berangere: (yajiri)
Photos et cartes seront uploadées plus tard.

   Le site de Hiraoka (平岡遺跡, Ikeda, ville de Toyama, préfecture de Toyama) est formidable. Et je ne prétends pas ça uniquement parce que j'ai participé aux fouilles.
   Hiraoka est un site du Jōmon Ancien (4000 – 3500 BCE) situé sur la partie sud de la colline de Kureha, colline qui a déjà fait l'objet de fouilles archéologiques puisque le désormais très célèbre amas coquillier de Odake (en bref : Jōmon Ancien, 71 corps, site de l'année 2010) est situé dans sa partie nord. Le site de Hiraoka a été fouillé de juin à novembre 2012 avant des travaux pour la construction d'une route départementale. Le chantier s'étendait sur 125 m du nord au sud et 18 m d'est en ouest, soit 2250 m².
   La campagne de fouilles a permis de dégager quatorze (14) habitations semi-enterrées, environ soixante-dix structures identifiées comme des tombes et une foultitude de fosses, silos et trous de poteaux, le tout correspondant aux vestiges d'un village annulaire d'environ 100 m de diamètre. Comme quoi, je n'exagérais pas l'importance du site dans mon introduction ! Il s'agit du deuxième site de la préfecture en nombre d'habitation pour le Jōmon Ancien, le premier étant Yoshimine (吉峰遺跡, ville de Tateyama) avec vingt-deux (22) habitations.

   Il s'agit donc d'un habitat annulaire avec les tombes regroupées au centre dans une aire funéraire d'environ 65 m de diamètre, entourées par l'aire domestique comprenant les habitations. Les habitats annulaires du Jōmon Ancien sont rares dans la préfecture (disons qu'avec les sites de Yoshimine et Hikaoka, on en est maintenant à deux…) mais il en existe quelques uns pour le Jōmon Moyen comme Kitadai (北代遺跡, ville de Toyama) ou Hayatsukiuwano (早月上野遺跡, ville de Uozu), ce qui permet d'espérer quelques études comparatives sur l'évolution de ce type d'habitat dans la région dans un proche futur.
  Les tombes ne contiennent malheureusement pas d'os, mais une grande quantité de mobilier céramique et lithique. De simples fosses en pleine terre ont été identifiées comme des tombes d'adultes, alors que plusieurs vaisselles en céramique enterrées (umegame) pourraient être des tombes d'enfants.
   Les habitations mesurent environ 6 m de diamètre et comportent invariablement un silo d'environ 80 cm de profondeur. La plus grande d'entre elle atteint les 30 m², avec trois (3) silos associés et un foyer clairement identifiable au centre. Les foyers et silos ont souvent livré des restes carbonisés de fruits à écales.

   Les structures fouillées sont donc déjà grandioses, mais elles sont également accompagnées d'un mobilier incroyablement abondant ! Environ trois cents (300) caisses de tessons de céramique du Jōmon Ancien, des haches et des houes en pierre, dont certaines tellement minuscules que *même moi* j'ai pensé le mot "rituel" (pas très fort) (pas longtemps) (et en regardant ailleurs), des pierres à moudre, à concasser,des armatures de flèches magnifiques (oui, j'aime les armatures de flèches : quiconque avec deux mains gauches qui s'est jamais essayé à la taille du silex comprend instinctivement la beauté intrinsèque de ces toutes petites choses), des boucles d'oreilles innombrables et dans un état de conservation pratiquement parfait, des perles tubulaires sublimes, et des centaines d'esquilles qui prouvent un travail local de l'outillage lithique.
   La céramique est un mélange de vaisselles du type Moroiso, de l'Est du Japon, et du type Kitashirakawa, de l'Ouest du Japon, ce qui fait de Hiraoka un point de rencontre de deux cultures. Les liens du site avec l'extérieur sont également suggérés par la provenance des matières premières pour l'outillage lithique : si les boucles d'oreilles sont principalement fabriquées avec des pierres de la ville voisine de Asahi, celles utilisées pour les armatures de flèches et autres armes et outils proviennent des préfectures de Nagano et Gifu (d'accord, c'est pas comme si ils avaient traversé la moitié du Japon, mais y'avait pas de Shinkansen à l'époque. Et Toyama est entouré de montagnes du plus bel effet sur les photos et les engelures).

   Nan, en toute objectivité, ce site mérite le bérangère award du site de l'année 2012.

English Translation... )
berangere: (métal)
  Depuis la découverte de mobilier en bronze daté du Yayoi sur le site de Yamamoto (山元遺跡, préfecture de Niigata, ville de Murakami, Shimosukebuchi), celui-ci est considéré comme la limite septentrionale de la sphère culturelle du Yayoi de l'Ouest du Japon (et Niigata, c'est très à l'est pour une culture occidentale). Il s'agit d'un établissement de hauteur entouré d'un fossé circulaire, fouillé depuis 2009. la campagne de fouilles cette année a débuté en avril.

  La semaine dernière, son statut d'ultime frontière a été renforcé par la découverte d'une lame en fer datée du Yayoi Récent, à l'intérieur d'une vaisselle en céramique enterrée dans une zone à caractère funéraire. Il est probable que la vaisselle ait été une jarre funéraire pour un enfant périnatal. Il s'agit de la première découverte d'un objet en fer sur ce site.
  La lame mesure 8,5 cm de long, 2,4 cm de large et 2 mm d'épaisseur. Ishikawa Hideshi, de l'Université Meiji, précise que des traces à une extrémité semblent indiquer la présence d'un manche, qui complète la dague. Il fait également remarquer que l'association de mobilier à caractère fonctionnel (une dague) avec une sépulture d'enfant périnatal est très rare pour cette période.
(En règle générale, on considère que la hiérarchisation des sociétés est accompagnée d'un glissement dans les pratiques funéraires qui est particulièrement visible dans les tombes d'enfants : ils ne sont plus enterrés avec du mobilier qui représente ce qu'ils sont / font, mais ce qu'ils auraient pu / dû devenir, en fonction du statut de leur famille dans la société).

  La campagne de fouilles de cette année a permis de déterminer la présence de huit autres sépultures, et d'une autre vaisselle en céramique enterrée. Le cimetière s'étend sur 50 mètres de l'est à l'ouest.


La lame en question

Une autre photo et la source )




berangere: (anthropo fun)
  Le site de Takaetsuji (高樋辻遺跡 préfecture de Fukuoka, groupe de Mii, ville de Tachiarai) est fouillé depuis mai 2009 sur une surface de 350 m². Il est situé sur une colline (altitude 18 mètres) sur la rive gauche de la rivière Tachiarai.
 
  Le site comporte à la fois des tombes en jarres, caractéristiques de l'ouest de la préfecture de Fukuoka et de la préfecture de Saga (oui, oui : Yo-shi-no-ga-ri), des tombes avec un coffrage en bois et des tombes en fosses.
  En 2009, on a trouvé 54 tombes en jarres, en formation très dense, et 62 tombes en fosses, avec ou sans coffrage en bois. Cette année, on a trouvé 26 tombes en jarres et 14 tombes en fosses, avec ou sans coffrage en bois.

  La plus grande fosse contenant une tombe en jarre mesure 3,5 m de long, 2 m de large et 1,4 m de profondeur. La structure funéraire est composée de deux jarres en céramique, jointes par l'ouverture (awase guchi kamekan), chacun de 80 cm de haut et 80 cm de diamètre. La plupart des jarres sur le site ont ces proportions. Il y a également des jarres plus petites, de 40 cm, qui ont probablement été utilisées pour l'enterrement d'enfants (comme d'habitude souvent, les os n'ont pas été conservés) (à l'exception d'une dent) (on se demande vraiment comment).
  On n'a trouvé aucun mobilier funéraire pour le moment : il s'agit probablement là d'un cimetière populaire. C'est, par la superficie et le nombre de sépultures, le plus grand cimetière du Yayoi Moyen retrouvé dans cette ville.




la source )

berangere: (Default)
  L'amas coquillier de Hobi (保美貝塚)(préfecture de Aichi, ville de Tahara) est célèbre car il comporte des sépultures collectives, et que ce n'est pas une pratique funéraire très courante au Jōmon, où la mode est plutôt à l'inhumation individuelle en pleine terre avec les membres inférieurs repliés. Ou éventuellement à l'inhumation (primaire ou secondaire) en jarre.
  En fait, Hobi comprend :
- deux sépultures collectives, l'une sur la zone 1 et l'autre sur la zone B (respectivement avec un NMI* de 14 et de 6, c'est pas non plus la Chaussée-Tirancourt**),
- 31 sépultures primaires individuelles,
- un mobilier riche avec des dogūs, des outils en pierre, en matières dures animales...

  Les fouilles qui ont permis de mettre au jour ces sépultures datent des années 1960, mais une nouvelle campagne de fouilles est en cours ; elle a commencé le 19 février et prendra fin le 18 mars. Elle est menée par une équipe de 20 chercheurs d'universités différentes (Université de Tōkyō, Université de Kyōto, Université de Nagoya...), archéologues ou anthropologues, sous la coordination de Yamada Yasuhiro, professeur à l'Université de Shimane.
  L'endroit fouillé se situe dans la zone "B", où on a déjà trouvé une sépulture collective précédemment. Le périmètre de fouilles mesure 4 mètres du nord au sud sur 6 mètres d'est en ouest. Dans la partie sud-ouest de cette zone, à une vingtaine de centimètres sous la surface du sol, on a trouvé une banjōshūkotsusō, à proximité immédiate d'une autre sépulture collective et d'une sépulture en jarre. La jarre contenait de nombreux os humains brûlés.
  Les trois sépultures ont été trouvées dans la même unité stratigraphiques et appartiennent probablement à la même période, datée par la typologie céramique du début du Jōmon Final vers 1000 BCE. C'est la première fois que l'on trouve ce type d'association de pratiques funéraires pour cette période.
  À noter qu'à 2 mètres environ au nord-est, on a également trouvé une sépulture individuelle primaire, avec les membres inférieurs repliés. Le mobilier funéraire comprenait une parure de hanches en os de cerfs et une épée en pierre.
  Le mobilier de la zone fouillée quant à lui comportait des pointes de flèches en pierre, des os de sangliers et des haches polies.

  La dernière découverte d'une banjōshūkotsusō remonte à 1984. C'était celle de l'amas coquillier de Ikawazu, dans la même ville. Avec cette découverte, le nombre de banjōshūkotsusōs sur l'archipel passe à onze (11). Toutes ces sépultures ont été trouvées dans la région de Mikawa (préfecture de Aichi).
  Le ministère de l'Éducation, de la Culture, des Sciences (...) va financer des recherches sur trois ans à compter de cette année pour analyser les restes humains récoltés au cours de cette campagne pour déterminer la période à laquelle les os ont été enterré et les opérations qu'ils ont subi, l'âge au décès des individus inhumés, leur sexe, les éventuelles relations familiales, leur régime alimentaire...
  Des fouilles sur une aire plus importante sont également prévues pour cet été.


*NMI : Nombre Minimum d'Individus. Par exemple si on a 4 humérus droits, 4 tibias droits et 6 tibias gauches, on est sûrs qu'il y avait au moins 6 individus au départ. Au moins. Il peut y en avoir eu plus, les 4 humérus n'appartiennent pas forcément aux mêmes types que les 4 tibias. Mais on ne le sait pas, donc on table sur 6.
** qui doit facilement atteindre les 400 individus.

La source )

Itazuke

Mar. 3rd, 2011 05:28 pm
berangere: (itazuke)
  La déferlante Kofun continuant de noyer les actualités archéologiques, voici une présentation de Itazuke, qui est peut-être mon site préféré. Il est dans le top 10 en tous cas.
  Itazuke (板付遺跡), site phare de la transition entre le Jōmon et le Yayoi, complètement inconnu des riverains*...

  Situé sur le plateau d'Itazuke (préfecture de Fukuoka, ville de Fukuoka, quartier de Hakata) sur une terrasse basse, le site d'Itazuke est un habitat à enceinte occupé du Jōmon Final au Yayoi Récent. Il est classé Site Historique National depuis 1976 car je ne suis pas la seule à penser qu'il est formidable.
  Le plateau d'Itazuke mesure 650 x 200 mètres environ et est bordé à l'est par la rivière Mikasa et à l'ouest par la rivière Morooka.
















Par ici )


* véridique : je connais plusieurs personnes dans la ville de Fukuoka qui n'en ont jamais entendu parler.
** fouilles de Hashimuregawa, préfecture de Kagoshima.
berangere: (Default)
  On ne peut pas dire qu'il n'y ait pas d'actualités archéologiques, mais...
  Je ne sais pas, le fait d'avoir eu le droit de fouler pendant 3 heures le sol d'une supposée tombe impériale a peut-être relancé l'intérêt du public (des journalistes) pour la période kofun. Il n'y en a que pour elle :


(tous les articles précédés d'une étoile traitent de la période kofun)
(les deux articles sur le Yayoi parlent 1- de
l'expo sur les tokushu kidais de Kashihara ; 2- du classement du site de Kanzaki. La pointe de l'actualité, donc)


  Donc, en cette période creuse, voici la présentation du site de Egenoyama, que nous évoquions ici.



berangere: (yoshinogari)
  Contrairement à ce qu'affirment un bon nombre d'article sur le sujet, ça n'est pas la première fois qu'on en trouve, mais ça reste assez rare pour en parler.

  Donc parlons-en.

  Des fouilles sont conduites depuis l'année dernière sur le site de Shimohaneda (préfecture de Shiga, ville de Higashiomi) et on y a déjà trouvé des vestiges de la période kofun.
  Cette fois-ci, il s'agit d'un habitat de la fin du Jōmon Final (500 - 400 BCE environ) qui s'étend sur une zone de 400 m x 400 m environ et comporte des habitations semi-enterrées, des bâtiments à plancher surélevé, des tombes en fosses et des tombes en jarres.
  La plupart des articles de journaux indiquent que c'est la première fois que l'on trouve des habitations semi-enterrées et des bâtiments à plancher surélevé sur le même site du Jōmon Final dans le Kinki alors qu'il y en a à Kannonji Honma (préfecture de Nara, ville de Gose). Mais avec deux sites pour toute une région, on peut tout de même considérer que c'est une configuration rare. De même la cohabitation d'habitations semi-enterrées avec des tombes en fosses et des tombes en jarres ne se retrouve dans le Kinki que sur le site de Kamisato (ville de Kyōto, Nishikyō). En revanche, l'association habitations semi-enterrées + bâtiments à planchers surélevés + tombes en jarres + tombes en fosses, ça, c'est une première pour le Kinki au Jōmon Final (oui, on trouve toujours une configuration pour laquelle on a "le premier", "le seul" ou "le plus vieux" site).



Les tres nombreuses sources et leurs informations contradictoires )
berangere: (kame)
  Le site de Higashino Doi (préfecture de Kōchi, ville de Konan, quartier de Noichi) est fouillé dans le cadre des travaux de construction d'une autoroute. La zone fouillée s'étend sur 14.000 m².
  Le site avait déjà fait parler de lui en octobre 2010 avec la découverte d'une vaisselle en céramique de type Shōnai (produite dans la plaine de Ōsaka) parfaitement conservée. Il s'agissait de la première fois que l'on trouvait une vaisselle de ce type non brisée dans la préfecture. À cette époque, les articles parlaient de 60 habitations retrouvées (les fouilles ont commencé en mai 2010) : un village conséquent et commerçant avec des régions situées jusque dans la plaine de Ōsaka.
  Actuellement, le site comporte 80 habitations datées de la fin du Yayoi et du début du Kofun (IIIè siècle) et de la fin du Kofun (VIè siècle).
  Le site est en fait occupé depuis le Yayoi Ancien et jusqu'à la période Muromachi. On y a trouvé des vaisselles et des poids de filets en céramique du Yayoi Ancien (IVè siècle avant) et des tuiles, les traces de 10 bâtiments sur piliers et une pierre à encre de la période Nara (VIIIè siècle après), qui laissent supposer la présence d'un temple à proximité.

  La dernière découverte importante concerne donc la mise au jour de 5 tombes en jarres de la fin du Yayoi (début du IIIè siècle).
  Il s'agit de tombes de type tsubo-kan : le corps est déposé dans une jarre de type tsubo (fermée par l'apposition d'un bol retourné sur son ouverture). Ce type de structures est plus rare que les tombes en jarres kame-kan où la vaisselle utilisée est une jarre kame.



Une tombe en place.

  Les jarres étaient enterrées dans un espace à l'est de la zone où se concentrent les habitations, mais à proximité de celles-ci.
  Malgré l'absence de corps, en raison de la taille réduite des jarres et du fait que les espaces funéraires réservés aux enfants sont souvent situés à proximité des habitations, on pense qu'il s'agit de 5 tombes d'immatures d'environ 1 an.
  La jarre la plus grande mesure 70 cm de haut et 60 cm de large.
 
  L'une des jarres est décorée d'un motif en dents de scie (kyoshimon) qui est très souvent utilisé dans la décoration des dotakus (cloches rituelles en bronze). Il s'agit de la première découverte d'un tsubo comportant ce type de décor dans la préfecture. La jarre fait 45 cm de haut et 40 cm de diamètre maximal. Le décor est situé sur la partie supérieure de la panse.




  Comme ce motif est fréquemment retrouvé sur les dotakus, on lui attribue un sens magique fort, et l'utilisation d'une jarre décorée de ce motif pourrait indiquer l'attachement particulier de la population inhumante aux immatures enterrés (Shimomura Yutaka, responsable des fouilles).

Petite publication distribuée pendant la réunion d'information au public tenue sur le site en octobre dernier. (pdf) (en japonais)

Les sources )



 

 



berangere: (anthropo fun)
  Je voulais juste faire une brève sur le fait que le terrain autour de l'amas coquillier de Hazawa a été classé Site Historique Préfectoral, et ça a fini en article complet sur le site...

  L'amas coquillier de Hazawa (préfecture de Gifu, ville de Kaizu, quartier de Nanno) est un site d'habitat occupé de la fin du Jōmon Moyen jusqu'au Jōmon Final, mais ce sont les occupations du Jōmon Récent et Final qui ont fourni le plus de mobilier.
  Le site est exceptionnel car on connaît actuellement seulement deux amas coquilliers dans la préfecture de Gifu : celui-ci et celui de Niwada, situé à deux kilomètres au nord en remontant la rivière Ibi.

  Le site a été découvert en 1910 et le centre de l'amas coquillier (39 m²) a été déclaré Site Historique Préfectoral en 1957. L'ancienne municipalité de Nanno* a acheté les terrains qui se situent autour de l'amas coquillier et a mené des campagnes de fouilles en 1996 et 1997 pour confirmer l'étendue du site (environ 500 m²). L'année dernière, un espace de 3832 m² a été classé Site Historique Municipal. C'est ce terrain qui a accédé au titre de Site Historique Préfectoral cette semaine.


 


* La municipalité de Nanno a disparu en 2005 au cours d'un de ces remaniements administratifs dont le Japon raffole. Plusieurs municipalités adjacentes ont été regroupées pour former la ville de Kaizu.

berangere: (tateana)
  Voilà que j'ouvre une section "petites annonces", maintenant...
  La ville de Fukushima recherche des volontaires pour accueillir le public sur son parc historique 「Jo-mopia Miyahata」.
Jo-mopia, contraction hasardeuse de Jōmon et utopia est un parc archéologique situé à l'emplacement du site de Miyahata (qui a été fouillé avant l'installation du parc, bien entendu).


(oui, ils n'ont pas fait les choses à moitié)

  La parc comporte donc, si on en croit le schéma,
[1] une forêt jōmon (縄文の森)
[2] un village jōmon (縄文のむら*)
[3] une pelouse (芝生広場)
[4] des fleurs le long des chemins du parc (園路沿いの花)
[5] un marais (湿地)
[6] une zone multi-activités (多目的広場) (en haut à droite là où il y a le gros point avec un trait qui part vers l'extérieur du dessin)
[7] une station d'accueil (ガイダンス)

  La ville recherche des hommes et des femmes âgés de plus de 18 ans avec un intérêt pour l'histoire. Les candidatures sont à adresser par courrier ou par fax à la section culturelle du Comité d'Éducation de la ville de Fukushima avant le 28 février. La formation commence en mars, et les activités en mai.
 

 

Mainichi )

 




*pour une raison inconnue, 「mura」 (village) est très souvent écrit en hiragana ou en katakana (むら ou ムラ) dans les parcs archéologiques alors que le kanji (村) fait partie de ceux qu'on apprend en première année d'école primaire...
** je rappelle que les os sont rarement conservés sur les sites japonais.

berangere: (métal)
  Dans une tombe en jarre du début du Yayoi Moyen (IIè siècle avant) sur le site de Kishida (ville de Fukuoka, Sawara-ku, Sawara 4), on a retrouvé la plus vieille décoration de poignée en bronze d'une épée en bronze jamais découverte au Japon.
  Le pommeau mesure 5 centimètres de haut pour 7,5 centimètres de large et il a été trouvé avec une épée en bronze et une hallebarde en bronze.




  Le site présente également quatre autres tombes datées du début à la deuxième moitié du Yayoi Moyen (jusqu'au Ier siècle, après), qui contenaient en tout trois épées en bronze, une hallebarde et dix magatama*

  Le site de Kishida est situé à proximité de celui de Yoshitaketakagi, qui comporte la plus ancienne tombe dite "royale" de l'archipel et Nishitani Tadashi, directeur du Musée de l'Histoire de Kyūshū (ville de Ogoori, préfecture de Fukuoka) pense qu'il s'agit là de tombes de personnages importants en relation directe avec le site de Yoshitaketakagi, qui représentent des données importantes pour mettre en évidence la structure de la société yayoi dans la région.

source : yomiuri )

 




*perles en forme de griffe produites sur l'archipel du Jōmon à... aujourd'hui.

berangere: (anthropo fun)
  Les fouilles du site de Odake sont enfin terminées.
Petit récapitulatif : Odake, amas coquillier du Jomon Ancien occupé entre 4000 et 3500 BCE, Kureha-machi Nord, ville de Toyama, préfecture de Toyama, habitat (d'où les coquilles, oui, forcément) accompagné d'un cimetière.

  Le décompte final pour les sépulture est de 71 corps ! Dont 2 immatures ! + 4 vaisselles qui ont probablement contenu des corps de périnatals.
L'espace funéraire est situé dans l'est de l'amas coquillier, les corps sont regroupés dans un cimetière d'environ 400 m².
44 des corps avaient les membres inférieurs fléchis (屈葬) et dans 10 des tombes le défunt tient dans ses bras une pierre, dont la taille varie de celle d'un poing à celle d'un crâne (抱石葬, car oui, les japonais ont un nom spécifique pour ce type de tombes).


Sépultures d'adultes dont un tient une pierre


Un immature


  Le cimetière contenait également 11 corps de chiens, ce qui fait de Odake le site du Japon où les associations entre des sépultures humaines et des sépultures canines sont les plus fréquentes.
Yamada Yasuhiro, professeur d'archéologie à l'Université de Shimane, y voit une preuve de la domestication du chien : s'il s'agissait de victimes de sacrifices rituels, il est probable que les chiens auraient été enterrés ailleurs ; il s'agit donc de chiens de chasse.
Sauf bien sûr si le sacrifice rituel avait un quelconque rapport avec le rite funéraire, dans ce cas là, pourquoi ne pas les enterrer dans le cimetière ? non ? Ah, l'éternelle question de la pensée qui sous-tend le geste...

  S'il s'agit de chiens de chasse, leur présence renseigne également sur l'importance (démographique) du village. En effet, avec l'adoption d'un système de chasse passive basé sur les fosses-pièges, l'utilité des chiens baisse. Si le pourcentage de personnes élevant un chien baisse, un grand nombre de chiens implique un très grand nombre de personnes.
Je n'y aurais pas pensé, mais c'est un raisonnement assez logique. Mais qui se base sur l'utilisation moderne que nous faisons des chiens dans la chasse. À l'état sauvage, le loup chasse en meute et poursuit sa proie, comportement qui serait tout à fait exploitable pour rabattre le gibier vers les pièges, comme il semble que ça ait été le cas dans la plupart des sites de chasse où les pièges sont disposés en un réseau serré, qui trompera l'animal qui fuit devant un prédateur, mais sera probablement évité par l'animal dans les autres cas : juste creuser le piège et attendre qu'un cerf maladroit tombe dedans, ce n'est plus de la chasse passive, c'est un optimisme démesuré.


  Dans un autre registre, mais tout aussi intéressant, le site a livré la première pirogue monoxyle jōmon de la préfecture de Toyama, d'une longueur de 2,6 m pour une largeur de 40 cm.


Cherchez la pirogue monoxyle dans ce tas de bois ? (je cherche une
meilleure photo) (ou au moins une avec une flèche indiquant où elle est...)

(si ça se trouve, elle n'est même pas dans ce tas de bois là)

  On a également trouvé des vaisselles en bois (qui portent des traces permettant de retracer les différentes étapes de production), qui laissent penser qu'il devait y avoir une spécialisation d'une partie de la population dans leur fabrication, et qu'elles étaient peut-être l'objet d'une exportation vers l'extérieur du village.
  La vaisselle en céramique, quant à elle, dénote d'une influence à la fois des vaisselles du Kansai et de celles du Kantō.

  Un cimetière important, des tombes de chiens, un amas coquillier énorme sur la côte de la Mer du Japon où ils sont généralement de taille modeste, une spécialisation d'une partie de la population, possibilité de commerce, influences de régions diverses et variées... je sens venir la publication qui présente le site comme exceptionnel et grandiose. Avec des mots comme 「centre économique」, 「plate-forme commerciale」 et 「carrefour culturel」. Vont-ils aller jusqu'à abandonner le projet immobilier pour faire un parc archéologique ?


 

La source (yomiuri) )

 

English translation )

Profile

berangere: (Default)
bérangère

Custom Text

Syndicate

RSS Atom

February 2016

S M T W T F S
 123456
78910111213
1415 1617181920
21222324252627
2829     

Tags

Style Credit

Expand Cut Tags

No cut tags