖縄県立博物館美術館紀要 2: 5-18.

* la terminologie de la chronologie pour les périodes préhistoriques dans l'archipel des Ryūkyū sera probablement abordée plus tard sur ce site. Vraisemblablement à plusieurs reprises. Très certainement dans des articles rangés sous le tag "je râle".
** je me rends compte qu'il va également falloir un article sur les terminologies géographiques propres à Okinawa, qui n'aura peut-être pas droit au tag "je râle". Peut-être.
*** oui, ceci est un oxymore.



English translation )
berangere: (Default)
  Si c'est pas classe, ça...

   Un astéroïde découvert en octobre 1993 par un astronome amateur de Kitami (préfecture de Hokkaido) et jusqu'à présent appelé extrêmement banalement "14010" vient d'être rebaptisé "jomonaomori" pour soutenir l'accession des sites jomons d'Aomori *tousse*Sannai Maruyama*tousse* au rang de Patrimoine Mondial de l'Humanité.
   L'astéroïde fait 8 kilomètres de diamètre et le tour du soleil en 4,36 ans.

  English please... )

Source
berangere: (yajiri)
Photos et cartes seront uploadées plus tard.

   Le site de Hiraoka (平岡遺跡, Ikeda, ville de Toyama, préfecture de Toyama) est formidable. Et je ne prétends pas ça uniquement parce que j'ai participé aux fouilles.
   Hiraoka est un site du Jōmon Ancien (4000 – 3500 BCE) situé sur la partie sud de la colline de Kureha, colline qui a déjà fait l'objet de fouilles archéologiques puisque le désormais très célèbre amas coquillier de Odake (en bref : Jōmon Ancien, 71 corps, site de l'année 2010) est situé dans sa partie nord. Le site de Hiraoka a été fouillé de juin à novembre 2012 avant des travaux pour la construction d'une route départementale. Le chantier s'étendait sur 125 m du nord au sud et 18 m d'est en ouest, soit 2250 m².
   La campagne de fouilles a permis de dégager quatorze (14) habitations semi-enterrées, environ soixante-dix structures identifiées comme des tombes et une foultitude de fosses, silos et trous de poteaux, le tout correspondant aux vestiges d'un village annulaire d'environ 100 m de diamètre. Comme quoi, je n'exagérais pas l'importance du site dans mon introduction ! Il s'agit du deuxième site de la préfecture en nombre d'habitation pour le Jōmon Ancien, le premier étant Yoshimine (吉峰遺跡, ville de Tateyama) avec vingt-deux (22) habitations.

   Il s'agit donc d'un habitat annulaire avec les tombes regroupées au centre dans une aire funéraire d'environ 65 m de diamètre, entourées par l'aire domestique comprenant les habitations. Les habitats annulaires du Jōmon Ancien sont rares dans la préfecture (disons qu'avec les sites de Yoshimine et Hikaoka, on en est maintenant à deux…) mais il en existe quelques uns pour le Jōmon Moyen comme Kitadai (北代遺跡, ville de Toyama) ou Hayatsukiuwano (早月上野遺跡, ville de Uozu), ce qui permet d'espérer quelques études comparatives sur l'évolution de ce type d'habitat dans la région dans un proche futur.
  Les tombes ne contiennent malheureusement pas d'os, mais une grande quantité de mobilier céramique et lithique. De simples fosses en pleine terre ont été identifiées comme des tombes d'adultes, alors que plusieurs vaisselles en céramique enterrées (umegame) pourraient être des tombes d'enfants.
   Les habitations mesurent environ 6 m de diamètre et comportent invariablement un silo d'environ 80 cm de profondeur. La plus grande d'entre elle atteint les 30 m², avec trois (3) silos associés et un foyer clairement identifiable au centre. Les foyers et silos ont souvent livré des restes carbonisés de fruits à écales.

   Les structures fouillées sont donc déjà grandioses, mais elles sont également accompagnées d'un mobilier incroyablement abondant ! Environ trois cents (300) caisses de tessons de céramique du Jōmon Ancien, des haches et des houes en pierre, dont certaines tellement minuscules que *même moi* j'ai pensé le mot "rituel" (pas très fort) (pas longtemps) (et en regardant ailleurs), des pierres à moudre, à concasser,des armatures de flèches magnifiques (oui, j'aime les armatures de flèches : quiconque avec deux mains gauches qui s'est jamais essayé à la taille du silex comprend instinctivement la beauté intrinsèque de ces toutes petites choses), des boucles d'oreilles innombrables et dans un état de conservation pratiquement parfait, des perles tubulaires sublimes, et des centaines d'esquilles qui prouvent un travail local de l'outillage lithique.
   La céramique est un mélange de vaisselles du type Moroiso, de l'Est du Japon, et du type Kitashirakawa, de l'Ouest du Japon, ce qui fait de Hiraoka un point de rencontre de deux cultures. Les liens du site avec l'extérieur sont également suggérés par la provenance des matières premières pour l'outillage lithique : si les boucles d'oreilles sont principalement fabriquées avec des pierres de la ville voisine de Asahi, celles utilisées pour les armatures de flèches et autres armes et outils proviennent des préfectures de Nagano et Gifu (d'accord, c'est pas comme si ils avaient traversé la moitié du Japon, mais y'avait pas de Shinkansen à l'époque. Et Toyama est entouré de montagnes du plus bel effet sur les photos et les engelures).

   Nan, en toute objectivité, ce site mérite le bérangère award du site de l'année 2012.

English Translation... )
berangere: (jomon doki)
  Onze habitations avaient été découvertes en 2010 sur le site de Shigareyama-nishi, situé sur une terrasse au bord de la rivière Tate (然山西遺跡, Uchinoyama, ville de Bando, préfecture de Ibaraki). Une nouvelle campagne de fouilles est en cours depuis octobre 2011 sur une zone de 12.000 m² (entre 12 et 16 mètres d'altitude). Elle a permis de dégager vingt-trois habitations du Jōmon Ancien, deux du Kofun Récent et cinq du début de la civilisation Heian.

   Les habitations du Jōmon sont rectangulaires à ovales, de 6 par 5 mètres environ. Elles sont creusées dans le sol jusqu'à 70 centimètres de profondeur et certaines comportent plusieurs foyers. L'occupation est datée des alentours de 3.500 BCE, sur une longue durée : toutes les habitations ne sont pas contemporaines.
   Le site comporte également trois amas coquilliers distincts qui occupent l'empreinte négative laissée par certaines habitations abandonnées, plusieurs foyers extérieurs, une centaine de fosses, plusieurs fossés et une voie de circulation.

   Les coquillages qui constituent les amas coquilliers sont essentiellement des palourdes : plus de cent quarante mille spécimens de yamato shijimi (Corbicula japonaica). On trouve également des sarubō (Anadura broughtoni) et des hamaguri (Meretrix lusoria). Tous ces coquillages sont caractéristiques des zones d'estuaires : au moment du réchauffement climatique du Jōmon Ancien, la mer (située actuellement à plus de 90 kilomètres en aval du site) se trouvait à proximité immédiate de Shigareyama-nishi, et les populations jōmons exploitaient les ressources de l'estuaire de la rivière Tate.
  Des pointes de flèches, des poids de filets et des pierres à moudre retrouvés sur le site indiquent que la chasse, la pêche et la cueillette leur permettaient de compléter leur régime alimentaire.


Une habitation pleine de coquillages
A dwelling full of shells



Pierre à moudre et vaisselles en céramique
Grinding stone and ceramic vessels


   En complément du mobilier lithique, le mobilier céramique mérite d'être mentionné. Très abondant, il est essentiellement composé de bols profonds (fukabachi) et de bols peu profonds (asabachi). Les marques d'utilisation relevées sur les bols profonds indiquent qu'ils servaient à la cuisson des aliments et au stockage des denrées.
   Trois anses à décor figuratif animal (獣面把手, jūmentotte) ont été trouvées sur le site. Elles représentent des sangliers et un lapin. Ce type d'anses est assez fréquent dans l'ouest du Kantō à l'époque.


Nombreuses vaisselles en céramique en place dans l'habitation 32
Many ceramic vessels in dwelling number 32


English Translation )



Les sources )

Oui, je sais... tellement d'articles et pas une seule photo des jūmentotte...
berangere: (anthropo fun)
  En raison du sol volcanique, les os sont rarement conservés sur les sites japonais. On les trouve presqu'exclusivement dans les amas coquilliers formés autour des habitats, essentiellement sur la côte pacifique de l'archipel. Les amas coquilliers sont beaucoup plus rares de l'autre côté, vers la Mer du Japon (mais ils existent, hello, Odake), nous avons donc peu d'ossements humains pour toute cette zone.
  Voila pourquoi le site de Sotomeyachi (五月女萢遺跡, préfecture d'Aomori, Goshogawara-shi) est assez exceptionnel : il a livré des sépultures contenant des os, et il n'est même pas un amas coquillier ! Bon, il est tellement près de la mer que des coquillages se sont mélangés au sable du sol pour former un milieu beaucoup moins acide, et beaucoup plus propice à la conservation des os et autres matières dures animales.

  Le site comporte 103 fosses, dont 80 sont probablement des tombes (on espère trouver d'autres ossements à l'avenir). Il est daté du Jōmon Récent et du Jōmon Final (occupation de 1000 à 300 BCE).
  Les ossements ont été retrouvés dans trois fosses : l'une d'elle contenait un adulte complet, dont le crâne montre des extractions volontaires de dents, une autre contenait le crâne d'un enfant d'une dizaine d'années et une troisième un adulte incomplet. Une autre fosse a livré des dents associées à un instrument en jade et des traces d'ocre : il s'agit probablement d'une sépulture avec mobilier funéraire.
En dehors de ces éléments funéraires, on a également retrouvé la trace d'une voie de circulation, des fragments de dogūs (figurines en terre cuite), de sekibōs (sceptres en pierre), des tessons de vaisselles en céramique, jetés dans ce qui semble être un dépotoir.

  Malgré la taille réduite de la collection, au vu du manque de données ostéologiques pour cette région, il s'agit d'une découverte importante et des analyses ADN sont prévues. Chaque squelette permettra un jour d'avoir une vision plus précise des populations jōmons.

Illustrations et sources )
berangere: (jomon doki)
  Au début du mois, le musée du site de Mawaki (真脇遺跡, préfecture d'Ishikawa, ville de Noto) inaugurait la reconstitution du cercle de troncs de châtaigniers dont je parlai déjà l'année dernière. Le cercle, trouvé en 1982 et classé depuis Site Historique d'Importance Nationale, est daté de 800 BCE (Jōmon Final).
  Les troncs mesurent 8 mètres de haut, entre 80 et 100 centimètres de diamètre, ils sont coupés en deux dans le sens de la longueur : l'équipe du musée, associée à des charpentiers de marine de la région, a testé diverses mises en œuvre avec les moyens de l'époque.
  Petite photo pour fêter ça.














Classe hein ? Je veux le même dans mon jardin. Quand j'aurai un jardin.
En fait, si ça se trouve, les troncs mesuraient 50 centimètres et servaient de sièges lors des réunions syndicales de l'époque...
Mais 8 mètres, ça en jette quand même un peu plus.
Reconstitution of Mawaki's Chestnut trees Pilars Circle, Final Jomon (800 BCE)



  Mais en fait, ceci n'est qu'une information annexe. Juste à côté de ce nouveau cercle de troncs de châtaigniers, une nouvelle zone de fouilles a été ouverte depuis l'année dernière, dans laquelle on a trouvé trente-deux (32) bases de poteaux en bois : vingt-et-un (21) en châtaignier et onze (11) en ate no ki (nom du Asunaro en dialecte régional : Thujopsis dolobrata, une espèce de cyprès).
  La plupart de ces poteaux correspondent à la structure de bâtiments (dont certains probablement contemporains du cercle de troncs de châtaigniers retrouvé en 1982) mais sept (7) d'entre eux ont une section semi circulaire et semblent former un cercle d'un peu moins de 5 mètres de diamètre, daté du tout début du Jōmon Final, vers 1.300 - 1.200 BCE. "Semblent" seulement car il manque trois (3) poteaux pour fermer le cercle : ils sont situés en dehors de la zone de fouilles, et l'équipe n'a pas l'air décidée à avancer des théories audacieuses sans avoir toutes les cartes en mains.

  Oui, des cercles de troncs d'arbres, on en connaît une vingtaine, ça n'est pas un de plus qui va révolutionner la vision que nous en avons. Et bien, si l'existence de ce cercle est confirmée par les fouilles de l'année prochaine, il sera en fait le premier cercle de troncs de ate no ki du Japon. Pour être exacte, il serait le premier cercle de troncs d'arbres qui ne soit pas en châtaignier. Comme je viens de le dire, une vingtaine de cercles de troncs d'arbres ont été retrouvés dans l'archipel, essentiellement dans la région du Hokuriku (la zone autour de Mawaki, justement) et, quels que soient leur emplacement, leur taille, leur datation, tous les cercles de troncs d'arbres du Japon sont en châtaigniers. Sauf un, donc.
Illustrations et sources )
berangere: (toro)
  Le site de Higashitanaka (東田中遺跡, préfecture de Ibaraki, ville de Ishioka, Higashitanaka) est fouillé sur une surface de 4.400 m² depuis le mois de juillet avant la construction d'une bretelle d'autoroute.
   Récemment, on a dégagé des occupations du Jōmon Moyen : six des quatorze habitations et quarante des quatre-vingt douze silos retrouvés sur le site datent de cette période.
  En plus de nombreux tessons de poterie et d'éléments d'outillage lithique, le site a livré de nombreuses coquilles de fruits de mer (palourdes Meretrix lusoria et Ruditapes philippinarum), des noix et des glands, qui témoignent du régime alimentaire de ce groupe humain qui habitait sur un plateau à proximité du lac Kasumigaura.












Habitation du Jōmon Moyen comportant deux phases d'occupation
Middle Jomon dwelling with two occupational layers


Vaisselle(s) jōmons dans un des silos
Jomon ceramics in a silo


Oui, moi aussi ma première réaction a été "Mais que fout cette hypocauste sur un site Jōmon ? Complot ! Extra-terrestres ! "
En fait, c'est un silo en cours de fouilles et les pilettes sont en fait des bermes.

Source )

 県教育財団によると、遺跡は霞ケ浦に近い台地にあり、縄文中期の六軒を含む計十四軒の住居跡が谷を囲むように確認された。貯蔵用とみられる袋状の 穴が九十二基(うち縄文期のものが四十基)見つかった。土器片のほか石器、ハマグリ、アサリなどの貝殻とクルミ、ドングリなどの食物も出土した。

 森林が広がる環境に住居と土坑が群在する様は縄文人にとって安定した食料獲得のシステムが確立していた証しとしている。

 発掘調査は国道6号バイパス建設に伴い、国土交通省の委託で約四千四百平方メートルで実施。期間は今年七月から今月まで。一般公開などの問い合わせは同財団石岡事務所=電0299(24)3515=へ。 (塙幸雄)

 


berangere: (anthropo fun)
  Il y a un an presque jour pour jour, je parlai du site de Kitakogane 2 à l'occasion de la découverte d'une tombe (avec des os conservés).
  Kitakogane 2 est un site qui aime faire parler de lui vers la Toussaint, et il revient cette année dans les journaux suite à la découverte de deux crânes de cerfs entourés de nombreuses vaisselles en céramique enterrés dans l'amas coquillier.
  Le site (北黄金2遺跡, Hokkaidō, ville de Date, quartier de Kitakogane) est situé à proximité d'un célèbre amas coquillier (Kitakogane, sans le 2) du Jōmon Ancien qui est classé Site Historique National, et la ville et le Centre de Recherche de la Culture Funkawan, en charge des fouilles, espèrent faire subir le même sort à Kitakogane 2. C'est dans le but de prouver à quel point il est formidable et unique qu'il est l'objet de fouilles depuis l'année dernière.

  La campagne cette année avait pour but de confirmer l'emprise totale du site. Les crânes et les vaisselles ont été retrouvées à 1,7 m sous la surface de l'amas coquillier, les deux crânes alignés (mais si mes souvenirs de mathématiques ne sont pas trop rouillés, lorsqu'on n'a que deux points, il sont très souvent alignés) et les vaisselles disposées autour. Il s'agit de vestiges du Jōmon Ancien (4.000 BCE), peut-être liés à un culte animal afin de faciliter le passage dans l'autre monde des esprits des animaux chassés. Du moins c'est ce que dit Aono Tomoya (39 ans), responsable des fouilles pour le Centre de Recherches de la Culture Funkawan : moi, la pensée qui sous-tend le geste, ça fait bien longtemps que j'ai arrêté de tenter d'y avoir accès. Aono Tomoya (39 ans) pense qu'il sera possible de confirmer la vocation rituelle de ce dépôt grâce à une fouille complète des couches de coquillages l'entourant.

  L'équipe de fouilles a un blog.


Deer skulls and potteries found in Kitakogane 2, Hokkaido, possible remains of an animal cult.

Source )
 

 

berangere: (jomon doki)
  Un des plus anciens groupement de pierres de la préfecture de Yamanashi a été retrouvé sur le site de Suwahara (諏訪原遺跡, préfecture de Yamanashi, ville de Hokuto, Akenocho Kamikandori).
   Le groupement de pierres (配石遺構, haiseki ikō) est daté du milieu du Jōmon Moyen, vers 3.000 BCE. Les galets forment un disque. Les vestiges alentours suggèrent que la structure était peut-être abritée par un toit.
















One of the oldest stone arrangements of Yamanashi prefecture

Source :

 北杜市教委は23日、縄文時代中期中ごろ(約5千年前)の県内最古級の配石遺構が出土した諏訪原遺跡=同市明野町上神取=で、発掘調査成果を報告する現地説明会を開いた=写真。
 約50人が参加。同市教委の文化財担当の大網信良さんが、石が円形に敷かれた配石遺構を前に、遺構が屋根を持った祭祀場であった可能性を指摘。時代を特定する資料となった土器をはじめ、土偶や石器などの出土品も紹介した。
 北杜市の仲沢うめ子さん(61)は「遺跡の近くが実家だが、縄文時代から先祖が住んでいたことを誇りに思う。子どもや孫にも遺跡のことを教えたい」と話していた。

【山梨日日新聞社 10月24日掲載】



berangere: (yoshinogari)
Le site de Sunakose (砂子瀬遺跡, préfecture de Aomori, district de Nakatsugaru, village de Nishimeya) est fouillé depuis 2006 parce qu'il sera bientôt noyé sous la retenue d'eau du barrage de Tsugaru.
Il s'agit d'un site du Jōmon Récent (1.500 - 1.000 BCE) sur lequel on a retrouvé plus de 3.000 trous de poteaux disposés en cercle (diamètre inétieur du cercle : 40 m ; diamètre extérieur : 60 mètres). La moitié du cercle avait été fouillée au cours de la campagne de l'année dernière.

Les habitats à structure circulaire sont relativement fréquents au Jōmon mais, soit parce que les conditions de conservation ne sont pas optimales, soit parce que la zone fouillée n'a pas le bon goût de s'étendre sur l'emprise entière de l'ancien village, le dégagement de la totalité des bâtiments ayant appartenu à l'habitat circulaire reste rare. On a bien plus souvent des arcs de cercles plus ou moins étendus. Et pourtant cette année en fouillant la zone est du site de Sunakose, on a réussi à fermer le cercle des vestiges : yeah !

Les nombreux trous de poteaux sont les traces laissées par des bâtiments à plancher surélevé ("sur pilotis"). Les recoupements entre les différents trous de poteaux indiquent la construction répétée de plusieurs bâtiments au même endroit à des époques différentes. Malgré la très forte concentration de trous de poteaux et la confusion qu'elle engendre, il semble que l'on puisse identifier parfois des groupes de 6 trous de poteaux ayant appartenu au même bâtiment hexagonal. Le nombre total de bâtiments reste indéterminé (à supposer qu'ils aient tous été hexagonaux, avec 3.000 trous de poteaux, ça nous fait 500 bâtiments. Pas tous contemporains, bien entendu, mais c'est quand même une performance honorable).

La suite, les illustrations, les sources )
berangere: (toro)
  L'actualité archéologique ne suspend pas son vol pendant les semaines où je n'ai pas le temps de la relater... Heureusement que je me concentre uniquement sur deux civilisations, ça limite les articles en retard.
   Donc, il y a bien une semaine et demie, le centre de recherches sur les propriétés culturelles enterrées de l'Université de Ehime annonçait la découverte de nombreuses habitations de plain-pied datées de la fin du Jōmon Final (800-700 BCE) sur le site de Bunkyō (文京遺跡, campus de Shirokita, quartier de Bunkyō, ville de Matsuyama, préfecture de Ehime). C'est la première fois que l'on retrouve ce type d'habitations pour cette période dans la préfecture.

   Il s'agit de la 45è campagne de fouilles (premières fouilles en 1975) sur le site de Bunkyō (hello, chantier-école idéalement placé sur un campus), qui correspond à un village important de la plaine de Matsuyama, du Jōmon jusqu'au Kofun. La zone fouillée cette année depuis mars s'étend sur 1.400 m², à 80 mètres environ au nord des vestiges d'un très grand village du Yayoi. On y a trouvé les vestiges de dix (10) habitations de plain-pied, plus ou moins circulaires.
   Ces habitations sont nombreuses dans l'est du Japon et sur Kyūshū pour cette période, mais très rare dans le Chūshikoku (région qui, comme son nom l'indique, rassemble le Chūgoku (中国) et Shikoku (四国), pourquoi n'ai-je pas simplement cité ces deux régions au lieu d'expliquer sur deux lignes une contraction dont le but est de gagner de la place ?). En fait, les habitations du Jōmon en général sont rares dans la préfecture de Ehime et cette découverte permet de combler un peu le désert de données auquel nous sommes confrontés.

  Comme j'ai tardé à taper ce compte-rendu, l'article dont il est tiré a été supprimé du site du journal.
Mais il y a ici un pdf des documents fournis pendant la conférence sur site de la semaine dernière. Et ici une représentation des habitations sur le plan de fouilles.

berangere: (jomon doki)

   Tottori (!), préfecture habituellement représentée sur ce journal par ses sites du Yayoi, s'est dit qu'il était grand temps d'être formidable au Jōmon aussi. Et nous lui en savons gré !  D'autant plus qu'elle fait ça fort brillamment.

  Trois sites sont fouillés sur la rive sud de l'étang de Koyama depuis le mois d'avril, mais c'est Takazumi Idezoe (高住井手添遺跡, ville de Tottori, préfecture de Tottori) qui retient aujourd'hui notre attention.

  Le site de Takazumi Idezoe s'étend sur 4.000 m² et présente des occupations du Jōmon Ancien (4.000 BCE) au Yayoi Récent (200 CE). Dans le coin nord-est de la zone fouillée on a retrouvé le lit d'une ancienne rivière qui coulait là au Jōmon Final (de 1.000 à 500 BCE environ). Cette rivière a été comblée au tout début de l'adoption de la civilisation Yayoi dans la région. Et qui dit lit d'une ancienne rivière induit souvent "milieu humide anaérobie", particulièrement propice à la conservation des éléments en matières normalement périssables.

  Et cela n'a pas manqué, nous avons de la vannerie ! Dix panier en tout, ce qui correspond au plus grand nombre de paniers découverts sur un site jōmon pour cette préfecture. La vannerie préhistorique japonaise fait l'objet d'une typologie précise (qui cela étonne-t-il ?) à laquelle vous pouvez vous initier en téléchargeant ce pdf, de Yanagihara Shoko, si vous avez comme moi une fascination particulière pour tout mobilier archéologique qui sort de l'ordinaire (ou pour les paniers).

  Je ne résiste pas plus longtemps, voici une débauche d'images :


Remarquez les jolis motifs décoratifs avec les brins plus gros au milieu du tressage.
Il s'agit du panier #8, particulièrement bien conservé vu qu'il ne manque que le fond et le bord.

Le reste sous un cut )

   Dix paniers donc. Selon notre amie Yanagihara Shoko, ils sont tressés avec la technique mojiri ami もじり編み. Ami 編み est un terme générique s'appliquant à tout ce qui est tricot, tressage ou vannerie et mojiri もじり signifie "tordre". Comme on ne voit bien sur les photos, les brins verticaux de la chaîne sont très espacés et les brins horizontaux de la trame sont groupés par deux avec une alternance simple (= un dessus, un dessous, un dessus, un dessous...).
  Les fibres utilisées, de 2 à 3 mm de diamètre, sont du cyprès hinoki (Chamaecyparis obtusa) pour la chaîne et du jasmin étoilé jaune (Trachelospermum asiaticum) pour la trame. La découverte de ces fibres en grande quantité sur le site laisse penser que les paniers étaient fabriqués sur place.

  Sur ces dix paniers, huit ont été retrouvés en place dans le lit de la rivière qui, elle aussi, comporte des structures intéressantes. Cette rivière a en effet été barrée à deux endroits par des troncs d'arbres de 30 à 50 cm de diamètre afin d'en réguler le débit.


Entourée en rouge entre les deux barrages, la zone où on a trouvé la plupart des paniers.

Encore un cut )
  C'est également dans cette partie de la rivière entre les deux barrages qu'on a retrouvé une quantité importante de fruits à écale (des marrons et des glands), concentrés dans trois endroits, dans lesquels on a retrouvé les paniers.



  Il semble donc que nous soyons en présence d'un site de rinçage des fruits à écale. Contrairement à la châtaigne, le marron et le gland sont riches en tanin et autres substances assez toxiques qui les rendent impropres à la consommation tels quels. Il est nécessaire de leur faire subir un rinçage soutenu pour supprimer les substances astringentes et pouvoir les manger (et accessoirement, l'immersion dans l'eau tue également les parasites).

  À noter que l'occupation yayoi du site comporte un fossé qui a été creusé après le comblement de la rivière, dont la paroi ouest a été recouverte d'écorce d'arbre pour qu'elle soit moins sensible à l'érosion entrainée par l'eau courante. La céramique retrouvée à proximité est du Yayoi Moyen. Dans un autre fossé tout au nord de la zone fouillée, daté du Yayoi Récent, on a retrouvé 30 noyaux de pêche, qui ramènent sur le devant de la scène la théorie prêtant aux pêches un caractère magique.

Les sources ! )
berangere: (Default)
   Jusqu'à présent il était communément admis que l'arbre à laque (Toxicodendron vernicifluum, précédemment nommé Rhus verniciflua) était une espèce allogène au Japon, importée (très tôt il est vrai) probablement de la Chine continentale.

   L'analyse de plus de 5.000 échantillons de branches, brindilles, éclats et d'objets laqués découverts dans l'amas coquillier de Torihama (dont on entend décidément beaucoup parler ces derniers temps...) par l'équipe du professeur Suzuki Mitsuo de l'Université du Tōhoku tendrait à prouver qu'il aurait existé à l'état sauvage sur l'archipel dès le Proto-Jōmon.
   Parmi ces restes végétaux se trouvait une branche d'arbre trouvée pendant la campagne de fouilles de 1984, mesurant 17 cm de long pour un diamètre de 1 cm environ.

   Une observation au microscope d'une coupe de cette branche, réalisée avec le concours de l'Institut de Recherche Multidisciplinaire sur les Forêts de Tsukuba (préfecture de Ibaraki) a permis de déterminer qu'il s'agissait d'une branche d'arbre à laque (Toxicodendron vernicifluum).


L'identification est évidente.
(Je n'en ai en fait aucune idée, mes connaissances en botanique sont proches du zéro. J'ai déjà du mal à distinguer la plupart des pollens entre eux, alors les coupes d'arbres...)

   Une datation au carbone 14 par le Musée National d'Histoire et d'Ethnologie de Sakura (préfecture de Chiba) a situé l'âge de l'échantillon entre 12.700 et 12.600 ans, ce qui correspond bien à la couche Proto-Jōmon du site de Torihama dans laquelle il a été découvert.

  Précédemment, les plus anciens spécimens d'arbre à laque au Japon étaient datés de 6.000 BP (trouvés sur les sites de Sannai Maruyama dans la préfecture d'Aomori et Ondashi dans la préfecture de Yamagata). En ce qui concerne les objets laqués, ceux du site de Kahodo en Chine (notez qu'il s'agit de la prononciation japonaise du nom du site), datés de 7.000 BP ont longtemps été les plus anciens retrouvés au monde. En 2001 toutefois, la découverte d'objets laqués datés de 9.000 BP sur le site de Kakinoshima B sur Hokkaidō a fait tomber ce record. À cette époque déjà la théorie d'une origine indigène de l'arbre à laque avait été avancée.

  Selon Okamura Michio, du Centre de Recherche sur les Propriétés Culturelles de Nara, il est peu vraisemblable que l'arbre ait été importé et cultivé si tôt dans la chronologie Jōmon. Ockham aurait tendance à nous indiquer qu'il est plus probable que l'espèce ait été indigène.

  La NHK a un reportage en ligne ! (pour un temps indéterminé) Le spécimen présenté est beaucoup plus petit que celui dont parlent les articles...

Les sources )



 



berangere: (Default)
Le site de Nakanoyama (中野山遺跡, préfecture de Mie, ville de Yokkaichi, quartier de Kitayama) est, avec celui de Kitayama A, fouillé avant la construction des autoroutes de Meishin et de Tōkai Kanjō. La campagne de fouilles actuelle se poursuivra jusqu'en novembre.

On y a trouvé 26 foyers datés du Jōmon Initial (6.000 BCE) et 4 habitations semi-enterrées de la même période.
15 des foyers étaient du type endōtsukiroana (煙道付き炉穴 = foyers en creux avec une cheminée) et 11 étaient des foyers pavés de pierres. Il s'agit de la première fois que l'on retrouve autant de foyers sur un même site dans la préfecture de Mie et le Centre pour les Propriétés Culturelles Enterrées de la Préfecture pense (ceci est une métonymie... son représentant pense.) que le site pourra apporter des infirmations sur la diffusion des foyers en creux à cheminée vers le Kantō et leur remplacement par les foyers pavés de pierres.

Le site de Nakanoyama comporte également une occupation de la période Asuka (600 CE) pour laquelle on a retrouvé 19 habitations semi-enterrées et 17 bâtiments à plancher surélevé.






berangere: (dogu)

   Une gangū, c'est comme une dogū, mais en pierre.

土偶 dogū : figurine en céramique
          土 = terre ; 偶 = de forme humaine (mais le terme est utilisé pour toute les figurines, mêmes animales)
          pour les exemples concrets, voir le tag consacré : dogus
岩偶 gangū : figurine en pierre
          岩 = pierre ; 偶 = de forme humaine.

   Fermons ici cette annexe de 「l'idiotisme japonais inutile du jour」 et revenons-en à l'actualité archéologique.

   Le Centre pour les Propriétés Culturelles Enterrées de Hokkaidō a annoncé la découverte sur le site de Tatesaki (館崎遺跡, Hokkaidō, district de Matsumae, ville de Fukushima) d'une gangū de la deuxième moitié du Jōmon Ancien (vers 3.000 BCE).







   Pour une fois, l'image est assez grande pour mériter de figurer sous un cut : par ici )

  La photo provient du pdf de présentation des fouilles du Centre pour les Propriétés Culturelles Enterrées de Hokkaidō pour cette année.
La tablette a été retrouvée en trois morceaux, la partie où figurait la tête a disparu. Le corps humain est figuré par des lignes gravées dans la pierre. Les membres ont été volontairement omis, signalant une représentation abstraite de l'être humain.
   Cette gangū mesure 37 centimètres de haut, 29 centimètres de large et environ 2 centimètres d'épaisseur, ce qui en fait probablement l'une des plus grande de l'archipel. Elle est en tuf volcanique (comme les Moais de l'île de Pâques. Merci de ne pas conclure à un lien entre les deux civilisations).
   Des gangūs sont retrouvées un peu partout sur l'archipel, mais en quantités beaucoup moins importantes que les dogūs. Elles sont produites à partie du Jōmon Ancien. Celle-ci a été trouvée dans la terre qui comblait une habitation semi-enterrée à la fin du mois d'août.

berangere: (toro)
  En très bref, même, juste pour garder une trace.
   Le site de Nikenzaike Harada (二軒在家原田遺跡, préfecture de Gunma, ville de Annaka, quartier de Matsuida) appartient au groupement de sites archéologiques de Nishiyokono Matsuyoshi Chūbu (西横野松義中部遺跡群). Il s'agit d'un habitat avec des vestiges d'occupation du Jōmon Ancien au Jōmon Récent, puis pendant les périodes Kofun, Nara et Heian.
   Les fouilles jusqu'à présent ont permis de dégager plus de 70 habitations du Jōmon Ancien au Jōmon Récent, et il est probable que le site en recèle plus. Certaines de ces habitations sont de taille conséquente, mesurant de 6 à 8 mètres de côté. Le site a également livré de nombreux tessons de céramique Jūmen (獣面土器) et des boucles d'oreilles ketsujō (玦状耳飾).

  J'avais prévenu que ce serait bref. Mais 70 habitations, il est toujours possible que nous obtenions plus d'informations dans l'avenir.
  La source est tout aussi concise :

Tokyo Shinbun
安中市教委が発掘調査している松井田町の西横野松義中部遺跡群の「発掘調査現地説明会」が二十三日午前十時から正午まで開かれる。説明会は五回目。今回は二軒在家原田遺跡が対象。

 松井田町二軒在家地区の土地改良事業に伴い、縄文前期から後期の住居跡七十軒以上が発掘され、さらに増える見込みという。中には縦横が約八メート ルと約六メートルの大型住居跡もある。多数の獣面土器や〓(けつ)状耳飾りなども出土している。問い合わせは、市教委学習の森文化財係=電 027(382)7622=へ。 (樋口聡)

※〓は、決の左が王へん



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