berangere: (Default)


carte gnrale  Ce prétendu site d'actualités est en passe de devenir semestriel… Pour pallier ce dysfonctionnement flagrant, et dans le cadre de notre nouvelle série "L'archéologie d'Okinawa existe, parlez-en à vos amis (ce n'est pas sale)", j'aimerais attirer votre attention sur l'amas coquillier de Nagarabaru daisan.

   Nagarabaru daisan (ナガラ原第三, littéralement "Nagarabaru III") est un amas coquillier situé sur la côte sud de l'île d'Ie (Kawahira, Village de Ie, Préfecture d'Okinawa), environ à deux kilomètres du port d'Ie, dans une zone qui va prochainement être réaménagée pour contrer la pollution maritime due à l'érosion des terres agricoles.

Une récente campagne de fouilles par le Comité d'Éducation d'Ie, débutée en juillet et qui a duré jusqu'à la fin du mois dernier, a permis de dégager quatorze (14) foyers du Jōmon Récent qui ont été utilisés successivement sur une période d'environ mille (1000) ans (2000 – 1000 BCE), associés à une structure en creux avec pavement de pierres qui est interprétée comme une habitation semi-enterrée.

La zone de fouilles mesure 13 par 36 mètres et les vestiges jōmons ont été mis au jour à une profondeur variant entre 2 et 3 mètres en dessous du sol actuel.

Les foyers, situés autour de l'habitation et dans la zone orientale, présentent des aménagements de pierres pour maintenir les pots à cuire. Le village d'Ie compte d'autres sites qui ont livré des habitations semi-enterrées, mais il s'agit de la première fois que l'on trouve un site présentant autant de vestiges d'une activité domestique dans la préfecture pour cette période. Nagarabaru daisan était probablement un habitat permanent, ce qui  argue en faveur de la sédentarité des populations (la question de la sédentarité des populations jōmons sur Okinawa n'est pas encore parfaitement tranchée).

photo gnrale du site  Les vestiges jōmons ont été trouvés en association avec de la céramique Ogidō, ce qui a permis de les attribuer au Jōmon Récent. Le mobilier jōmon comporte également des éléments de parure en coquillage, du mobilier en matières dures animales (os de mammifères marins) et des épines d'oursin gravées, dont la fonction reste pour le moins obscure. Comparé aux autres sites de la même période, le mobilier lithique est limité, ce qui contraste avec l'abondant mobilier en coquillage. Il peut s'agir d'une adaptation de la culture matérielle au fait que l'habitat était situé en bord de mer, ou bien à l'absence de matières premières dans un environnement insulaire.

  

Le site comprend également un petit amas coquillier du Yayoi Récent et les restes de trois (3) individus (deux adultes et un immature) datés du Paléolithique (antérieur à 8000 – 7000 BCE, aucun mobilier n'a été trouvé en association pour confirmer cette datation).

L'amas coquillier yayoi a livré de la céramique yayoi et des concentrations d'imogai (Conidae) caractéristiques de cette période où ces coquillages étaient l'objet d'un commerce intense avec les lointaines îles de l'archipel japonais.

Le mobilier jomon






























 Mobilier jōmon. Les tessons sont de type Ogidō, la pièce de mobilier en bas à droite est en
os de mammifère marin et est décrit comme un kanzashi (pic à cheveux).
Jōmon artefacts. The sherds are from Ogidō pottery, the artefact in the down right corner is made
in sea mammal bones and is described as a kanzashi (hair ornament).
 

 

 

 

berangere: (anthropo fun)
Carte et photos seront uploadées plus tard.

   Il est grand temps de commencer à parler un peu d'Okinawa. Malgré une activité archéologique assez importante, surtout compte tenu de la taille de l'île, la presse n'est pas terriblement prodigue en actualités. Mais ça ne peut pas faire de mal de parler de découvertes qui datent un peu, après tout, ceci est un site sur l'archéologie, nous sommes quelque part spécialisés dans les choses qui datent un peu. J'ai choisi un site avec des os jōmons*, parce que, c'est évident, tout le monde a envie de lire un article sur des os jōmons.

   Le site de Bugeidō (武芸洞遺跡, Teruda utaki baru, Maekawa-aza, Tamagusuku-ōaza**, ville de Nanjō et donc, préfecture d'Okinawa) est situé dans une grotte mesurant 25 m (Est-Ouest) par 30 m (Nord-Sud) et 4 m de haut au maximum. La grotte a deux accès, un à l'est et un à l'ouest et est située à proximité de plusieurs autres sites dont le plus célèbre est la fissure de Minatogawa dans laquelle on a retrouvé les restes d'hommes fossiles logiquement nommés "Hommes de Minatogawa" (ce sujet ne sera probablement jamais traîté sur ce site, compte tenu de l'âge des vestiges).
   Le site de Bugeidō a été l'objet de plusieurs campagnes de fouilles (toujours sur des secteurs très limités de quelques mètres carrés) entre 2007 et 2009.
   Il est (relativement) célèbre car il a été le premier site du Sud d'Okinawa dans lequel on a trouvé une unité stratigraphique contenant des tessons de vaisselle tsumegatamon, datée du Jōmon Ancien vers 4.000 BCE. Il comporte également les vestiges d'un foyer associé à de la vaisselle omonawazentei du Jōmon Moyen (2500-2000 BCE) et une sépulture avec coffrage en pierre associée à des tessons de vaisselle uzahama et nakabaru du Jōmon Final (500 BCE).

   Une centaine de tessons tsumegatamon ont été trouvés en relation avec plus de trois cents (300) fragments d'os d'animaux brûlés et divers éléments de mobilier lithique dont une hache avec le tranchant poli.

   Dans une autre zone de la grotte, les fouilles ont révélé la présence d'une sépulture avec coffrage en pierre. La sépulture tire partie du relief naturel de la grotte, qu'elle complète avec des blocs de calcaires afin de créer un coffrage complet de 240 x 115 cm. Elle était fermée grossièrement par des pierres de couverture plates et recouverte de terre.
   Le corps était déposé dans le coffrage en décubitus ventral***, la tête vers le Nord-Est, légèrement tournée vers la droite. Le squelette est parfaitement conservé malgré une notable dispersion des os des mains et des pieds. Il s'agit d'un homme d'une quarantaine d'années.
  Le mobilier funéraire (car il y en a) comporte un tridacnide (Tridacnidae) posé sur le corps à hauteur de la poitrine, un cellana mazatlandica percé d'un trou juste en dessous des cervicales et un autre près du pied gauche. Enfin, douze (12) perles qui constituaient probablement un bracelet ont été retrouvées autour de l'ulna et du radius gauche. Il s'agissait alors de la première découverte d'un bracelet de perles en place.
   Il semblerait que la sépulture ait été fermée une première fois, puis rouverte pour déposer des éléments du mobilier funéraire, ce qui expliquerait la dislocation des os des pieds et des mains, aux articulations particulièrement labiles
  À noter qu'en plus du squelette complet, la sépulture contenait aussi les restes épars et fragmentaires de deux autres. Il semble donc que le même coffrage ait été utilisé successivement pour plusieurs inhumations.

   Il existe d'autres exemples de sépultures dans des coffrages de pierres sur Okinawa : sur le site de Momenbaru (Toguchi, village de Yomitan), dans l'amas coquiller de Nakakawabaru (Tokeshi, village de Yomitan), sur le site de Ōkubobaru (Tokeshi, village de Yomitan), sur le site de Azamabaru (Mashiki, ville de Ginowan) ou sur le site de Kanikubaru (Ujidomari, ville de Ginowan). Il s'agit essentiellement de sites de bord de mer. La sépulture avec coffrage de pierres découverte à Bugeidō est la première à l'être en contexte troglodyte.

Source: 山崎真治 藤田祐樹 西秋良宏 2009 平成19・20年度南城武芸洞遺跡発掘調査の概要, 沖縄県立博物館美術館紀要 2: 5-18.

* la terminologie de la chronologie pour les périodes préhistoriques dans l'archipel des Ryūkyū sera probablement abordée plus tard sur ce site. Vraisemblablement à plusieurs reprises. Très certainement dans des articles rangés sous le tag "je râle".
** je me rends compte qu'il va également falloir un article sur les terminologies géographiques propres à Okinawa, qui n'aura peut-être pas droit au tag "je râle". Peut-être.
*** oui, ceci est un oxymore.



English translation )
berangere: (yajiri)
Photos et cartes seront uploadées plus tard.

   Le site de Hiraoka (平岡遺跡, Ikeda, ville de Toyama, préfecture de Toyama) est formidable. Et je ne prétends pas ça uniquement parce que j'ai participé aux fouilles.
   Hiraoka est un site du Jōmon Ancien (4000 – 3500 BCE) situé sur la partie sud de la colline de Kureha, colline qui a déjà fait l'objet de fouilles archéologiques puisque le désormais très célèbre amas coquillier de Odake (en bref : Jōmon Ancien, 71 corps, site de l'année 2010) est situé dans sa partie nord. Le site de Hiraoka a été fouillé de juin à novembre 2012 avant des travaux pour la construction d'une route départementale. Le chantier s'étendait sur 125 m du nord au sud et 18 m d'est en ouest, soit 2250 m².
   La campagne de fouilles a permis de dégager quatorze (14) habitations semi-enterrées, environ soixante-dix structures identifiées comme des tombes et une foultitude de fosses, silos et trous de poteaux, le tout correspondant aux vestiges d'un village annulaire d'environ 100 m de diamètre. Comme quoi, je n'exagérais pas l'importance du site dans mon introduction ! Il s'agit du deuxième site de la préfecture en nombre d'habitation pour le Jōmon Ancien, le premier étant Yoshimine (吉峰遺跡, ville de Tateyama) avec vingt-deux (22) habitations.

   Il s'agit donc d'un habitat annulaire avec les tombes regroupées au centre dans une aire funéraire d'environ 65 m de diamètre, entourées par l'aire domestique comprenant les habitations. Les habitats annulaires du Jōmon Ancien sont rares dans la préfecture (disons qu'avec les sites de Yoshimine et Hikaoka, on en est maintenant à deux…) mais il en existe quelques uns pour le Jōmon Moyen comme Kitadai (北代遺跡, ville de Toyama) ou Hayatsukiuwano (早月上野遺跡, ville de Uozu), ce qui permet d'espérer quelques études comparatives sur l'évolution de ce type d'habitat dans la région dans un proche futur.
  Les tombes ne contiennent malheureusement pas d'os, mais une grande quantité de mobilier céramique et lithique. De simples fosses en pleine terre ont été identifiées comme des tombes d'adultes, alors que plusieurs vaisselles en céramique enterrées (umegame) pourraient être des tombes d'enfants.
   Les habitations mesurent environ 6 m de diamètre et comportent invariablement un silo d'environ 80 cm de profondeur. La plus grande d'entre elle atteint les 30 m², avec trois (3) silos associés et un foyer clairement identifiable au centre. Les foyers et silos ont souvent livré des restes carbonisés de fruits à écales.

   Les structures fouillées sont donc déjà grandioses, mais elles sont également accompagnées d'un mobilier incroyablement abondant ! Environ trois cents (300) caisses de tessons de céramique du Jōmon Ancien, des haches et des houes en pierre, dont certaines tellement minuscules que *même moi* j'ai pensé le mot "rituel" (pas très fort) (pas longtemps) (et en regardant ailleurs), des pierres à moudre, à concasser,des armatures de flèches magnifiques (oui, j'aime les armatures de flèches : quiconque avec deux mains gauches qui s'est jamais essayé à la taille du silex comprend instinctivement la beauté intrinsèque de ces toutes petites choses), des boucles d'oreilles innombrables et dans un état de conservation pratiquement parfait, des perles tubulaires sublimes, et des centaines d'esquilles qui prouvent un travail local de l'outillage lithique.
   La céramique est un mélange de vaisselles du type Moroiso, de l'Est du Japon, et du type Kitashirakawa, de l'Ouest du Japon, ce qui fait de Hiraoka un point de rencontre de deux cultures. Les liens du site avec l'extérieur sont également suggérés par la provenance des matières premières pour l'outillage lithique : si les boucles d'oreilles sont principalement fabriquées avec des pierres de la ville voisine de Asahi, celles utilisées pour les armatures de flèches et autres armes et outils proviennent des préfectures de Nagano et Gifu (d'accord, c'est pas comme si ils avaient traversé la moitié du Japon, mais y'avait pas de Shinkansen à l'époque. Et Toyama est entouré de montagnes du plus bel effet sur les photos et les engelures).

   Nan, en toute objectivité, ce site mérite le bérangère award du site de l'année 2012.

English Translation... )
berangere: (magatama)
  Sept perles en cristal ont été trouvées dans une tombe hōkeishūkōbo (tombe à tumulus entourée d'un fossé quadrangulaire) sur le site de Ōtaharatakasu (太田原高州遺跡, Ōta kamimachi, ville de Takamatsu, préfecture de Kagawa). Il s'agit des premières perles en cristal retrouvées sur Shikoku pour cette période.

   Le site de Ōtaharatakasu est fouillé depuis octobre 2011 dans le cadre de travaux réalisés sur une route préfectorale. Les unités stratigraphiques supérieures ont livré des tessons de céramique Sue de la civilisation Kofun, mais la plus grande partie des vestiges sont datés de la fin du Yayoi Moyen au début du Yayoi Récent entre le Ier siècle BCE et le Ier siècle CE. Le site comporte un grand nombre de fossés qui délimitent plusieurs hōkeishūkōbo (cinq jusqu'à présent). Les fossés mesurent environ 3 mètres de large pour 1 mètre de profondeur et ils sont remplis de pierres et de vaisselles en assez bon état. Il semblerait que les pierres étaient disposées comme parement sur la face interne des fossés. Les vases, en bon état et pour la plupart avec un trou à la base, étaient probablement des offrandes funéraires.
   On ne connaît pas d'autres tombes de ce type dans la préfecture de Kagawa pour cette période : elles sont plutôt caractéristiques du Kinki et, sur Shikoku, de la préfecture de Tokushima. Elles indiquent donc de probables contacts entre ces différentes régions.




Illustrations )

   Les perles en cristal retrouvées dans une des tombes reflètent probablement elles aussi les relations entre les différentes parties de l'archipel : on connaît en effet des ateliers de fabrication de mobilier en cristal dans la région de l'ancien Tango-no-kuni (dans le nord de la préfecture de Kyōto) ou la préfecture de Tottori, sur la côte de la Mer du Japon. Les perles de cristal étaient essentiellement exportées vers la péninsule coréenne, probablement échangées contre du mobilier métallique. Il est très rare d'en retrouver sur l'archipel en dehors des régions qui comportent des ateliers. Avant cette découverte à Kagawa, on en connaissais uniquement dans les préfectures de Fukuoka et de Okayama.
   Les perles trouvées à Ōtaharatakasu mesurent 7 mm de diamètre, elles sont en forme de toupies ou bien rondes, avec un trou de 1,5 mm en leur centre. Elles sont similaires à des perles produites dans l'atelier du site de Naguoka (ville de Kyōtango, préfecture de Kyōto). Ce site est situé à 180 km à vol d'oiseau, de l'autre côté de la Mer du Setouchi. Si les perles proviennent effectivement de cet atelier, cela fournira des indications précieuses sur les réseaux commerciaux dans l'archipel au yayoi Moyen.



   À noter que deux perles tubulaires en pierre verte ont également été retrouvées dans une autre tombe.



berangere: (kame)
  Bonne année 2012 ! Je vais tenter de rattraper le retard accumulé en fin d'année dernière... (et comme j'aime me compliquer la tâche, je bêta-teste le nouvel éditeur de texte de Dreamwidth dans lequel il faut écrire tout l'html soi-même... yeah)

   À la fin du mois de novembre dernier, la ville de Kurume a annoncé la découverte de dix-sept habitations et d'un fossé double du Yayoi Récent (IIè - IIIè siècle CE) sur le site de Mizuwake (水分遺跡, préfecture de Fukuoka, ville de Kurume, quartier de Tanushimaru).
   L'habitat à enceinte de Mizuwake est fouillé depuis novembre 2010 avant la construction d'une bretelle d'autoroute et la dernière campagne a couvert une surface de 3.000 m².

  Le fossé circulaire double est daté de la deuxième moitié du Yayoi Récent et du Yayoi Final. Il mesure 2,6 m de large et 60 cm de profondeur.
   La découverte majeure de cette campagne de fouilles concerne la présence de nombreuses traces de pigments rouges dans les habitations : on a retrouvé de l'ocre et du cinabre dans neuf des dix-sept habitations.
   L'ocre est relativement commun sur les sites préhistoriques japonais (et aussi sur les sites préhistoriques ailleurs dans le monde : l'ocre est super tendance à la Préhistoire) mais le cinabre est essentiellement réservée à la décoration d'objets de prestige et il est rare d'en trouver de telles quantités sur un même site.

   Dans une habitation, le pigment a été retrouvé dans deux coupelles qui sont en fait deux parties d'un pot kame qui a été coupé dans le sens vertical. Le pot original mesurait 39 cm de haut et 26 cm de large. Les cas de réutilisation de pots brisés ou de modification de pots après cuisson pour en changer la fonction sont plutôt rares.






   L'habitation mesure 5,8m de long pour 5m de large, elle est creusée dans le sol sur une profondeur de 60 cm. Un foyer, entouré d'une grande quantité de pots en céramique, occupe son centre. On a retrouvé dans cette habitation une perle magatama en verre, 238 perles rondes en verre, des pointes de flèche en fer, en cuivre et en os.

   Il existe de nombreux sites à intervalles réguliers le long de la rivière Chikugo, mais ce village semble être un habitat plus important : il est entouré d'un fossé double et pourrait être au centre d'un réseau commercial important pour obtenir et distribuer les pigments. Il abrite vraisemblablement un groupe d'artisans spécialisés dans l'utilisation des pigments.
   Il est également intéressant de noter la présence de flèches en cuivre et en os à une époque ou l'industrie du fer est pourtant enfin pleinement développée sur l'archipel : il semble que les ressources en fer soient insuffisantes pour répondre à la demande en flèches, probablement liée à l'essor des conflits armés.

Source )
berangere: (anthropo fun)
  En raison du sol volcanique, les os sont rarement conservés sur les sites japonais. On les trouve presqu'exclusivement dans les amas coquilliers formés autour des habitats, essentiellement sur la côte pacifique de l'archipel. Les amas coquilliers sont beaucoup plus rares de l'autre côté, vers la Mer du Japon (mais ils existent, hello, Odake), nous avons donc peu d'ossements humains pour toute cette zone.
  Voila pourquoi le site de Sotomeyachi (五月女萢遺跡, préfecture d'Aomori, Goshogawara-shi) est assez exceptionnel : il a livré des sépultures contenant des os, et il n'est même pas un amas coquillier ! Bon, il est tellement près de la mer que des coquillages se sont mélangés au sable du sol pour former un milieu beaucoup moins acide, et beaucoup plus propice à la conservation des os et autres matières dures animales.

  Le site comporte 103 fosses, dont 80 sont probablement des tombes (on espère trouver d'autres ossements à l'avenir). Il est daté du Jōmon Récent et du Jōmon Final (occupation de 1000 à 300 BCE).
  Les ossements ont été retrouvés dans trois fosses : l'une d'elle contenait un adulte complet, dont le crâne montre des extractions volontaires de dents, une autre contenait le crâne d'un enfant d'une dizaine d'années et une troisième un adulte incomplet. Une autre fosse a livré des dents associées à un instrument en jade et des traces d'ocre : il s'agit probablement d'une sépulture avec mobilier funéraire.
En dehors de ces éléments funéraires, on a également retrouvé la trace d'une voie de circulation, des fragments de dogūs (figurines en terre cuite), de sekibōs (sceptres en pierre), des tessons de vaisselles en céramique, jetés dans ce qui semble être un dépotoir.

  Malgré la taille réduite de la collection, au vu du manque de données ostéologiques pour cette région, il s'agit d'une découverte importante et des analyses ADN sont prévues. Chaque squelette permettra un jour d'avoir une vision plus précise des populations jōmons.

Illustrations et sources )
berangere: (dogu)

   Une gangū, c'est comme une dogū, mais en pierre.

土偶 dogū : figurine en céramique
          土 = terre ; 偶 = de forme humaine (mais le terme est utilisé pour toute les figurines, mêmes animales)
          pour les exemples concrets, voir le tag consacré : dogus
岩偶 gangū : figurine en pierre
          岩 = pierre ; 偶 = de forme humaine.

   Fermons ici cette annexe de 「l'idiotisme japonais inutile du jour」 et revenons-en à l'actualité archéologique.

   Le Centre pour les Propriétés Culturelles Enterrées de Hokkaidō a annoncé la découverte sur le site de Tatesaki (館崎遺跡, Hokkaidō, district de Matsumae, ville de Fukushima) d'une gangū de la deuxième moitié du Jōmon Ancien (vers 3.000 BCE).







   Pour une fois, l'image est assez grande pour mériter de figurer sous un cut : par ici )

  La photo provient du pdf de présentation des fouilles du Centre pour les Propriétés Culturelles Enterrées de Hokkaidō pour cette année.
La tablette a été retrouvée en trois morceaux, la partie où figurait la tête a disparu. Le corps humain est figuré par des lignes gravées dans la pierre. Les membres ont été volontairement omis, signalant une représentation abstraite de l'être humain.
   Cette gangū mesure 37 centimètres de haut, 29 centimètres de large et environ 2 centimètres d'épaisseur, ce qui en fait probablement l'une des plus grande de l'archipel. Elle est en tuf volcanique (comme les Moais de l'île de Pâques. Merci de ne pas conclure à un lien entre les deux civilisations).
   Des gangūs sont retrouvées un peu partout sur l'archipel, mais en quantités beaucoup moins importantes que les dogūs. Elles sont produites à partie du Jōmon Ancien. Celle-ci a été trouvée dans la terre qui comblait une habitation semi-enterrée à la fin du mois d'août.

berangere: (toro)
  En très bref, même, juste pour garder une trace.
   Le site de Nikenzaike Harada (二軒在家原田遺跡, préfecture de Gunma, ville de Annaka, quartier de Matsuida) appartient au groupement de sites archéologiques de Nishiyokono Matsuyoshi Chūbu (西横野松義中部遺跡群). Il s'agit d'un habitat avec des vestiges d'occupation du Jōmon Ancien au Jōmon Récent, puis pendant les périodes Kofun, Nara et Heian.
   Les fouilles jusqu'à présent ont permis de dégager plus de 70 habitations du Jōmon Ancien au Jōmon Récent, et il est probable que le site en recèle plus. Certaines de ces habitations sont de taille conséquente, mesurant de 6 à 8 mètres de côté. Le site a également livré de nombreux tessons de céramique Jūmen (獣面土器) et des boucles d'oreilles ketsujō (玦状耳飾).

  J'avais prévenu que ce serait bref. Mais 70 habitations, il est toujours possible que nous obtenions plus d'informations dans l'avenir.
  La source est tout aussi concise :

Tokyo Shinbun
安中市教委が発掘調査している松井田町の西横野松義中部遺跡群の「発掘調査現地説明会」が二十三日午前十時から正午まで開かれる。説明会は五回目。今回は二軒在家原田遺跡が対象。

 松井田町二軒在家地区の土地改良事業に伴い、縄文前期から後期の住居跡七十軒以上が発掘され、さらに増える見込みという。中には縦横が約八メート ルと約六メートルの大型住居跡もある。多数の獣面土器や〓(けつ)状耳飾りなども出土している。問い合わせは、市教委学習の森文化財係=電 027(382)7622=へ。 (樋口聡)

※〓は、決の左が王へん



berangere: (magatama)
  Décidément, le site de Odake (小竹貝塚, préfecture de Toyama, ville de Toyama, quartier de Kureha nord) n'a pas fini de nous émerveiller. Après avoir remporté le berangère award du site archéologique de l'année 2010, voici qu'il refait parler de lui grâce à l'analyse de son mobilier.
   Petit récapitulatif : Odake est un amas coquillier en forme de fer à cheval sur la baie de Toyama, formé au Jōmon Ancien entre 4.000 et 3.000 BCE. Malgré la proximité de la Mer du Japon, il est composé essentiellement de coquillages d'eau douce provenant de la rivière toute proche. On y a retrouvé 78 squelettes humains (et une pléthore d'os d'animaux, dont des squelettes de chiens ayant fait l'objet de sépultures), du mobilier en bois et en matières dures animales ; mon enthousiasme au sujet de ce site est détaillé dans les autres articles le concernant.

  Les fouilles se sont terminées en octobre de l'année dernière, mais le long travail d'analyse du mobilier et des données ne fait que commencer (Sans parler des squelettes. Ai-je mentionné qu'il y avait des squelettes ?). Le Centre pour les propriétés culturelles enterrées du Comité d'Éducation de la ville de Toyama a annoncé la découverte d'une cinquantaine de fragments de bracelets en coquillages. Il s'agit d'objets brisés et / ou en cours de fabrication : c'est la première fois que ce type de découverte est faite dans la région. Cela implique la fabrication de ces bracelets sur place. Ils sont façonnés dans de grands bivalves (Glycymeris albolineata, Scapharca Satowi et Scapharca Subcrenata), probablement apportés sur la plage toute proche lors des typhons. Ce type de bracelets est courant pendant la période Jōmon, mais ils sont particulièrement caractéristiques des sites de la baie de Sendai et des côtes de la Mer Intérieure. Dans la préfecture de Toyama, il en existe un exemplaire seulement, retrouvé dans la grotte de Ōzakai (ville de Himishi), occupée à partir du Jōmon Moyen. Ils sont simplement fabriqués en évidant l'intérieur de la coquille d'un grand bivalve afin de pouvoir y passer le bras.

  Comme nous n'avons pas encore de photos de ceux de Odake, j'illustre mon propos avec du mobilier de l'amas coquillier de Katsurashima, préfecture de Miyagi,  Jōmon Moyen, grand vainqueur de ma recherche google images:



  Certains fragments brisés en cours de production retrouvés à Odake ont été percés pour pouvoir servir de pendentifs.

  Une exposition présentant les différents coquillages et poissons retrouvés dans l'amas coquillier, qui inclura également ces fragments de bracelets, se tiendra au Toyama-shi Kitadai Jōmonkan du 21 août au 12 février 2012. on aura peut-être des photos après le 21.

Source )

 センターによると、破片などは海にいるベンケイガイやサトウガイなどの二枚貝で約五十点。縄文人は、海岸に打ち上げられた貝を持ち帰って貝輪を製作し、失敗した部分は穴を開けて首飾りにしたとみられ、おしゃれに装飾していた様子がうかがえるという。

 展示は、出土した貝殻を使って貝輪を作る過程の説明や、当時食べていたとされるサザエやオオタニシなど約百点。二十一日には展示解説会を開く。

 同センターは、貝塚に隣接する川の改修工事に合わせて二〇〇八年から土壌を調査。破片などは一〇年十月の調査の出土品から見つかった。

 問い合わせは北代縄文館=電076(436)3664=へ。 

berangere: (anthropo fun)
  Le service de presse du Centre pour la Protection des Propriétés Culturelles de la préfecture de Gifu boit. Ou alors il s'est dit "rhaaaaa, nous n'avons qu'un seul article sur ce formidable et merveilleux webjournal français qui parle d'archéologie japonaise, vite, publions une actualité".
   Je ne vois pas d'autre explication.

   Le Centre Préfectoral pour la Protection des Propriétés Culturelles à annoncé hier la découverte d'un groupe de tombes présentant des cercueils en bois sur le site de Arao Minami (荒尾南遺跡, préfecture de Gifu, ville de Ogaki, quartier de Arao).
   Mais ce blog en parle déjà dans un billet daté du 16 novembre dernier... Distorsion temporelle ? **

   Les cercueils ont été retrouvés à proximité du lit d'une ancienne rivière qui coulait à cet endroit du Jōmon Final au début du Kofun. La nature très humide du terrain a permis une bonne conservation des matériaux périssables. Le groupe comporte neuf tombes, mais deux des cercueils seulement ont été conservés dans leur intégralité.
  Il s'agit de cercueils faits de planches de bois assemblées(組み合わせ式箱形木棺) : ils ont tous une planche au sol et une planche sur chaque côté. Deux des cercueils présentent de petites planches à la tête et aux pieds, un cercueil n'a qu'une seule de ces planches, et on n'en a retrouvé que des traces dans les six autres cas.

La suite, des illustrations et une source )
berangere: (magatama)
  Le site de Nagatake (長竹遺跡, préfecture de Saitama, ville de Kazo, Ōgoe) est fouillé depuis mai 2010 dans le cadre de travaux pour le renforcement des rives de la rivière Tone. Il comporte, sur 3.300 m², des occupations de la période contemporaine (Edo-Muromachi) au Jōmon Initial (7000 BCE).
  L'occupation du Jōmon Récent et Final est très importante : il n'a pas été fouillé dans sa totalité, mais il s'agit peut-être du plus grand site de la préfecture, tant en surface qu'en densité de mobilier.
  Cette semaine, l'Agence de Recherche pour les Propriétés Culturelles Enterrées de la préfecture a annoncé la découverte d'une boucle d'oreille en argile ajourée, avec un motif compliqué de tourbillon. La boucle d'oreille a un diamètre de 8 centimètres environ, et une épaisseur de 1 à 2 millimètres. Il s'agit de la première fois que l'on découvre une boucle d'oreille aussi ouvragée dans la région, et l'argile, très claire, rarement utilisée dans la préfecture, laisse penser qu'il pourrait s'agir d'une importation.

   Dans la préfecture de Saitama, l'amas coquillier de Shimpukuji (ville de Saitame, quartier de Iwatsuki) a livré un très grand nombre de fragments de boucles d'oreilles, mais dont le diamètre ne dépassait pas 4,5 centimètres. Cependant, on a également retrouvé sur ce site une dogū de forme humaine qui porte de très grandes boucles d'oreilles.
  Dans tout le pays, trois sites seulement comportent des boucles d'oreilles qui ont été classées 「Importantes Propriétés Culturelles」 :
- le site de Shimofuda (préfecture de Tōkyō, ville de Chōfu) : une boucle d'un diamètre de 9,8 centimètres, avec des motifs de pétales de fleurs.
- le site de Ueno-Chiamigaito (préfecture de Gunma, ville de Kiryū) : plus de 170 boucles d'oreilles, dont une avec des motifs de pétales de fleurs.
- le site de Kayano (préfecture de Gunma, village de Shinto) : plus de 557 boucles d'oreilles dont une ajourée, de 7,7 centimètres de diamètre. Certaines des boucles d'oreilles retrouvées sur ce site sont d'une couleur comparable à celles de Nagatake.






Quelques precisions, une autre image, une carte et la source )
berangere: (Default)
  L'amas coquillier de Hobi (保美貝塚)(préfecture de Aichi, ville de Tahara) est célèbre car il comporte des sépultures collectives, et que ce n'est pas une pratique funéraire très courante au Jōmon, où la mode est plutôt à l'inhumation individuelle en pleine terre avec les membres inférieurs repliés. Ou éventuellement à l'inhumation (primaire ou secondaire) en jarre.
  En fait, Hobi comprend :
- deux sépultures collectives, l'une sur la zone 1 et l'autre sur la zone B (respectivement avec un NMI* de 14 et de 6, c'est pas non plus la Chaussée-Tirancourt**),
- 31 sépultures primaires individuelles,
- un mobilier riche avec des dogūs, des outils en pierre, en matières dures animales...

  Les fouilles qui ont permis de mettre au jour ces sépultures datent des années 1960, mais une nouvelle campagne de fouilles est en cours ; elle a commencé le 19 février et prendra fin le 18 mars. Elle est menée par une équipe de 20 chercheurs d'universités différentes (Université de Tōkyō, Université de Kyōto, Université de Nagoya...), archéologues ou anthropologues, sous la coordination de Yamada Yasuhiro, professeur à l'Université de Shimane.
  L'endroit fouillé se situe dans la zone "B", où on a déjà trouvé une sépulture collective précédemment. Le périmètre de fouilles mesure 4 mètres du nord au sud sur 6 mètres d'est en ouest. Dans la partie sud-ouest de cette zone, à une vingtaine de centimètres sous la surface du sol, on a trouvé une banjōshūkotsusō, à proximité immédiate d'une autre sépulture collective et d'une sépulture en jarre. La jarre contenait de nombreux os humains brûlés.
  Les trois sépultures ont été trouvées dans la même unité stratigraphiques et appartiennent probablement à la même période, datée par la typologie céramique du début du Jōmon Final vers 1000 BCE. C'est la première fois que l'on trouve ce type d'association de pratiques funéraires pour cette période.
  À noter qu'à 2 mètres environ au nord-est, on a également trouvé une sépulture individuelle primaire, avec les membres inférieurs repliés. Le mobilier funéraire comprenait une parure de hanches en os de cerfs et une épée en pierre.
  Le mobilier de la zone fouillée quant à lui comportait des pointes de flèches en pierre, des os de sangliers et des haches polies.

  La dernière découverte d'une banjōshūkotsusō remonte à 1984. C'était celle de l'amas coquillier de Ikawazu, dans la même ville. Avec cette découverte, le nombre de banjōshūkotsusōs sur l'archipel passe à onze (11). Toutes ces sépultures ont été trouvées dans la région de Mikawa (préfecture de Aichi).
  Le ministère de l'Éducation, de la Culture, des Sciences (...) va financer des recherches sur trois ans à compter de cette année pour analyser les restes humains récoltés au cours de cette campagne pour déterminer la période à laquelle les os ont été enterré et les opérations qu'ils ont subi, l'âge au décès des individus inhumés, leur sexe, les éventuelles relations familiales, leur régime alimentaire...
  Des fouilles sur une aire plus importante sont également prévues pour cet été.


*NMI : Nombre Minimum d'Individus. Par exemple si on a 4 humérus droits, 4 tibias droits et 6 tibias gauches, on est sûrs qu'il y avait au moins 6 individus au départ. Au moins. Il peut y en avoir eu plus, les 4 humérus n'appartiennent pas forcément aux mêmes types que les 4 tibias. Mais on ne le sait pas, donc on table sur 6.
** qui doit facilement atteindre les 400 individus.

La source )

berangere: (toro)
  Le monopole kofun de l'actualité archéologique a enfin pris fin.

  L'Université de Keiō a l'intention de construire de nouveaux bâtiments sur son campus de Yagami (préfecture de Kanagawa, ville de Yokohama, quartier de Kohoku, Hiyoshi). Ce qui est bien, quand on est une Université avec un département d'archéologie, c'est qu'on peut fouiller soi-même. C'est ce qu'ils font depuis avril dernier.
  Les sondages laissent supposer que le site (nommé Yagamidai 矢上台遺跡) s'étend au moins sur 90.000m², mais les fouilles ont porté sur une zone de 1500 m² dans la zone méridionale du terrain prospecté. On y a retrouvé des occupations de la période de Nara (VIIIè siècle) au Yayoi Récent (Ier siècle) : 60 habitations semi-enterrées, dont 30 datées du Yayoi Récent. Si l'ensemble du site présente la même densité d'occupation, on peut s'attendre à un village de plus de 1000 habitations (1800 selon mes calculs très savants impliquant une règle de trois).
  C'est très grand pour la civilisation Yayoi, même à sa toute fin.

  Le site est situé sur un terrain en hauteur entre les rivières Tama et Tsurumi, à proximité de la baie de Tōkyō, facilement accessible par voie marine ou fluviale, ce qui en fait 「un endroit où il est facile de vire, à la fin du Yayoi, période à laquelle a vécu Himiko, et qui a vu un grand nombre d'hommes se regrouper」 (Andō Hiromichi, professeur associé en archéologie à l'Universite de Keiō).
  Les habitations traversent plusieurs unités stratigraphiques, montrent des traces de reconstructions et d'agrandissements, souvent sur plusieurs centaines d'années et 「nous permettent d'appréhender le processus de formation des très grands habitats. Ce genre de site est très rare dans le sud du Kant
ō」.
  Parmi ces habitations, une se distingue des autres par sa taille : 100 m², alors que la plupart des habitations varient de 10 à 20 m². 「On peut en déduire la présence probable d'une personne d'importance, ce qui indique que la stratification sociale avait déjà commencé」.
  En ce qui concerne le mobilier, en plus de la classique céramique yayoi, on note la présence de céramique Haji (céramique brun-rouge, non vernie et non décorée) et de céramique Sue (bleue-grise), ainsi que d'une bague en bronze.







La source : Kanaloco (journal local) )

berangere: (Default)
  On ne peut pas dire qu'il n'y ait pas d'actualités archéologiques, mais...
  Je ne sais pas, le fait d'avoir eu le droit de fouler pendant 3 heures le sol d'une supposée tombe impériale a peut-être relancé l'intérêt du public (des journalistes) pour la période kofun. Il n'y en a que pour elle :


(tous les articles précédés d'une étoile traitent de la période kofun)
(les deux articles sur le Yayoi parlent 1- de
l'expo sur les tokushu kidais de Kashihara ; 2- du classement du site de Kanzaki. La pointe de l'actualité, donc)


  Donc, en cette période creuse, voici la présentation du site de Egenoyama, que nous évoquions ici.



berangere: (toro)
  Suite à l'article sur Ba-ga Mori Kita Shamen, voici une brève présentation (car je n'ai pas trouvé grand chose) du site de Shiudeyama (紫雲出山遺跡).


  Tout comme Ba-ga Mori Kita Shamen, Shiudeyama est un établissement de hauteur sur l'île de Shikoku (préfecture de Kagawa, ville de Mitoyo, quartier de Takuma). Le site est occupé dès le début du Yayoi Moyen, prend de l'importance dans la deuxième moitié de cette période et est abandonné à sa fin.
  Shiude est une montagne ("yama" signifiant "montagne") qui culmine à 352 mètre au-dessus de la Hiuchinada, une partie de la Mer Intérieure située entre la péninsule de Shōnai (préfecture de Kagawa) et la péninsule de Takanawa (Préfecture de Ehime). Le site est installé à son sommet. Il a été découvert en 1947 au cours de travaux d'aménagements du point de vue au sommet de la montagne.

  Des fouilles ont été menées dès 1955 par Kobayashi Yukio.

  Comme c'est le cas à Ba-ga Mori Kita Shamen, le site de Shiudeyama présente à la fois des caractéristiques domestiques et militaires : les vestiges d'habitations, de greniers et de vaisselle en céramique sont accompagnés de nombreuses pointes de flèches et épées en pierre.
  Les pointes de flèches sont très grandes, caractéristique souvent considérée comme une preuve de leur utilisation dans un but militaire et non pour la chasse. Leur forme indique une influence de la région du Kinai.





 La suite par ici )

berangere: (métal)
  Dans une tombe en jarre du début du Yayoi Moyen (IIè siècle avant) sur le site de Kishida (ville de Fukuoka, Sawara-ku, Sawara 4), on a retrouvé la plus vieille décoration de poignée en bronze d'une épée en bronze jamais découverte au Japon.
  Le pommeau mesure 5 centimètres de haut pour 7,5 centimètres de large et il a été trouvé avec une épée en bronze et une hallebarde en bronze.




  Le site présente également quatre autres tombes datées du début à la deuxième moitié du Yayoi Moyen (jusqu'au Ier siècle, après), qui contenaient en tout trois épées en bronze, une hallebarde et dix magatama*

  Le site de Kishida est situé à proximité de celui de Yoshitaketakagi, qui comporte la plus ancienne tombe dite "royale" de l'archipel et Nishitani Tadashi, directeur du Musée de l'Histoire de Kyūshū (ville de Ogoori, préfecture de Fukuoka) pense qu'il s'agit là de tombes de personnages importants en relation directe avec le site de Yoshitaketakagi, qui représentent des données importantes pour mettre en évidence la structure de la société yayoi dans la région.

source : yomiuri )

 




*perles en forme de griffe produites sur l'archipel du Jōmon à... aujourd'hui.

berangere: (magatama)
  Le site de Matsuhara (ville de Tottori, préfecture de Tottori), daté du tout début du Yayoi Récent (100 CE environ) est l'objet d'une campagne de fouilles depuis le mois de juin dans le cadre de travaux d'aménagements sur une route nationale.
  Les fouilles ont concerné un funkyūbo (équivalent d'un tumulus qui fera sans doute l'objet d'un article dans la section 「idiotisme japonais inutile」) comportant quatre tombes à inhumation, situé au sud-ouest de l'étang de Koyama, sur une terrasse.

  Le tumulus est rectangulaire et mesure
13,5 mètres d'est en ouest et 12 mètres du nord au sud. Les quatre tombes se trouvaient au milieu du tumulus et contenaient chacune un collier de perles en verre, représentant un total de 521 perles d'un bleu vif : 17 magatamas (perles en forme de griffe), 45 perles tubulaires et 459 petites perles.
Il s'agit probablement de colliers ayant été utilisés du vivant de la personne inhumée (oho : quatre 副葬!)
  Le mobilier comprenait également un petit couteau et des pointes de flèches en fer.



  À cette époque (au début du Yayoi Récent), on ne connaît d'autres sites avec une telle abondance de perles en verre que dans le nord de l'île de Kyūshū. Les objets en verre deviendront courants dans la région à la fin du Yayoi Récent uniquement, soit 100 ans plus tard, avec le développement d'un centre de production à Tango (dans le nord de la ville de Kyōto).

  Watanabe Sadayuki, directeur du 「Musée de la forêt yayoi」 de Izumo (préfecture de Shimane) estime qu'il s'agit d'une découverte exceptionnellement incroyable, car il n'y a pas d'atelier de fabrication d'objets en verre sur l'archipel japonais au début du Yayoi Récent* : le fait de trouver des perles en verre sur l'île de Honshu prouve l'existence de personnes d'influence ayant des liens avec le continent dans l'est du San'in, entre l'île de Kyūshū et le Kinai, qui sont les deux grands centres de développement de l'époque.
Notez qu'il n'a pas prononcé le mot 「Yamatai」, mais je suis sûre qu'il l'a pensé !






* dans l'état actuel de nos connaissances





berangere: (métal)

  Tout est une question de référentiel, on finit toujours par en trouver un pour lequel notre site est le plus ancien quelque chose.


  Nishikyōgoku, ville de Kyōto, Ukyō-ku, daté du Yayoi Récent (deuxième moitié du Ier siècle au début du IIè)

  Le site a été fouillé par l'Établissement de recherches sur les propriétés culturelles enterrées de la ville de Kyōto. Il comprend huit habitations semi-enterrées, dont la plus ancienne comporte en son centre un foyer entouré de scories (d'une grosseur de l'ordre du millimètre).






  Dans la même habitation, autour du foyer, on a retrouvé 27 petites perles en verre et 6 petites perles en cristal de roche. Il est possible que le foyer ait servi à fabriquer des aiguilles pour percer les perles.

  L'industrie du fer arrive depuis la péninsule coréenne sur l'île de Kyūshū au Yayoi Moyen et on trouve des vestiges d'atelier datant de cette époque dans la préfecture de Fukuoka. Dans le Kinki, on connaît des ateliers de métallurgie sur l'île de Awaji (Hyōgo-ken), sur le site de Ikegamisone (Ōsaka-fu) et celui de Karako
Kagi (Nara-ken). Cela correspond à l'époque où de grands villages se développent dans les plaines du Kinki et où se met en place une structure sociale qui conduira à l'établissement du mythique royaume du Yamatai (dont on n'est pas sûrs qu'il ait existé) (et même s'il a existé on ne sait pas où il était) (à ne pas confondre avec le Yamato) (qui lui, existe) (probablement).

Quoi qu'il en soit et sans inclure les divagations sur la création du Yamatai, il n'en reste pas moins que le site est intéressant pour la compréhension de la diffusion de l'industrie du métal sur l'archipel, et c'est parfaitement suffisant en ce qui me concerne. Visiblement, cela suffit également à Morioka Hideto, responsable de recherches en charge des propriétés culturelles du Comité d'Éducation de la ville de Ashiya (Hyōgo-ken), qui commente la découverte en insistant sur le fait qu'elle permet de savoir que le travail du métal était pratiqué relativement tôt dans le centre du Kinki, et que les bouleversements sociaux qui aboutiront à la société de l'époque des Kofuns, dûs en grande partie à l'adoption de cette nouvelle technologie, avaient donc déjà commencé à se produire à cette époque.



 

La source )

berangere: (magatama)
Car oui, on peut faire un article de presse sur la découverte d'une perle, j'aime le Japon.

Une perle en jade a été découverte sur le site de Chōda (ville de Hikone, préfecture de Shiga), daté du Jōmon Moyen (2500 BCE).
La perle, de forme elliptique, mesure 4 centimètres de long pour 2,2 centimètres de largeet est percée en son centre d'un trou de 0,4 centimètre de diamètre.



La perle a été retrouvée à l'extérieur de l'habitat, dans une vaisselle en céramique.

Pourquoi un article sur ça ?
En fait, la région de production principale des artefacts en jade à l'époque est la préfecture de Niigata, et une perle identique à celle de Chōda a également été retrouvée dans la préfecture de Nara : cette découverte laisse entrevoir des réseaux commerciaux.



おっしまい (oui, une brève, c'est bref)

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