berangere: (jomon doki)
2012-02-16 11:18 am

Vingt-trois habitations du Jomon Ancien à Shigareyama-nishi iseki

  Onze habitations avaient été découvertes en 2010 sur le site de Shigareyama-nishi, situé sur une terrasse au bord de la rivière Tate (然山西遺跡, Uchinoyama, ville de Bando, préfecture de Ibaraki). Une nouvelle campagne de fouilles est en cours depuis octobre 2011 sur une zone de 12.000 m² (entre 12 et 16 mètres d'altitude). Elle a permis de dégager vingt-trois habitations du Jōmon Ancien, deux du Kofun Récent et cinq du début de la civilisation Heian.

   Les habitations du Jōmon sont rectangulaires à ovales, de 6 par 5 mètres environ. Elles sont creusées dans le sol jusqu'à 70 centimètres de profondeur et certaines comportent plusieurs foyers. L'occupation est datée des alentours de 3.500 BCE, sur une longue durée : toutes les habitations ne sont pas contemporaines.
   Le site comporte également trois amas coquilliers distincts qui occupent l'empreinte négative laissée par certaines habitations abandonnées, plusieurs foyers extérieurs, une centaine de fosses, plusieurs fossés et une voie de circulation.

   Les coquillages qui constituent les amas coquilliers sont essentiellement des palourdes : plus de cent quarante mille spécimens de yamato shijimi (Corbicula japonaica). On trouve également des sarubō (Anadura broughtoni) et des hamaguri (Meretrix lusoria). Tous ces coquillages sont caractéristiques des zones d'estuaires : au moment du réchauffement climatique du Jōmon Ancien, la mer (située actuellement à plus de 90 kilomètres en aval du site) se trouvait à proximité immédiate de Shigareyama-nishi, et les populations jōmons exploitaient les ressources de l'estuaire de la rivière Tate.
  Des pointes de flèches, des poids de filets et des pierres à moudre retrouvés sur le site indiquent que la chasse, la pêche et la cueillette leur permettaient de compléter leur régime alimentaire.


Une habitation pleine de coquillages
A dwelling full of shells



Pierre à moudre et vaisselles en céramique
Grinding stone and ceramic vessels


   En complément du mobilier lithique, le mobilier céramique mérite d'être mentionné. Très abondant, il est essentiellement composé de bols profonds (fukabachi) et de bols peu profonds (asabachi). Les marques d'utilisation relevées sur les bols profonds indiquent qu'ils servaient à la cuisson des aliments et au stockage des denrées.
   Trois anses à décor figuratif animal (獣面把手, jūmentotte) ont été trouvées sur le site. Elles représentent des sangliers et un lapin. Ce type d'anses est assez fréquent dans l'ouest du Kantō à l'époque.


Nombreuses vaisselles en céramique en place dans l'habitation 32
Many ceramic vessels in dwelling number 32


English Translation )



Les sources )

Oui, je sais... tellement d'articles et pas une seule photo des jūmentotte...
berangere: (Default)
2011-08-31 02:59 pm

Finalement, il y a bien un habitat sur le site de Yuri

   Le site de Yuri (ユリ遺跡, préfecture de Fukui, groupement de Mikatakaminaka, ville de Wakasa, Torihama) fait partie d'un groupe de neufs sites jōmons installés sur les bords de la rivière Hasu avant que celle-ci ne se jette dans le lac Mikata. Le plus célèbre de ces sites est l'amas coquillier de Torihama, occupé du Proto-Jōmon au Jōmon Ancien, mais Yuri est également assez connu à cause de la découverte en 1990, 1991, 2006 et 2007 de neuf pirogues monoxyles. Neuf, c'est somme toute remarquable.

  Jusqu'à présent, le site n'avait livré aucune trace de vie quotidienne, et on pensait que les pirogues avaient été abandonnées et s'étaient échouées sur la rive. Une nouvelle zone du site est en cours de fouilles (depuis le 2 août et jusqu'à début septembre), à 20 mètres environ au nord de l'endroit où on a trouvé les pirogues en 2006 et 2007. La zone fouillée ne mesure que 80 m² mais on y a découvert un ensemble de trous de poteaux arrangés en cercle de 6 mètres de diamètre, qui semblent être les vestiges d'une habitation ronde de plain-pied. Vers le centre de l'habitation, une dépression aux parois de terre rougie par la chaleur indique la présence d'un foyer.
  Les pirogues monoxyles avaient été trouvées dans un couche de sable datée du Jōmon Récent, mais l'habitation relève elle d'une occupation du Jōmon Moyen au Jōmon Récent (2.500 - 1.500 BCE).
  Le site de Torihama, distant de 500 mètres à peine, a livré des habitations semi-enterrées, mais le site de Yuri est situé plus en aval et, le niveau de l'eau du lac Mikata étant plus élevé à l'époque, en creusant le sol de l'habitation on aurait probablement atteint le niveau piézométrique : le site était à lors à environ 20 mètres de la rive du lac. Le terrain est encore aujourd'hui marécageux, occupé par des rizières.

  Les fouilles ont également permis de dégager d'autres trous de poteaux, laissant supposer la présence de plusieurs habitations. On a aussi retrouvé un groupement d'une dizaine de pierres grosses "comme un visage humain" dont la fonction reste inconnue (l'article ne fait aucunement allusion à une fonction rituelle, c'est presque un miracle en soi). Il y avait assez peu de mobilier, et rien que de très typique de la civilisation Jōmon : poids de filet en pierre, pierres à moudre et pointes de flèches.
  Des fouilles menées l'année dernière un peu plus au nord (à une altitude plus élevée) n'avaient pas permis de détecter d'habitat.



La source... )
berangere: (Default)
2011-08-09 08:02 am

Le premier foyer dans une vaisselle enterrée de la préfecture de Shimane

  Le site de Hikimichō Yamazaki (匹見町山崎遺跡, préfecture de Shimane, ville de Masuda, quartier de Hikimi, Sumigawa) est situé sur une terrasse à la confluence des rivières Sumi et Noto. La zone de 4.000 m² est occupée depuis le Jōmon Initial vers 6.000 BCE, et jusqu'au Jōmon Récent. Plus de 50.000 pièces de mobilier céramique et lithique y ont été retrouvés.
   La découverte qui nous vaut la rédaction de cet article concerne deux habitations semi-enterrées datées du Jōmon Récent, entre 2000 et 1000 BCE. L'une des habitations est de plan carré de 5 mètres de côté environ et possède un foyer cerclé de pierres (ishikakoiro). La seconde habitation est ronde, d'un diamètre de 3 mètres environ et son foyer est installé dans une vaisselle en céramique que l'on a enterrée dans le sol de l'habitation après en avoir tronqué la partie supérieure (de la vaisselle, pas du sol de l'habitation). ce type de foyers (dokimaisetsuto) n'est pas inédit sur l'archipel, mais il s'agit de la première fois que l'on en trouve un dans la préfecture de Shimane. En fait, dans tout le San'in*, on ne connaît qu'un seul autre exemple, sur le site de Chizumakurada 智頭枕田遺跡 dans la préfecture de Tottori (la vaisselle sur ce site était complète).
   La vaisselle a un diamètre de 30 centimètres et comporte des traces qui indiquent qu'elle a été utilisée à la fois pour la cuisine et pour accueillir le foyer.
   Le site a par ailleurs livré une quantité de poids de filet importante en comparaison de ce que l'on trouve généralement sur les sites jōmons, ce qui laisse penser que les poissons des deux rivières constituaient la source principale de nourriture de la population installée à cet endroit.

Source )


* San'in = Shimane, Tottori et le nord de Yamaguchi.

berangere: (yoshinogari)
2011-07-01 04:41 pm

Une grande quantité de poids de filets découverts sous le sol d'une habitation yayoi

   Le site de Amarube (余部遺跡, quartier de Amarube, ville de Kameoka, Kyōto) fait l'objet de fouilles de sauvetage depuis 1965. Il comporte des occupations de la civilisation Yayoi jusqu'à la période de Kamakura. Cette année, une portion de 800m² située au centre du site a pu être fouillée au cours d'une dixième campagne, grâce aux plans d'agrandissement d'une usine.
  Les fouilles ont mis au jour trois habitations du Yayoi Récent (200 CE), une habitation de la civilisation des Kofuns (Vè siècle CE) et un fossé de la période de Kamakura (XIIIè siècle CE). Cela porte à 31 le nombre d'habitations découvertes sur le site depuis 1965.

  Les habitations sont carrées ou rectangulaires avec des côtés de 3,5 à 6 mètres de long. Elles comportent des trous de poteaux, des silos et de nombreux tessons de céramique.
  Sous le sol d'occupation d'une des habitations yayois, dans un silo enterré, on a retrouvé 28 poids de filets en céramique (le silos comportait également des restes de nourriture), qui indiquent la pratique de la pêche au filet par les habitants du village. Le fait que les poids de filets aient été retrouvés dans un silos scellé sous le sol de l'habitation incite le Comité d'Éducation de la ville de Kameoka à penser que leur dépôt à cet endroit pourrait être rituel. Notez que le Kyōto Shinbun passe totalement outre a notion de rituel, qui n'est relayée que par le Yomiuri.
  Les poids de filets mesurent de 4 à 7 centimètres de diamètre pour une épaisseur de 2 à 3 centimètres. les poids de filets en céramique de la civilisation Yayoi sont relativement rares dans la région de Kyōto.



L'habitation au centre est celle dans laquelle ont été trouvés les poids de filets.
Le fossé au premier plan date de l'époque Kamakura.


Les sources )


Deux sources et pas une seule photo des poids de filets...


 



berangere: (Default)
2011-03-01 08:39 pm

Le site de Egenoyama

  On ne peut pas dire qu'il n'y ait pas d'actualités archéologiques, mais...
  Je ne sais pas, le fait d'avoir eu le droit de fouler pendant 3 heures le sol d'une supposée tombe impériale a peut-être relancé l'intérêt du public (des journalistes) pour la période kofun. Il n'y en a que pour elle :


(tous les articles précédés d'une étoile traitent de la période kofun)
(les deux articles sur le Yayoi parlent 1- de
l'expo sur les tokushu kidais de Kashihara ; 2- du classement du site de Kanzaki. La pointe de l'actualité, donc)


  Donc, en cette période creuse, voici la présentation du site de Egenoyama, que nous évoquions ici.



berangere: (anthropo fun)
2011-02-12 12:41 pm

L'amas coquillier de Hazawa

  Je voulais juste faire une brève sur le fait que le terrain autour de l'amas coquillier de Hazawa a été classé Site Historique Préfectoral, et ça a fini en article complet sur le site...

  L'amas coquillier de Hazawa (préfecture de Gifu, ville de Kaizu, quartier de Nanno) est un site d'habitat occupé de la fin du Jōmon Moyen jusqu'au Jōmon Final, mais ce sont les occupations du Jōmon Récent et Final qui ont fourni le plus de mobilier.
  Le site est exceptionnel car on connaît actuellement seulement deux amas coquilliers dans la préfecture de Gifu : celui-ci et celui de Niwada, situé à deux kilomètres au nord en remontant la rivière Ibi.

  Le site a été découvert en 1910 et le centre de l'amas coquillier (39 m²) a été déclaré Site Historique Préfectoral en 1957. L'ancienne municipalité de Nanno* a acheté les terrains qui se situent autour de l'amas coquillier et a mené des campagnes de fouilles en 1996 et 1997 pour confirmer l'étendue du site (environ 500 m²). L'année dernière, un espace de 3832 m² a été classé Site Historique Municipal. C'est ce terrain qui a accédé au titre de Site Historique Préfectoral cette semaine.


 


* La municipalité de Nanno a disparu en 2005 au cours d'un de ces remaniements administratifs dont le Japon raffole. Plusieurs municipalités adjacentes ont été regroupées pour former la ville de Kaizu.

berangere: (jomon doki)
2011-02-03 09:51 am

Une stratigraphie du Jomon Ancien au Jomon Final à Fukase

  Les affaires reprennent.
  Le centre pour les propriétés culturelles enterrées de la préfecture de Tokushima a annoncé que le site de Fukase (ville de Anan, quartier de Fukase) présente une stratigraphie complète avec 5 niveaux d'occupation du Jōmon Ancien au Jōmon Final (plus une occupation du début du Yayoi au tout début du Kofun (300BCE - 200CE) et une occupation Heian - Kamakura (900 - 1200 CE) mais c'est accessoire).
  Les stratigraphies présentant des occupations de toutes les phases de la civilisation Jōmon sont rares (techniquement, il en manque deux, mais ne chipotons pas). Il s'agit de la première découverte dans la préfecture de Tokushima et il en existe seulement 7 dans toute l'île de Shikoku.






























berangere: (jomon doki)
2011-01-30 05:25 pm

L'amas coquillier de Nakazato

  Aucune actualité sur le Jōmon ou le Yayoi ces derniers jours, présentons un site dans notre série 「Le Jōmon, ça n'est pas que Sannai Maruyama」, sponsorisée par le mouvement de résistance contre le monopole de Sannai-Maruyama dans les médias occidentaux.


  L'amas coquillier de Nakazato (Tōkyō-to, Kita-ku, Kaminakazato) a été classé Site Historique National en 2000, parce qu'il le vaut bien.