berangere: (anthropo fun)
Carte et photos seront uploadées plus tard.

   Il est grand temps de commencer à parler un peu d'Okinawa. Malgré une activité archéologique assez importante, surtout compte tenu de la taille de l'île, la presse n'est pas terriblement prodigue en actualités. Mais ça ne peut pas faire de mal de parler de découvertes qui datent un peu, après tout, ceci est un site sur l'archéologie, nous sommes quelque part spécialisés dans les choses qui datent un peu. J'ai choisi un site avec des os jōmons*, parce que, c'est évident, tout le monde a envie de lire un article sur des os jōmons.

   Le site de Bugeidō (武芸洞遺跡, Teruda utaki baru, Maekawa-aza, Tamagusuku-ōaza**, ville de Nanjō et donc, préfecture d'Okinawa) est situé dans une grotte mesurant 25 m (Est-Ouest) par 30 m (Nord-Sud) et 4 m de haut au maximum. La grotte a deux accès, un à l'est et un à l'ouest et est située à proximité de plusieurs autres sites dont le plus célèbre est la fissure de Minatogawa dans laquelle on a retrouvé les restes d'hommes fossiles logiquement nommés "Hommes de Minatogawa" (ce sujet ne sera probablement jamais traîté sur ce site, compte tenu de l'âge des vestiges).
   Le site de Bugeidō a été l'objet de plusieurs campagnes de fouilles (toujours sur des secteurs très limités de quelques mètres carrés) entre 2007 et 2009.
   Il est (relativement) célèbre car il a été le premier site du Sud d'Okinawa dans lequel on a trouvé une unité stratigraphique contenant des tessons de vaisselle tsumegatamon, datée du Jōmon Ancien vers 4.000 BCE. Il comporte également les vestiges d'un foyer associé à de la vaisselle omonawazentei du Jōmon Moyen (2500-2000 BCE) et une sépulture avec coffrage en pierre associée à des tessons de vaisselle uzahama et nakabaru du Jōmon Final (500 BCE).

   Une centaine de tessons tsumegatamon ont été trouvés en relation avec plus de trois cents (300) fragments d'os d'animaux brûlés et divers éléments de mobilier lithique dont une hache avec le tranchant poli.

   Dans une autre zone de la grotte, les fouilles ont révélé la présence d'une sépulture avec coffrage en pierre. La sépulture tire partie du relief naturel de la grotte, qu'elle complète avec des blocs de calcaires afin de créer un coffrage complet de 240 x 115 cm. Elle était fermée grossièrement par des pierres de couverture plates et recouverte de terre.
   Le corps était déposé dans le coffrage en décubitus ventral***, la tête vers le Nord-Est, légèrement tournée vers la droite. Le squelette est parfaitement conservé malgré une notable dispersion des os des mains et des pieds. Il s'agit d'un homme d'une quarantaine d'années.
  Le mobilier funéraire (car il y en a) comporte un tridacnide (Tridacnidae) posé sur le corps à hauteur de la poitrine, un cellana mazatlandica percé d'un trou juste en dessous des cervicales et un autre près du pied gauche. Enfin, douze (12) perles qui constituaient probablement un bracelet ont été retrouvées autour de l'ulna et du radius gauche. Il s'agissait alors de la première découverte d'un bracelet de perles en place.
   Il semblerait que la sépulture ait été fermée une première fois, puis rouverte pour déposer des éléments du mobilier funéraire, ce qui expliquerait la dislocation des os des pieds et des mains, aux articulations particulièrement labiles
  À noter qu'en plus du squelette complet, la sépulture contenait aussi les restes épars et fragmentaires de deux autres. Il semble donc que le même coffrage ait été utilisé successivement pour plusieurs inhumations.

   Il existe d'autres exemples de sépultures dans des coffrages de pierres sur Okinawa : sur le site de Momenbaru (Toguchi, village de Yomitan), dans l'amas coquiller de Nakakawabaru (Tokeshi, village de Yomitan), sur le site de Ōkubobaru (Tokeshi, village de Yomitan), sur le site de Azamabaru (Mashiki, ville de Ginowan) ou sur le site de Kanikubaru (Ujidomari, ville de Ginowan). Il s'agit essentiellement de sites de bord de mer. La sépulture avec coffrage de pierres découverte à Bugeidō est la première à l'être en contexte troglodyte.

Source: 山崎真治 藤田祐樹 西秋良宏 2009 平成19・20年度南城武芸洞遺跡発掘調査の概要, 沖縄県立博物館美術館紀要 2: 5-18.

* la terminologie de la chronologie pour les périodes préhistoriques dans l'archipel des Ryūkyū sera probablement abordée plus tard sur ce site. Vraisemblablement à plusieurs reprises. Très certainement dans des articles rangés sous le tag "je râle".
** je me rends compte qu'il va également falloir un article sur les terminologies géographiques propres à Okinawa, qui n'aura peut-être pas droit au tag "je râle". Peut-être.
*** oui, ceci est un oxymore.



English translation )
berangere: (yajiri)
Photos et cartes seront uploadées plus tard.

   Le site de Hiraoka (平岡遺跡, Ikeda, ville de Toyama, préfecture de Toyama) est formidable. Et je ne prétends pas ça uniquement parce que j'ai participé aux fouilles.
   Hiraoka est un site du Jōmon Ancien (4000 – 3500 BCE) situé sur la partie sud de la colline de Kureha, colline qui a déjà fait l'objet de fouilles archéologiques puisque le désormais très célèbre amas coquillier de Odake (en bref : Jōmon Ancien, 71 corps, site de l'année 2010) est situé dans sa partie nord. Le site de Hiraoka a été fouillé de juin à novembre 2012 avant des travaux pour la construction d'une route départementale. Le chantier s'étendait sur 125 m du nord au sud et 18 m d'est en ouest, soit 2250 m².
   La campagne de fouilles a permis de dégager quatorze (14) habitations semi-enterrées, environ soixante-dix structures identifiées comme des tombes et une foultitude de fosses, silos et trous de poteaux, le tout correspondant aux vestiges d'un village annulaire d'environ 100 m de diamètre. Comme quoi, je n'exagérais pas l'importance du site dans mon introduction ! Il s'agit du deuxième site de la préfecture en nombre d'habitation pour le Jōmon Ancien, le premier étant Yoshimine (吉峰遺跡, ville de Tateyama) avec vingt-deux (22) habitations.

   Il s'agit donc d'un habitat annulaire avec les tombes regroupées au centre dans une aire funéraire d'environ 65 m de diamètre, entourées par l'aire domestique comprenant les habitations. Les habitats annulaires du Jōmon Ancien sont rares dans la préfecture (disons qu'avec les sites de Yoshimine et Hikaoka, on en est maintenant à deux…) mais il en existe quelques uns pour le Jōmon Moyen comme Kitadai (北代遺跡, ville de Toyama) ou Hayatsukiuwano (早月上野遺跡, ville de Uozu), ce qui permet d'espérer quelques études comparatives sur l'évolution de ce type d'habitat dans la région dans un proche futur.
  Les tombes ne contiennent malheureusement pas d'os, mais une grande quantité de mobilier céramique et lithique. De simples fosses en pleine terre ont été identifiées comme des tombes d'adultes, alors que plusieurs vaisselles en céramique enterrées (umegame) pourraient être des tombes d'enfants.
   Les habitations mesurent environ 6 m de diamètre et comportent invariablement un silo d'environ 80 cm de profondeur. La plus grande d'entre elle atteint les 30 m², avec trois (3) silos associés et un foyer clairement identifiable au centre. Les foyers et silos ont souvent livré des restes carbonisés de fruits à écales.

   Les structures fouillées sont donc déjà grandioses, mais elles sont également accompagnées d'un mobilier incroyablement abondant ! Environ trois cents (300) caisses de tessons de céramique du Jōmon Ancien, des haches et des houes en pierre, dont certaines tellement minuscules que *même moi* j'ai pensé le mot "rituel" (pas très fort) (pas longtemps) (et en regardant ailleurs), des pierres à moudre, à concasser,des armatures de flèches magnifiques (oui, j'aime les armatures de flèches : quiconque avec deux mains gauches qui s'est jamais essayé à la taille du silex comprend instinctivement la beauté intrinsèque de ces toutes petites choses), des boucles d'oreilles innombrables et dans un état de conservation pratiquement parfait, des perles tubulaires sublimes, et des centaines d'esquilles qui prouvent un travail local de l'outillage lithique.
   La céramique est un mélange de vaisselles du type Moroiso, de l'Est du Japon, et du type Kitashirakawa, de l'Ouest du Japon, ce qui fait de Hiraoka un point de rencontre de deux cultures. Les liens du site avec l'extérieur sont également suggérés par la provenance des matières premières pour l'outillage lithique : si les boucles d'oreilles sont principalement fabriquées avec des pierres de la ville voisine de Asahi, celles utilisées pour les armatures de flèches et autres armes et outils proviennent des préfectures de Nagano et Gifu (d'accord, c'est pas comme si ils avaient traversé la moitié du Japon, mais y'avait pas de Shinkansen à l'époque. Et Toyama est entouré de montagnes du plus bel effet sur les photos et les engelures).

   Nan, en toute objectivité, ce site mérite le bérangère award du site de l'année 2012.

English Translation... )
berangere: (magatama)
  Sept perles en cristal ont été trouvées dans une tombe hōkeishūkōbo (tombe à tumulus entourée d'un fossé quadrangulaire) sur le site de Ōtaharatakasu (太田原高州遺跡, Ōta kamimachi, ville de Takamatsu, préfecture de Kagawa). Il s'agit des premières perles en cristal retrouvées sur Shikoku pour cette période.

   Le site de Ōtaharatakasu est fouillé depuis octobre 2011 dans le cadre de travaux réalisés sur une route préfectorale. Les unités stratigraphiques supérieures ont livré des tessons de céramique Sue de la civilisation Kofun, mais la plus grande partie des vestiges sont datés de la fin du Yayoi Moyen au début du Yayoi Récent entre le Ier siècle BCE et le Ier siècle CE. Le site comporte un grand nombre de fossés qui délimitent plusieurs hōkeishūkōbo (cinq jusqu'à présent). Les fossés mesurent environ 3 mètres de large pour 1 mètre de profondeur et ils sont remplis de pierres et de vaisselles en assez bon état. Il semblerait que les pierres étaient disposées comme parement sur la face interne des fossés. Les vases, en bon état et pour la plupart avec un trou à la base, étaient probablement des offrandes funéraires.
   On ne connaît pas d'autres tombes de ce type dans la préfecture de Kagawa pour cette période : elles sont plutôt caractéristiques du Kinki et, sur Shikoku, de la préfecture de Tokushima. Elles indiquent donc de probables contacts entre ces différentes régions.




Illustrations )

   Les perles en cristal retrouvées dans une des tombes reflètent probablement elles aussi les relations entre les différentes parties de l'archipel : on connaît en effet des ateliers de fabrication de mobilier en cristal dans la région de l'ancien Tango-no-kuni (dans le nord de la préfecture de Kyōto) ou la préfecture de Tottori, sur la côte de la Mer du Japon. Les perles de cristal étaient essentiellement exportées vers la péninsule coréenne, probablement échangées contre du mobilier métallique. Il est très rare d'en retrouver sur l'archipel en dehors des régions qui comportent des ateliers. Avant cette découverte à Kagawa, on en connaissais uniquement dans les préfectures de Fukuoka et de Okayama.
   Les perles trouvées à Ōtaharatakasu mesurent 7 mm de diamètre, elles sont en forme de toupies ou bien rondes, avec un trou de 1,5 mm en leur centre. Elles sont similaires à des perles produites dans l'atelier du site de Naguoka (ville de Kyōtango, préfecture de Kyōto). Ce site est situé à 180 km à vol d'oiseau, de l'autre côté de la Mer du Setouchi. Si les perles proviennent effectivement de cet atelier, cela fournira des indications précieuses sur les réseaux commerciaux dans l'archipel au yayoi Moyen.



   À noter que deux perles tubulaires en pierre verte ont également été retrouvées dans une autre tombe.



berangere: (kame)
  Bonne année 2012 ! Je vais tenter de rattraper le retard accumulé en fin d'année dernière... (et comme j'aime me compliquer la tâche, je bêta-teste le nouvel éditeur de texte de Dreamwidth dans lequel il faut écrire tout l'html soi-même... yeah)

   À la fin du mois de novembre dernier, la ville de Kurume a annoncé la découverte de dix-sept habitations et d'un fossé double du Yayoi Récent (IIè - IIIè siècle CE) sur le site de Mizuwake (水分遺跡, préfecture de Fukuoka, ville de Kurume, quartier de Tanushimaru).
   L'habitat à enceinte de Mizuwake est fouillé depuis novembre 2010 avant la construction d'une bretelle d'autoroute et la dernière campagne a couvert une surface de 3.000 m².

  Le fossé circulaire double est daté de la deuxième moitié du Yayoi Récent et du Yayoi Final. Il mesure 2,6 m de large et 60 cm de profondeur.
   La découverte majeure de cette campagne de fouilles concerne la présence de nombreuses traces de pigments rouges dans les habitations : on a retrouvé de l'ocre et du cinabre dans neuf des dix-sept habitations.
   L'ocre est relativement commun sur les sites préhistoriques japonais (et aussi sur les sites préhistoriques ailleurs dans le monde : l'ocre est super tendance à la Préhistoire) mais le cinabre est essentiellement réservée à la décoration d'objets de prestige et il est rare d'en trouver de telles quantités sur un même site.

   Dans une habitation, le pigment a été retrouvé dans deux coupelles qui sont en fait deux parties d'un pot kame qui a été coupé dans le sens vertical. Le pot original mesurait 39 cm de haut et 26 cm de large. Les cas de réutilisation de pots brisés ou de modification de pots après cuisson pour en changer la fonction sont plutôt rares.






   L'habitation mesure 5,8m de long pour 5m de large, elle est creusée dans le sol sur une profondeur de 60 cm. Un foyer, entouré d'une grande quantité de pots en céramique, occupe son centre. On a retrouvé dans cette habitation une perle magatama en verre, 238 perles rondes en verre, des pointes de flèche en fer, en cuivre et en os.

   Il existe de nombreux sites à intervalles réguliers le long de la rivière Chikugo, mais ce village semble être un habitat plus important : il est entouré d'un fossé double et pourrait être au centre d'un réseau commercial important pour obtenir et distribuer les pigments. Il abrite vraisemblablement un groupe d'artisans spécialisés dans l'utilisation des pigments.
   Il est également intéressant de noter la présence de flèches en cuivre et en os à une époque ou l'industrie du fer est pourtant enfin pleinement développée sur l'archipel : il semble que les ressources en fer soient insuffisantes pour répondre à la demande en flèches, probablement liée à l'essor des conflits armés.

Source )
berangere: (anthropo fun)
  Le service de presse du Centre pour la Protection des Propriétés Culturelles de la préfecture de Gifu boit. Ou alors il s'est dit "rhaaaaa, nous n'avons qu'un seul article sur ce formidable et merveilleux webjournal français qui parle d'archéologie japonaise, vite, publions une actualité".
   Je ne vois pas d'autre explication.

   Le Centre Préfectoral pour la Protection des Propriétés Culturelles à annoncé hier la découverte d'un groupe de tombes présentant des cercueils en bois sur le site de Arao Minami (荒尾南遺跡, préfecture de Gifu, ville de Ogaki, quartier de Arao).
   Mais ce blog en parle déjà dans un billet daté du 16 novembre dernier... Distorsion temporelle ? **

   Les cercueils ont été retrouvés à proximité du lit d'une ancienne rivière qui coulait à cet endroit du Jōmon Final au début du Kofun. La nature très humide du terrain a permis une bonne conservation des matériaux périssables. Le groupe comporte neuf tombes, mais deux des cercueils seulement ont été conservés dans leur intégralité.
  Il s'agit de cercueils faits de planches de bois assemblées(組み合わせ式箱形木棺) : ils ont tous une planche au sol et une planche sur chaque côté. Deux des cercueils présentent de petites planches à la tête et aux pieds, un cercueil n'a qu'une seule de ces planches, et on n'en a retrouvé que des traces dans les six autres cas.

La suite, des illustrations et une source )
berangere: (magatama)
  Le site de Nagatake (長竹遺跡, préfecture de Saitama, ville de Kazo, Ōgoe) est fouillé depuis mai 2010 dans le cadre de travaux pour le renforcement des rives de la rivière Tone. Il comporte, sur 3.300 m², des occupations de la période contemporaine (Edo-Muromachi) au Jōmon Initial (7000 BCE).
  L'occupation du Jōmon Récent et Final est très importante : il n'a pas été fouillé dans sa totalité, mais il s'agit peut-être du plus grand site de la préfecture, tant en surface qu'en densité de mobilier.
  Cette semaine, l'Agence de Recherche pour les Propriétés Culturelles Enterrées de la préfecture a annoncé la découverte d'une boucle d'oreille en argile ajourée, avec un motif compliqué de tourbillon. La boucle d'oreille a un diamètre de 8 centimètres environ, et une épaisseur de 1 à 2 millimètres. Il s'agit de la première fois que l'on découvre une boucle d'oreille aussi ouvragée dans la région, et l'argile, très claire, rarement utilisée dans la préfecture, laisse penser qu'il pourrait s'agir d'une importation.

   Dans la préfecture de Saitama, l'amas coquillier de Shimpukuji (ville de Saitame, quartier de Iwatsuki) a livré un très grand nombre de fragments de boucles d'oreilles, mais dont le diamètre ne dépassait pas 4,5 centimètres. Cependant, on a également retrouvé sur ce site une dogū de forme humaine qui porte de très grandes boucles d'oreilles.
  Dans tout le pays, trois sites seulement comportent des boucles d'oreilles qui ont été classées 「Importantes Propriétés Culturelles」 :
- le site de Shimofuda (préfecture de Tōkyō, ville de Chōfu) : une boucle d'un diamètre de 9,8 centimètres, avec des motifs de pétales de fleurs.
- le site de Ueno-Chiamigaito (préfecture de Gunma, ville de Kiryū) : plus de 170 boucles d'oreilles, dont une avec des motifs de pétales de fleurs.
- le site de Kayano (préfecture de Gunma, village de Shinto) : plus de 557 boucles d'oreilles dont une ajourée, de 7,7 centimètres de diamètre. Certaines des boucles d'oreilles retrouvées sur ce site sont d'une couleur comparable à celles de Nagatake.






Quelques precisions, une autre image, une carte et la source )
berangere: (Default)
  On ne peut pas dire qu'il n'y ait pas d'actualités archéologiques, mais...
  Je ne sais pas, le fait d'avoir eu le droit de fouler pendant 3 heures le sol d'une supposée tombe impériale a peut-être relancé l'intérêt du public (des journalistes) pour la période kofun. Il n'y en a que pour elle :


(tous les articles précédés d'une étoile traitent de la période kofun)
(les deux articles sur le Yayoi parlent 1- de
l'expo sur les tokushu kidais de Kashihara ; 2- du classement du site de Kanzaki. La pointe de l'actualité, donc)


  Donc, en cette période creuse, voici la présentation du site de Egenoyama, que nous évoquions ici.



berangere: (anthropo fun)
  Je voulais juste faire une brève sur le fait que le terrain autour de l'amas coquillier de Hazawa a été classé Site Historique Préfectoral, et ça a fini en article complet sur le site...

  L'amas coquillier de Hazawa (préfecture de Gifu, ville de Kaizu, quartier de Nanno) est un site d'habitat occupé de la fin du Jōmon Moyen jusqu'au Jōmon Final, mais ce sont les occupations du Jōmon Récent et Final qui ont fourni le plus de mobilier.
  Le site est exceptionnel car on connaît actuellement seulement deux amas coquilliers dans la préfecture de Gifu : celui-ci et celui de Niwada, situé à deux kilomètres au nord en remontant la rivière Ibi.

  Le site a été découvert en 1910 et le centre de l'amas coquillier (39 m²) a été déclaré Site Historique Préfectoral en 1957. L'ancienne municipalité de Nanno* a acheté les terrains qui se situent autour de l'amas coquillier et a mené des campagnes de fouilles en 1996 et 1997 pour confirmer l'étendue du site (environ 500 m²). L'année dernière, un espace de 3832 m² a été classé Site Historique Municipal. C'est ce terrain qui a accédé au titre de Site Historique Préfectoral cette semaine.


 


* La municipalité de Nanno a disparu en 2005 au cours d'un de ces remaniements administratifs dont le Japon raffole. Plusieurs municipalités adjacentes ont été regroupées pour former la ville de Kaizu.

berangere: (jomon doki)
  Les affaires reprennent.
  Le centre pour les propriétés culturelles enterrées de la préfecture de Tokushima a annoncé que le site de Fukase (ville de Anan, quartier de Fukase) présente une stratigraphie complète avec 5 niveaux d'occupation du Jōmon Ancien au Jōmon Final (plus une occupation du début du Yayoi au tout début du Kofun (300BCE - 200CE) et une occupation Heian - Kamakura (900 - 1200 CE) mais c'est accessoire).
  Les stratigraphies présentant des occupations de toutes les phases de la civilisation Jōmon sont rares (techniquement, il en manque deux, mais ne chipotons pas). Il s'agit de la première découverte dans la préfecture de Tokushima et il en existe seulement 7 dans toute l'île de Shikoku.






























berangere: (magatama)
  Ito-koku est un royaume mentionné dans les chroniques chinoises de Wei situé sur la péninsule de Itoshima (préfecture de Fukuoka) sur Kyūshū (Noter que *Ito*, dans Ito-koku et Ito-shima a deux orthographes différentes). On a déjà fouillé des tombes royales attribuées à cette entité politique dans la ville de Itoshima*.

  Des perles retrouvées dans des tombes du Yayoi Récent sur le site de Mikumo-Iwara ont été récemment analysées et tendent à prouver les relations internationales entretenues par les dirigeants du royaume d'Ito.

  185 perles violettes retrouvées dans deux cercueils en bois fouillés au cours d'une campagne en 2006 ont été analysées par l'Établissement de recherches sur les propriétés culturelles de Nara (ville de Nara).



  Il s'agit de verre au potassium, coloré au manganèse. On retrouve ce type de verre depuis l'Inde, das toute l'Asie Orientale.

  4 perles jaunes trouvées dans une tombe en jarre en 2004 ont été analysées par le centre pour les propriétés culturelles enterrées de la ville de Fukuoka.



  Il s'agit de verre au carbonate de sodium coloré par adjonction d'acier, courant de l'Asie Occidentale à l'Afrique du Nord, et dans toute l'Europe.

  Les perles sont toutes trouées et étaient probablement montées en collier.

  Esaki Yasutaka (34 ans), personne en charge du site auprès du Comité d'Éducation de la préfecture de Fukuoka, précise que ces techniques n'étaient pas employées au Japon au Yayoi Récent, et que ces perles proviennent probablement du continent chinois. Cela renforce l'idée que le royaume d'Ito était au Yayoi le centre d'échanges internationaux importants.

 

Citons nos sources : le yomiuri )

 

 



* amis des remaniements administratifs, bonjour : la ville de Itoshima(-shi) est née le 1er janvier 2010 de la fusion des villes de Maebaru(-shi), Shima(-machi)
et Nijō(-machi). Les sites correspondants aux vestiges de Ito-koku sont situés sur le territoire de l'ancienne ville de Maebaru




berangere: (magatama)
  Le site de Matsuhara (ville de Tottori, préfecture de Tottori), daté du tout début du Yayoi Récent (100 CE environ) est l'objet d'une campagne de fouilles depuis le mois de juin dans le cadre de travaux d'aménagements sur une route nationale.
  Les fouilles ont concerné un funkyūbo (équivalent d'un tumulus qui fera sans doute l'objet d'un article dans la section 「idiotisme japonais inutile」) comportant quatre tombes à inhumation, situé au sud-ouest de l'étang de Koyama, sur une terrasse.

  Le tumulus est rectangulaire et mesure
13,5 mètres d'est en ouest et 12 mètres du nord au sud. Les quatre tombes se trouvaient au milieu du tumulus et contenaient chacune un collier de perles en verre, représentant un total de 521 perles d'un bleu vif : 17 magatamas (perles en forme de griffe), 45 perles tubulaires et 459 petites perles.
Il s'agit probablement de colliers ayant été utilisés du vivant de la personne inhumée (oho : quatre 副葬!)
  Le mobilier comprenait également un petit couteau et des pointes de flèches en fer.



  À cette époque (au début du Yayoi Récent), on ne connaît d'autres sites avec une telle abondance de perles en verre que dans le nord de l'île de Kyūshū. Les objets en verre deviendront courants dans la région à la fin du Yayoi Récent uniquement, soit 100 ans plus tard, avec le développement d'un centre de production à Tango (dans le nord de la ville de Kyōto).

  Watanabe Sadayuki, directeur du 「Musée de la forêt yayoi」 de Izumo (préfecture de Shimane) estime qu'il s'agit d'une découverte exceptionnellement incroyable, car il n'y a pas d'atelier de fabrication d'objets en verre sur l'archipel japonais au début du Yayoi Récent* : le fait de trouver des perles en verre sur l'île de Honshu prouve l'existence de personnes d'influence ayant des liens avec le continent dans l'est du San'in, entre l'île de Kyūshū et le Kinai, qui sont les deux grands centres de développement de l'époque.
Notez qu'il n'a pas prononcé le mot 「Yamatai」, mais je suis sûre qu'il l'a pensé !






* dans l'état actuel de nos connaissances





berangere: (métal)

  Tout est une question de référentiel, on finit toujours par en trouver un pour lequel notre site est le plus ancien quelque chose.


  Nishikyōgoku, ville de Kyōto, Ukyō-ku, daté du Yayoi Récent (deuxième moitié du Ier siècle au début du IIè)

  Le site a été fouillé par l'Établissement de recherches sur les propriétés culturelles enterrées de la ville de Kyōto. Il comprend huit habitations semi-enterrées, dont la plus ancienne comporte en son centre un foyer entouré de scories (d'une grosseur de l'ordre du millimètre).






  Dans la même habitation, autour du foyer, on a retrouvé 27 petites perles en verre et 6 petites perles en cristal de roche. Il est possible que le foyer ait servi à fabriquer des aiguilles pour percer les perles.

  L'industrie du fer arrive depuis la péninsule coréenne sur l'île de Kyūshū au Yayoi Moyen et on trouve des vestiges d'atelier datant de cette époque dans la préfecture de Fukuoka. Dans le Kinki, on connaît des ateliers de métallurgie sur l'île de Awaji (Hyōgo-ken), sur le site de Ikegamisone (Ōsaka-fu) et celui de Karako
Kagi (Nara-ken). Cela correspond à l'époque où de grands villages se développent dans les plaines du Kinki et où se met en place une structure sociale qui conduira à l'établissement du mythique royaume du Yamatai (dont on n'est pas sûrs qu'il ait existé) (et même s'il a existé on ne sait pas où il était) (à ne pas confondre avec le Yamato) (qui lui, existe) (probablement).

Quoi qu'il en soit et sans inclure les divagations sur la création du Yamatai, il n'en reste pas moins que le site est intéressant pour la compréhension de la diffusion de l'industrie du métal sur l'archipel, et c'est parfaitement suffisant en ce qui me concerne. Visiblement, cela suffit également à Morioka Hideto, responsable de recherches en charge des propriétés culturelles du Comité d'Éducation de la ville de Ashiya (Hyōgo-ken), qui commente la découverte en insistant sur le fait qu'elle permet de savoir que le travail du métal était pratiqué relativement tôt dans le centre du Kinki, et que les bouleversements sociaux qui aboutiront à la société de l'époque des Kofuns, dûs en grande partie à l'adoption de cette nouvelle technologie, avaient donc déjà commencé à se produire à cette époque.



 

La source )

berangere: (magatama)
Car oui, on peut faire un article de presse sur la découverte d'une perle, j'aime le Japon.

Une perle en jade a été découverte sur le site de Chōda (ville de Hikone, préfecture de Shiga), daté du Jōmon Moyen (2500 BCE).
La perle, de forme elliptique, mesure 4 centimètres de long pour 2,2 centimètres de largeet est percée en son centre d'un trou de 0,4 centimètre de diamètre.



La perle a été retrouvée à l'extérieur de l'habitat, dans une vaisselle en céramique.

Pourquoi un article sur ça ?
En fait, la région de production principale des artefacts en jade à l'époque est la préfecture de Niigata, et une perle identique à celle de Chōda a également été retrouvée dans la préfecture de Nara : cette découverte laisse entrevoir des réseaux commerciaux.



おっしまい (oui, une brève, c'est bref)
berangere: (yoshinogari)
Les travaux de rénovation et d'extension de l'autoroute 313, dans la préfecture de Tottori, ont conduit à la découverte d'un atelier de fabrication de perles, daté du Yayoi Moyen par la céramique, sur le site de Higashi Mae, dans la ville de Kurayoshi.
Il s'agit de la première découverte d'un atelier de ce type dans cette ville. Les ateliers de fabrication de perles sont très peu nombreux dans la préfecture de Tottori. Il en existe un dans la ville de Tottori (site de Aoya Kamijichi), à une vingtaine de kilomètres, et il est très probable que les deux sites aient entretenu des relations.

La fouille a permis de mettre au jour trois habitations semi-enterrées, de nombreuses perles tubulaires, dont un grand nombre était inachevé ou présentait des défauts de conception, ainsi que des outils pour la production de ces perles : aiguilles en pierre et polissoirs.

Deux des bâtiments mesurent 8 mètres de diamètre, le troisième 7 mètres. Ils ont fait l'objet de nombreuses reconstructions qui ont mené à une stratigraphie complexe. Les perles et les déchets de fabrication se retrouvent indifféremment à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments.

Le site a livré neuf aiguilles en sanukite (une variété d'andésite) qui servaient de foret. Il s'agit de la première découverte de ce type d'outil dans la préfecture. Elles mesurent 1,3 à 1,9 mm de diamètre et 7 à 22,8 mm de long.

Le jaspe utilisé pour la fabrication des perles provient probablement de la région du Hokuriku, plus au Nord le long de la côte de la Mer du Japon.
Les perles étaient d'abord ébauchées à la scie en pierre. le jaspe était taillé dans une forme polygonale. Elles étaient ensuite trouées avant d'être polies pour obtenir la forme tubulaire du produit fini.
Les perles terminées mesurent environ 5 mm de long, et les plus fines ont un diamètres de 2,1 mm, traduisant un haut degré de technicité dans la production.
Les fouilles de sauvetage n'ont permis de fouiller qu'une partie du site, mais si l'on se réfère à d'autres sites où des ateliers de production de qualité entrainaient des regroupements de population importants, il est probable que le village ait été très étendu.



sources : http://headlines.yahoo.co.jp/hl?a=20100210-00000270-mailo-l31
http://blog.goo.ne.jp/thetaoh/e/ccab392b1537d9031d053e9e1527697a



Petite mise à jour :



Source : http://osaka.yomiuri.co.jp/inishie/news/20100225-OYO8T00407.htm

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