berangere: (yoshinogari)
  Contrairement à ce qu'affirment un bon nombre d'article sur le sujet, ça n'est pas la première fois qu'on en trouve, mais ça reste assez rare pour en parler.

  Donc parlons-en.

  Des fouilles sont conduites depuis l'année dernière sur le site de Shimohaneda (préfecture de Shiga, ville de Higashiomi) et on y a déjà trouvé des vestiges de la période kofun.
  Cette fois-ci, il s'agit d'un habitat de la fin du Jōmon Final (500 - 400 BCE environ) qui s'étend sur une zone de 400 m x 400 m environ et comporte des habitations semi-enterrées, des bâtiments à plancher surélevé, des tombes en fosses et des tombes en jarres.
  La plupart des articles de journaux indiquent que c'est la première fois que l'on trouve des habitations semi-enterrées et des bâtiments à plancher surélevé sur le même site du Jōmon Final dans le Kinki alors qu'il y en a à Kannonji Honma (préfecture de Nara, ville de Gose). Mais avec deux sites pour toute une région, on peut tout de même considérer que c'est une configuration rare. De même la cohabitation d'habitations semi-enterrées avec des tombes en fosses et des tombes en jarres ne se retrouve dans le Kinki que sur le site de Kamisato (ville de Kyōto, Nishikyō). En revanche, l'association habitations semi-enterrées + bâtiments à planchers surélevés + tombes en jarres + tombes en fosses, ça, c'est une première pour le Kinki au Jōmon Final (oui, on trouve toujours une configuration pour laquelle on a "le premier", "le seul" ou "le plus vieux" site).



Les tres nombreuses sources et leurs informations contradictoires )
berangere: (Default)
  Rappelez-vous je râlais il y a quelques mois car on laissait impunément des gens pêcher dans les fossés des tombes impériales alors que toute intrusion d'une personne en première année d'archéologie à moins d'un kilomètre de l'une d'elle entrainait syncopes et cérémonies de purification à l'encens avec sacrifices de vierges blondes.

  Quelqu'un à l'Agence Impériale lis ce journal, je ne vois pas d'autre explication...

  L'Agence Impériale a décidé d'autoriser une session de recherches sur Kondagobyōyama kofun !

  Il s'agit de la tombe supposée... de la tombe attribuée à l'empereur Ōjin (201 - 310 selon les dates de règne traditionnelles, mais le kofun date du Vè siècle, la lignée impériale, c'est toujours joyeux dans les chronologies), située à Habikino (Ōsaka-fu). C'est le deuxième plus grand zenpōkōenfun du Japon après celui de Nintoku dont nous parlions dans l'article précédent.

  En 2007, l'Agence Impériale avait décidé qu'il était hypothétiquement possible d'elle autorisât les recherches sur les kofun impériaux "jusqu'au premier degré (la première "marche") du tumulus". Bien entendu, cela ne s'est encore jamais produit... Mais c'est gentil d'avoir dit que c'était hypothétiquement possible.

  J'ai gardé le meilleur pour la fin, les termes précis détaillant les recherches autorisées : 16 personnes, de 16 organisations archéologiques différentes (dont des organisations non-gouvernementales, fait très rare) vont être autorisées, pendant trois (3) heures, à accéder à la digue situé entre les deux fossés qui entourent le kofun et à y marcher ! Il est interdit de creuser ou de ramasser quoi que ce soit qu'on pourrait y trouver en surface. On a le droit de regarder le mobilier qui affleurerait et d'arpenter la digue de 50 mètres de large et 2,2 kilomètres de long dans tous les sens pour confirmer la forme exacte du kofun.

  Merci, Agence Impériale !

(Je précise que c'est sérieux, ce n'est pas mon cynisme qui fait de l'humour :

調査時間は3時間。発掘や遺物の持ち帰りは禁じられ、徒歩で1周約2・2キロの内堤を回り、形状や遺物を目で確認する程度にとどまる見通しだ。

"Temps pour les recherches 3 heures. Creuser ou ramasser du mobilier est interdit, c'est une inspection visuelle limitée à confirmer par l'observation la forme et le mobilier, en parcourant à pied la digue interne qui fait 2,2 kilomètres de long")

(Je m'en fiche, pour les périodes que j'étudie, on a le droit de déterrer les morts comme on en a envie)



Une source parmi toutes celles qui relayent la nouvelle exceptionnelle )


berangere: (Default)
  La ligne de shinkansen (train à grande vitesse) du Tōhoku (le nord du Japon) est ouverte dans sa totalité depuis un mois et la fréquentation de Sannai Maruyama a déjà été multipliée par 4 par rapport à la même période l'année dernière...
(Les autres sites touristiques de Aomori enregistrent une fréquentation en hausse aussi, multipliée par 3 en moyenne).

  Est-ce que les publications anglophones sur le site vont aussi être multipliées par 4 ? 

Mainichi ! )

berangere: (anthropo fun)
  L'Agence de la Famille Impériale a déposé une plainte auprès de la police d'Osaka, pour vandalisme sur la tombe de l'Empereur Nintoku.

  Nan mais où va le monde, si même les japonais commencent à se comporter comme ça... Voilà qu'ils saccagent le plus célèbre vestige archéologique de leur pays.
  Car oui, contrairement à ce que semblent penser les néolithiciens anglophones monomaniaques de Sannai Maruyama, le plus célèbre vestige archéologique du Japon, c'est bien cette tombe.

  Mais si, Nintoku, 257 - 399, empereur de 313 à 399 (oui ça lui fait 142 ans et alors ? Noé en a bien eu 950. Et puis c'est un mythe les espérances de vie à la naissance ridicules qu'on annonce toujours pour les populations antiques*).
  D'accord, moi non plus ça ne me disait pas grand chose : tous ces trucs qui se passent (qui se sont probablement passés. peut-être. y'a bien un fond de vérité là dedans, allez...) une fois que les gens ont inventé l'État, ça me dépasse un peu, mais quand on précise "plus grand zenpōkōenfun du monde", tout de suite...


De son petit nom Daisenryō kofun. Impossible de trouver un guide historique du Japon qui ne contienne pas cette photo.

La suite, c'est un peu long... )

La source : Sankei Shinbun (a change) )




* véridique

berangere: (jomon doki)
  Le site de Nobiro (ville de Tsuwano, préfecture de Shimane) correspond à un ensemble de 18 bâtiments datés de la fin de la période Muromachi (au XVè siècle) (XVè siècle APRES), d'une taille conséquente, qui correspondent probablement à un habitat d'élite si on en croit le mobilier qui comporte des importations de porcelaine chinoise et... des vaisselles du Jōmon Ancien.
  Aucun article qui relate la découverte ne précise ce que cette vaisselle fait là... Ça n'intéresse donc personne ? Le fait de trouver du mobilier 5500 ans plus vieux sur un site ne semble pas incongru ? Les articles parlent juste de toponymie... Comment peut-on faire de la toponymie devant une découverte pareille ?

L'article du Yomiuri... )
 


berangere: (Default)
  Onbe Shin, professeur assistant au laboratoire de recherche sur les propriétés culturelles enterrées d'importance de Tokushima, est heureux de vous faire part de la naissance de la Mer Intérieure, vers 9800 - 9500 BP.

  Les fouilles de l'année dernière sur l'amas coquillier de Inujima sur l'île de Jitakenoko (Okayama-ken, ville de Okayama, Higashi-ku), dont les résultats ont été présentés le 18 au musée digital de la ville de Okayama, ont montré que c'est vers 9800 - 9500 BP que les premiers coquillages marins apparaissent.
Bon, il s'agit de 10 coquilles de Cardiidae, pas non plus de quoi faire un repas convenable, mais avant ça, on trouve uniquement des coquillages de marécages saumâtres. Le VIIIè millénaire (avant) est un millénaire de changement, il faut nous y préparer...

divagations existentielles sur les toponymes japonais... )


La source : Yomiuri )
 
 
berangere: (Default)
  Le service de presse du site de Makimuku (ville de Sakurai, préfecture de Nara) tente de rivaliser avec celui de Gossakaito et nous gratifie de deux articles en deux jours ! En plus plein de sensationnalisme, en relation avec le mythique Yamatai, la non-moins mythique Himiko, le tout saupoudré de pratiques rituelles.
  Car oui, la préfecture de Nara est un (des nombreux) candidats sérieux pour être le mythique royaume du Yamatai.

  On vient de retrouver sur le site de Makimuku un... trou (il n'y a pas d'autre mot) de taille conséquente (4,3 m du nord au sud, 2,2 m d'est en ouest et 80 cm de profondeur : peut-on encore appeler ça un silo ? en plus, il semble que ça n'en sois pas un) du milieu du IIIè siècle CE, qui contenait 2000 noyaux de pêche disposés dans des paniers en bambous.



2000 noyaux de pêche ! Est-il nécessaire de préciser que c'est la première fois que l'on retrouve autant de noyaux de pêche dans un même ... trou ?
  Les conditions de conservation sont telles que la chair a été préservée dans un cas et que l'on a pu établir la présence d'individus immatures (mince, je parle comme une anthropologue... une pêche pas mûre, donc), on peut ainsi raisonnablement penser qu'il ne s'agissait pas de déchets de consommation et donc, l'explication préférée des archéologues lorsqu'ils ne comprennent pas l'utilité d'un acte, artefact, bâtiment... a pu être avancée : il s'agit d'un dépôt rituel !
  Dans l'Antiquité chinoise (et donc également japonaise), la pensée Shenxian professait que les pêches avaient un pouvoir particulier procurant longue vie et protection contre les forces du mal. Le doute n'est donc plus permis !

  Ajoutons à cela le fait que nous sommes à Nara, un des possibles candidats au titre de Yamatai, dont la reine Himiko était une sorcière, et nous pouvons logiquement conclure qu'il s'agit là des pêches de Himiko elle-même ! Les dates correspondent ! Bon, le raccourci journalistique est excusable, il faut bien vendre...

  D'un point de vue un peu plus scientifique, on peut noter que le trou recoupe les restes d'un très grand bâtiment, qualifié de palais, et qu'il aurait donc été creusé après son abandon.

  Le lendemain, dans le même journal, le Comité d'Éducation de la ville de Sakurai annonçait la découverte d'un fragment de cloche en bronze (instrument rituel s'il en est, j'avoue que même moi, sur ce coup, je ne trouve pas grand chose à redire à ça...), daté du IIè siècle CE et d'une habitation d'une puissante famille de la fin du Vè siècle ou du début du VIè siècle CE (ce type de résidences semble assez rare dans la région de Nara pour cette période).
  Le fragment de cloche mesure 3,7 cm de long pour 3,2 cm de large et 3 mm d'épaisseur, mais la cloche dont il provient devait mesurer environ 1 mètre de haut (incroyable tout ce qu'on peut faire dire à un bout de bronze de 10 cm²...).



  Cette découverte peut être rapprochée de celle d'un autre fragment de cloche en bronze, trouvé en 1972 sur le même site, à environ 100 mètres. Des analyses doivent être effectuées avant de pouvoir affirmer qu'il s'agit de la même cloche.
Ishino Hironobu, conservateur du musée archéologique préfectoral de Hyogo et responsable des fouilles en 1972, parle de rituels liés à l'établissement et à l'abandon du palais : la cloche aurait été volontairement brisée lors de la fondation d'un palais, et les pêches enfouies lors de son abandon. D'autres fragments de cloches brisées ont été découverts dans la même ville, sur les sites de Wakimoto et de Daifuku, datés du début du IIIè siècle CE, ce qui pourrait être un indice d'une pratique récurrente : les cloches sont brisées et la majorité du métal est réutilisé par la suite.
  Le site de Makimuku a déjà livré un certain nombre d'artefacts qualifiés de rituel : des instruments en bois en forme d'épées, de la vaisselle en céramique miniature et même un arc recouvert de laque noire. Les instruments en bois et la vaisselle sont retrouvés brisés, et on pense qu'il s'agit d'une destruction volontaire pendant un rituel ou après sa réalisation.

  L'autre découverte, donc, est celle d'un fossé, pavé de pierres d'une largeur de 4,5 mètres. La profondeur conservée est de 80 cm. Il est interrompu sur 8 mètres pour donner accès à l'espace qu'il enclot et a été fouillé sur 16 mètres au nord de cette interruption et 6 mètres au sud. L'habitation se situe à l'est.





  On connaît, à proximité immédiate, un kofun (tombe en tumulus *très* spectaculaire) contemporain qui pourrait être la tombe du propriétaire de cette résidence (ce que l'on ne pourra bien évidemment jamais prouver, sauf si les experts las vegas viennent récupérer des cellules épithéliales fossiles sur la céramique à l'intérieur de l'habitation et comparent l'ADN à celui des os que l'on n'a certainement pas retrouvés dans le kofun compte tenu de l'acidité du sol japonais...) (mais ne sous-estimons pas les experts las vegas : ils ont déjà fait beaucoup plus fort, et avec beaucoup moins de matériel).

  Au moins, vu que l'habitation date du Vè siècle, on ne va pas parler de Himiko pour cette découverte ci. Enfin, il y a toujours la possibilité de parler de ses descendants... par son frère. Elle, elle n'en a pas eu.
  Voilà bien le travers de l'archéologie des périodes historiques : on court après les textes. On aurait pu penser qu'on serait relativement tranquilles au Japon, vu que l'écriture n'a pas été introduite avant l'adoption du bouddhisme au VIè siècle, mais c'était sans compter sur les voisins chinois, très forts en écriture, vu qu'ils l'ont inventée (avec l'état, le moyen-âge, l'administration...) à une époque où certains d'entre nous n'avaient même pas encore entendu parler du concept d'agriculture. Voisins chinois, donc, qui ont fourbement laissé trainer une référence à un "pays des wa" dans une chronique du IIIè siècle.

「Going south by water for twenty days, one comes to the country of Toma, where the official is called mimi and his lieutenant, miminari. Here there are about fifty thousand households. Then going toward the south, one arrives at the country of Yamadai, where a Queen holds her court. [This journey] takes ten days by water and one month by land. Among the officials there are the ikima and, next in rank, the mimasho; then the mimagushi, then the nakato. There are probably more than seventy thousands households. (115, tr. Tsunoda 1951:9)」

  Donc, le Yamatai, là, c'est au Japon.
邪馬台 veut dire 「le pays des chevaux maléfiques」, c'est vrai que les chevaux maléfiques sont une spécialité bien connue du Japon. (on peut toujours avancer que les chinois ont pris des caractères au hasard pour retranscrire les sons d'un nom étranger... )

C'est la même chronique du Wei Zhi qui parle aussi de la reine Himiko.

「The country formerly had a man as ruler. For some seventy or eighty years after that there were disturbances and warfare. Thereupon the people agreed upon a woman for their ruler. Her name was Himiko [卑彌呼]. She occupied herself with magic and sorcery, bewitching the people. Though mature in age, she remained unmarried. She had a younger brother who assisted her in ruling the country. After she became the ruler, there were few who saw her. She had one thousand women as attendants, but only one man. He served her food and drink and acted as a medium of communication. She resided in a palace surrounded by towers and stockades, with armed guards in a state of constant vigilance. (tr. Tsunoda 1951:13)」

卑彌呼 peut être traduit par "cri complètement vulgaire". Alors là aussi on peut dire "oui, le chroniqueur pas très sympa a choisi des caractères pour retranscrire un nom étranger". Après tout, ce ne serait pas la première fois que quelque chose de non-chinois serait dévalué dans une chronique chinoise. Elle étaient écrites dans ce but. Le même chroniqueur (ou un autre) un peu plus loin appelle un roi coréen Himikuku 卑彌弓呼. La même chose, sauf qu'on rajoute un arc 弓 au milieu... Troublant quand même non ?

  Et nous voilà avec un pays localisé très vaguement et une reine-sorcière sur les bras...
  En fait, le Yamatai et Himiko, ce sont un peu les Camelot et Arthur japonais. De très fortes présomptions d'une existence réelle, 98% de légendaire rajouté par dessus et aucune localisation possible.
  La polémique est pas près de s'arrêter, dommage que les gens du IIIè siècle aient pas pensé à faire des panneaux en pierre gravée avec écrit "Bienvenue au Yamatai" et "le Yamatai vous remercie de votre visite"...
Les sources... )


berangere: (itazuke)
 
Dans le (noble) but de ne pas reproduire les traits qui m'exaspèrent à la lecture d'un article, j'ai entrepris de localiser *tous* les sites archéologiques cités dans mon mémoire et de les placer sur une carte.
La tâche est en elle-même assez herculéenne, quand on sait que l'on se réfère à la plupart des sites archéologiques en utilisant le nom du lieu-dit dans lequel ils se situent.
Bien sûr Google Maps n'a aucune difficulté à localiser Sannai Maruyama, qu'il soit écrit en kanjis, en kanas, en romaji... je suis persuadée qu'il le trouve même avec une faute d'orthographe. De la même manière qu'il sait très bien où se situe Lascaux en France. Mais si on lui demande l'emplacement du dolmen des Peirières...
Tous les articles qui traitent de Sannai Maruyama fournissent une carte indiquant son emplacement. Ce site est même mentionné sur des cartes dans des articles qui n'en parlent même pas ! J'en arrive parfois même à me demander s'il existe une personne sur cette planète qui ne sait pas où il se situe...

Mais pour un site comme Lascaux (ou Sannai Maruyama), on étudie bien cent, deux cent, trois cents dolmens des Peirières... Et bien évidemment ce sont eux qu'il m'intéresse de faire figurer sur mes cartes.

Que le site soit cité dans un article en anglais ou en japonais, sa localisation peut parfois prendre des heures.
Lorsque j'ai rédigé mon mémoire, la recherche de la lecture correcte pour le nom des sites lorsque l'article était en japonais avait déjà pris un certain temps. Non, 新井南ne se lit pas "shinseinan" mais *bien évidemment* "Arai Minami"... Mais Google est un ami efficace lorsqu'il s'agit de retrouver la prononciation du nom d'un site. Les choses se corsent lorsque des articles en anglais (écrits souvent par des japonais) indiquent des sites, en romaji, dont Google n'a jamais entendu parler.
Forcément, lorqu'on lit  三口神平 Mikuchi Kamidaira au lieu de le lire Sankou Jindaira... Je ne sais pas si le fait que même les Japonais sont incapables de lire les noms des sites correctement doit me rassurer, ou bien m'inquiéter... Ce que je sais, c'est que retrouver les kanjis à partir de la mauvaise retranscription en romaji, puis déterminer la bonne prononciation, prend des heures. Une fois qu'on a compris qu'il s'agissait d'une mauvaise lecture, et pas simplement d'un dolmen des Peirières qui ne figure sur aucune carte...

En fait, maintenant, je *sais* pourquoi il n'y a jamais de carte dans les articles.

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